[Avis] L’histoire de Mario – édition Pix’n Love

 

Pas besoin d’avoir la tête plongé jusqu’au cou dans le jeu vidéo, pour savoir que la mascotte de Nintendo est un plombier à casquette et qui aime manger des champignons. Mais si aujourd’hui cela parait être une évidence, cela n’a pas toujours été le cas. Et c’est ce qu’on découvre de manière assez surprenante avec L’histoire de Mario, un ouvrage qui a été publié aux éditions Pix’n Love.

Il s’agit d’un livre qui me tentait depuis un bon moment et que je me suis enfin décidé à acquérir. Un choix qui n’étonnera pas mes lecteurs qui me suivent assidument, mais c’est avant tout l’envie de découvrir l’envers historique de ce personnage qui m’a motivé dans mon achat. Mais pour ceux qui s’attendent à un ouvrage richement illustré et dans lequel on décortique tous les jeux où Mario fait une apparition, et bien il faut savoir d’emblé que ce n’est pas du tout le cas.

Comme l’indique son auteur, le journaliste William Audureau, il aurait été difficile de vraiment faire un historique complet du parcours de Mario, sans tomber dans l’extrême et passer un temps monstrueux à écrire une encyclopédie complète. C’est pourquoi son choix s’est porté sur les dix premières années du personnage, pour terminer sur ce qui clôture assez bien son apogée, c’est-à-dire le film sorti en salle en 1991. Un parcours d’une dizaine d’années bien chargé et qui est relaté en pas moins de quatre cent pages.

La première ouverture du bouquin peut être assez surprenante, surtout quand on découvre que les illustrations ne sont pas légion. Mais ce n’est pas très gênant, car une fois qu’on est lancé dedans, on se retrouve absorbé par la masse d’informations qui nous sautent dessus. L’auteur a vraiment fait le pari de ne pas s’encombrer du mythe de Mario, voir d’une certaine manière du plombier en lui-même, mais de plutôt s’attarder sur le contexte qui a permis à sa création. Il n’hésite pas à remettre en question des anecdotes qu’on pensait fondées et acquises, tout en les réinterprétant avec l’aide d’une recherche très minutieuse. Et si vous pensiez que JumpMan a été le premier nom de Mario, ou que Shigeru Miyamoto est le créateur incontesté de Mario, et bien vous risquez fort d’être surpris.

L’approche est simple mais intelligente, car l’intuition de ne pas se focaliser sur le personnage mais sur son contexte historique, permet une analyse assez complète d’une succession d’évènements qui ont contribué à son ascension et à son succès. L’apogée des salles d’arcade, le crash du jeu vidéo dans les années 80, les droits juridiques autour de Donkey Kong, autant de bouleversements qui ont indirectement aiguillé Nintendo à développer et utiliser Mario comme leur fer de lance. Cela aide à vraiment à comprendre le personnage et à le voir sous un autre jour.

Bien entendu, les jeux sont également évoqués et analysé, mais c’est avant tout leur méthode de développement qui est mis en avant. Il en ressort vraiment l’impression que l’avenir de Mario était loin d’être tout tracé et que c’est vraiment une succession de circonstances hasardeuses qui ont participé à la création de tout son univers. Par exemple, Super Mario Bros 2 est un épisode très atypique de la série. Mais si on sait aujourd’hui qu’il s’agit d’un remaniement de Doki Doki Panic, suite au refus de Nintendo of America d’éditer le véritable SMB 2 japonais car il lui reprochait d’être trop difficile. Ce qu’on ignore par contre, c’est que cette décision à énormément affecté le développement des suites de Mario Bros. Des détails qui ont leur importance et qu’on apprend au travers de ce livre.

Malgré tout le plaisir que j’ai eu à dévorer L’histoire de Mario, j’ai tout de même quelques regrets sur cet ouvrage. Je déplore que certains sujets ne soient pas évoqués, comme Mario 64, ou Super Mario World qui est seulement survolé, alors que j’estime que ce sont des épisodes marquants de la saga. Mais je peux totalement comprendre que l’auteur à eu envie de suivre un fil conducteur bien précis et qu’il ne pouvait que difficilement s’en dévier. Par contre ce que je trouve moins compréhensible, c’est le manque de finition qui se dégage clairement du bouquin. Il aurait suffit d’une simple relecture pour s’apercevoir de nombreuses coquilles, des fautes de frappes ou d’orthographe,  voir des dates qui changent d’une page à l’autre. De simples erreurs et qui n’entachent pas la lecture, mais qui sont d’autant plus invraisemblables lorsqu’on voit tout le travail de recherche et d’annotation qui a été accompli.

Ces petits reproches sont pourtant assez minimes lorsqu’on s’attarde sur toutes les qualités de l’ouvrage. L’analyse pertinente de William Audureau, nous fait vraiment découvrir Mario sous un nouvel angle, en se permettant de redéfinir la légende d’un personnage sur lequel on pensait déjà tout savoir.

 

2 réponses
  1. Margoth
    Margoth dit :

    Arf… Un bouquin plein de coquilles, voilà un truc que je ne supporte pas. A vrai dire, je ne comprends même pas comment on peut avoir la décence de publier et éditer un truc bâclé. Déjà que le modèle papier a la vie dure avec l’avènement d’internet (et les tablettes n’arrangent pas les choses non plus), c’est quand même un comble d’amener le fer pour se faire battre.

    Après, tu regrettes le survol de certains trucs comme Mario 64. C’est vrai que c’est un épisode important pour la série mais le livre se concentrant sur les dix premières années du plombier, il ne fallait pas s’attendre non plus à une dissertation là-dessus (c’est quand même sorti bien après 1991). Par contre, le fait qu’ils prennent le sujet par tranche de 10 ans laisse à suggérer la parution de plusieurs tomes sur les décennies suivantes. Et là, ce serait certainement bien plus concentré sur tout l’avènement de la 3D dans la série (et donc Mario 64 indubitablement).

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  1. […] et historien du jeu vidéo qui avait déjà œuvré sur l’écriture de l’ouvrage « L’histoire de Mario : l’ascension d’une icône, entre mythe et réalité ».  En reprenant les propres dires de l’auteur, avec « Sur les traces de Miyamoto. […]

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