Test – AereA : La musique n’adoucit pas toujours les moeurs

Un petit jeu d’aventure avec quelques notions de Hack’n Slash cela vous dit ? Et bien c’est ce que semble nous proposer Triangle Studio avec son AereA. Son concept est pour une fois plutôt original, puisque toute son ambiance se repose sur un univers musical. Mais comme toujours, une idée ne suffit pas à faire un bon jeu. Et pas besoin de vous le cacher, c’est loin d’être une réussite.

Met la en sourdine

L’accent d’AereA a vraiment été mis sur son ambiance musicale et c’est quelque chose qui paraît dès qu’on lance le jeu. Certains ennemis sont sous la forme d’instruments, nos héros sont des élèves dans une école de musique et nos armes font des bruits de harpes et de trompettes quand on s’en sert. C’est en tout cas ce qui nous saute aux yeux dès nos premières minutes en compagnie du jeu. Mais ce qui se présente comme une belle ambiance montre vite un défaut majeur, qui est celui de n’être qu’un simple enrobage. Car en plus d’avoir une charte artistique très générique et qui collerait à n’importe quel MMO en FreetoPlay, AereA ne profite pas vraiment de l’univers qu’il met en place. Au mieux on y fera référence par-ci par-là, mais l’idée n’est pas exploitée jusqu’au bout et fait finalement office de simple gimmick.

Une déception qui vient s’ajouter à celle qui accompagne notre découverte du scénario. L’univers de AereA est loin d’être mirifique et peut même être très décevant par moment tellement il manque d’intérêt. En gros, les instruments primordiaux doivent être retrouvés afin de d’éviter le déséquilibre de la magie et évidemment, une menace plane au dessus de tout ça. La Maestro de l’école est trop occupé pour l’instant, c’est donc à ses élèves de résoudre le problème. Cela aurait pu être une trame amusante à découvrir, si seulement la narration aurait été à la hauteur. En réalité, la mise en place de l’histoire se fera au travers de quelques dialogues échangés avec le concierge de l’école. Il n’y a pas d’enjeu et à aucun moment on ne se sent investi dans le scénario. Au point qu’il passe au second plan et on on finirait presque à l’oublier durant les sept à huit heures que va durer l’aventure.

Il faut aimer les portes et les leviers

Quand tu es trop accessible

On vous énumérait plus tôt qu’il y a plusieurs héros à incarner, ces derniers sont au nombre de quatre et chacun possède ses propres particularités. Mais il s’agit en réalité de trois classes de distance et une de corps à corps. On aura vu mieux comme diversité, en plus du fait que leur maniement dans les combats est plutôt moue. La faute en revient à des ennemis qui peuvent se faire tuer en un ou deux coups. Et si on vous dit que notre personnage ne possède pas de technique d’esquive, car elle serait tout simplement inutile, cela devrait déjà vous donner la puce à l’oreille et vous faire comprendre que le niveau de difficulté est quasiment inexistant.

Chaque héros à deux barres d’expérience, respectivement une pour le niveau du personnage et une autre pour celle de l’instrument. Pour ce qui est du personnage il n’y aura rien à faire puisque les statistiques augmentent automatiquement à chaque prise de niveau. Du coté des armes il faudra choisir dans quoi on souhaite distribuer les points. Rien de très compliqué, il va surtout s’agir de monter la précision, les critiques, les points pour utiliser les techniques et ainsi de suite. C’est simpliste et cela fonctionne assez bien comme principe, mais d’une certaine manière cela se rajoute à la liste des défauts du jeu. C’est comme la possibilité d’attribuer trois techniques spéciales à chaque classe, car sur le papier cela semble intéressant, mais en pratique le jeu est tellement facile qu’on peut largement s’en passer. Leur utilisation rend même le jeu encore plus facile, au point qu’il est possible de tuer un boss en une ou deux techniques bien placé durant le combat.

Histoire d’approfondir un peu leur jeu, les développeurs ont limité le nombre d’objets qui est disponible au départ. Il faudra explorer les niveaux à la recherche de parchemins qui nous permettront ensuite de débloquer l’objet au marchand qui se trouve dans l’école de musique. Encore une fois, l’intention est bonne mais on se rend vite à l’évidence que la plupart des objets n’ont pas un grand intérêt. Au mieux il reste les potions qui trouvent leur utilité, mais pour ce qui est du reste, on en fait vite l’impasse. Pour le peu qu’on se débrouille un peu, il est très difficile de mourir dans le jeu. Les ennemis sont loin d’être résistant et il suffit de se concentrer sur les dégâts de notre héros pour faire un carnage parmi les groupes d’adversaires qu’on rencontre.

Les Boss sont loin d’être très intéressants

Avance tout droit !

AereA est vraiment un jeu qui part d’une bonne intention et qui reste sympathique sur bien des aspects, mais il y a quand même pas mal de défauts qui viennent gâcher notre progression. Et le principal souci c’est qu’on est devait un jeu qui n’arrive pas à se renouveler. Notre progression est certes linéaire et ce n’est généralement pas handicapant pour un jeu d’aventure, mais cela l’est un peu plus quand on a le sentiment de toute le temps faire la même chose. Les mondes changent de décors et pourtant les énigmes restent tout le temps les mêmes. Et encore, il est difficile de parler de vraies énigmes car il est surtout question d’activer une succession de leviers, qui vont ouvrir des portes et qui amènent ensuite à un passage avec d’autres levier. Bref, vous avez compris le principe et c’est comme ça durant la totalité du jeu. La seule variante viendra des blocs qu’on doit pousser sur des boutons. Comme on vous le disait, il ne vaut mieux pas chercher une grande originalité dans les énigmes d’AereA.

L’exploration est donc par la même occasion quasiment inexistante et au mieux il s’agira de se lancer dans un embranchement secondaire afin de trouver un coffre de pièces, voire un parchemin caché. De temps à autre il sera possible de recevoir une petite quête secondaire, mais la plupart du temps il sera seulement nécessaire de tuer un certain nombre de bestioles dans un niveau déjà visité ou alors d’y récupérer un objet en particulier. Rien de bien folichon et on finit par ne même plus chercher ses quêtes, tellement leur gain est négligeable. Au mieux on avance avec un brin d’espoir dans le coin de la tête, en se disant que peut-être les choses vont s’améliorer au cours de notre aventure. Et évidemment ce ne sera jamais le cas et cela jusqu’au clap de fin.

 

En conclusion

AereA c’est typiquement le genre de jeu qu’on a envie d’aimer car son ambiance pourrait nous plaire. Parmi ceux qui parte d’une idée intéressante et qui nous donne envie de découvrir ce qui se cache derrière, mais qui au final se montre complètement creux. Et c’est bien dommage, car il aurait suffit de développer un peu plus son univers pour arriver à nous accrocher, mais nos attentes finissent rapidement par s’épuiser devant la longue liste de défauts qu’on doit se coltiner durant nos parties. On aurait pu fermer les yeux devant l’extrême facilité du jeu, car après tout il n’est pas nécessaire de s’arracher les cheveux dans un jeu d’aventure. Mais il est difficile de passer à coté de tous les petits couacs de gameplay, notamment sur la maniabilité et la progression très rudimentaire des personnages. Encore un jeu qu’on avait vraiment envie d’apprécier et qui hélas se retrouve dans le panier des jeux qu’on oubliera très rapidement.

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