Test – 2Dark : une tentative qui frôle l’horreur

Si vous connaissez Alone in the Dark, il probable que le nom de Frédérick Raynal vous soit également familier. Cela faisait un petit moment que le créateur français n’était pas revenu sur la scène vidéoludique, mais voilà que 2Dark refait parler de lui, après avoir passé quelques années dans sa période de gestation. Mais de là à s’en réjouir, c’est peut-être trop en espérer.

Cela démarre mal

Vous connaissez le cliché du vieux flic qui est obsédé par une ancienne enquête, au point de ne pensez qu’à ça ? Au point d’avoir perdu son emploi et pourtant, il continue toujours d’arpenter les rues infâmes en compagnie de son imperméable, en recherche de réponses. Et bien pas besoin de vous arrêter plus de deux secondes sur la trame narrative de 2Dark, car on entre alors en plein dans un scénario qui aurait pu être tiré de n’importe quelle vieille série de polar des années 80 ou 90. En soi cela n’aurai pas été un gros souci, si seulement l’histoire et son contenu avait eu plus de substance.

On tente vainement d’apporter un semblant de malaise en nous mettant à la tête d’une enquête dans laquelle il faudra se heurter à des sujets sensibles, comme celui de l’enlèvement de jeunes enfants. C’est en tout cas l’idée de base mais on sent rapidement qu’il y a un manque flagrant de profondeur à l’écriture. La personnalité des personnages en est le premier exemple. On ne croit pas une seconde à leur motivation et les dialogues manquent cruellement de conviction. L’ambiance de survival-horror qu’on tente alors d’instaurer semble être restée plusieurs années en arrière et cela ne fonctionne vraiment pas. Et encore, c’est seulement le premier problème qu’on rencontre avec 2Dark.

Les ennemis ont une IA d’huitre…

Ho les pauvres gamins

Le gameplay de 2Dark peut se définir en deux approches. Avec sa caméra en vue de dessus, l’approche furtive est plus que favorisée, mais libre au joueur de faire un véritable massacre en tuant tout ce qui passera trop proche de lui. L’objectif de chaque niveau étant de délivrer une ribambelle d’enfants, mais aussi d’explorer les lieux afin de dénicher tous les indices ou preuves qui nous aideront dans notre enquête virtuelle. C’est en tout cas l’idée et pour y arriver il sera possible de se déplacer en essayant de ne pas faire de bruit, afin de profiter de la pénombre pour se dissimuler. Et c’est là que commence les soucis, avec des ennemis ayant l’intelligence d’une huitre. À partir du moment que vous êtes en dehors de leur cône de vision, il vous sera possible de faire tout et n’importe quoi sans avoir peur de leurs représailles.

Autant dire que la difficulté du jeu est quasiment inexistante, ce qui est un comble pour un jeu sensé amené un sentiment de frustration de par son approche horrifique. Et quand on rajoute à cela la possibilité de sauvegarder pratiquement à n’importe quel moment, autant dire que cela ne fait qu’enfoncer le clou. La sauvegarde se fait par le biais de notre personnage qui s’allume une cigarette et qui donc, illumine la zone d’ombre où il se trouve, en se mettant alors à découvert. Mais cela sera rarement une grosse contrainte, et on apprend vite à berner les gardes sans qu’ils nous découvrent.

Peut-être conscient de cela, les développeurs ont parsemé les niveaux avec des pièges et qui ont la fâcheuse tendance à être caché de manière sournois et cela, sans aucune justification dans le level design des niveaux. Autant dire que la frustration nous gagne assez rapidement, surtout que le jeu à tendance à en abuser dans certaines situation. 2Dark tente de flirter avec des vieilles mécaniques du jeu d’horreur, mais leur exploitation est bancale et n’apporte rien. Dans le pire des cas elle vient même ternir notre expérience alors qu’elle n’était déjà pas très glorieuse dès le départ.

Non. Ce n’est vraiment pas le plus beau jeu du monde

Encore pire que pire

On pourrait également évoquer l’inventaire qui est d’une ergonomie à s’en arracher les yeux, au point qu’on perd vite patience à y trouver les objets qui seront nécessaire à notre avancé. Devoir y accéder durant les phases d’action, dans l’espoir d’y trouver l’objet ou l’arme qu’on souhaite est un véritable calvaire. Et ce sentiment ne fait que s’amplifier au fil de notre progression, avec l’ajout de nouvelles armes et donc, avec un inventaire dans lequel il devient de plus en plus galère d’y trouver quelque chose.

On passera outre le manque d’explications pour nous balancer complètement nue dans l’histoire, avec un tutoriel de départ qui peut à peine en porter le nom. Pour finalement se retrouvera avec un jeu dans lequel il sera difficile d’y trouver une once de qualité. L’ambition de nous offrir un jeu de survie et d’horreur s’écroule dès qu’on prend la manette en mains. 2Dark se perd dans une bouille de bonnes idées et d’ambition qui ne sont jamais concrétisé et avec la vision d’un jeu qui est loin de satisfaire les promesses qu’on nous a fait miroiter.

 

En conclusion

Avec 2Dark on est clairement dans le type de jeu qui tente de renouer avec un genre et surtout des codes de gameplay qui sont tombés en désuétudes. Un petit rafraichissement de ces mécaniques issu du survival-horror aurait pu aboutir à un excellent jeu, mais en l’état il est force de constater que le pari est complètement raté. Avec son scénario qui déborde de clichés en tout genre et ses personnages caricaturaux, au point de frôler parfois le ridicule, il faut avouer que 2Dark n’arrive pas à nous surprendre. Le seul moment où il arrive à le faire, c’est quand on doit se rendre à l’évidence que rien ne fonctionne vraiment et qu’on aurait probablement aimé y jouer, si seulement il y aurait un moyen de revenir une vingtaine d’années en arrière.

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