Test – Arms : Pas de bras, pas de chocolat

Quand Nintendo décide de se lancer dans une nouvelle licence, c’est presque une journée de fête. Et en plus quand il s’agit d’une idée plus ou moins originale, c’est encore mieux. Arms est donc un jeu dans lequel notre personnage possède des bras en forme de ressort et qu’il faut envoyer dans le visage de notre adversaire. Simple et efficace. Mais de là à dire que c’est le jeu à avoir à tout pris sur Nintendo Switch ? Peut-être pas.

Tout est dans les poings

S’il y a bien un éditeur qui est capable de nous surprendre avec des concepts originaux, c’est bien évidemment Nintendo. Le jeu de combat n’est pourtant pas un domaine dans lequel la firme à l’habitude de mettre les pieds. Et pourtant, c’est là-dedans que se loge la prochaine exclusivité de la Switch, avec Arms. Sous ce simple jeu de boxe complètement délirant se cache pourtant un jeu qui met au profit l’utilisation des détecteurs de mouvements des Joy-Con. Il faut dire que la console de Nintendo ne possède pour l’instant pas vraiment d’ambassadeur dans ce domaine. Il était donc nécessaire de mettre en place un concept qui pouvait intégrer ces fonctionnalités.

Et dans les faits, il faut bien admettre que cela fonctionne vraiment bien. On prend un Joy-Con dans chaque main et on se lance dedans, tout en suivant un léger guide qui nous explique les rudiments du combat. La prise en main se fait de manière naturelle et il suffit de quelques minutes pour comprendre ce qu’on attend de nous. Il suffira de donner un coup vers l’avant avec notre poing pour que notre personnage effectue le mouvement à son tour. On penche les manettes dans la direction voulu pour que notre boxeur se déplace. Une petite gâchette pour l’esquive et une autre pour le saut et nous voilà armé pour se lancer dans l’arène. Après rien ne nous empêche de revenir à une maniabilité plus classique, avec une manette ou la Switch en mode portable.

La description du gameplay d’Arms peut paraître succincte et effectivement, c’est le cas. Mais c’est peut-être justement ce qui fait la force de son concept. Comme souvent avec Nintendo, Le jeu pourra se jouer de deux manières différentes, tout en étant complémentaire. Un débutant pourra y trouver du plaisir et venir s’y adonner de temps à autre, tandis qu’un joueur chevronné pourra essayer d’en apprendre toutes les subtilités et y jouer à un tout autre niveau. Car oui, derrière le gameplay d’Arms se cache une certaine technicité si l’on cherche à creuser un peu sous son apparence bon enfant. Une finesse qu’on ne saura pas déceler dès le début mais qui présente à nous dès qu’on tente de combattre dans des adversaires ayant un bon niveau de jeu.

Il ne faut pas laissé l’adversaire prendre la main !

Dans la cour des grands

Le jeu ne nous encombre pas l’esprit avec un grand nombre de technique à apprendre et à exécuter au bon moment. Dans le meilleur des cas, il faudra prendre en considération que chacun des dix personnages possède ses propres caractéristiques. Par exemple  Ninjara est un ninja qui peut se téléporter sur une courte distance quand il effectue sa garde, tandis que Bye & Barq est un policier robot qui peut se servir de son chien mécanique comme d’un tremplin pour sauter plus haut. Ces petites particularités sont loin d’être déséquilibrantes pour le jeu et on apprend vite à les utiliser, voire à les contrer. Et c’est justement cette diversité qui est une des plus grandes forces du jeu et qui nous permet d’avoir des affrontements vraiment intéressant.

Et heureusement, car pour être honnête le souci principal du jeu et qui apparaît très rapidement, c’est sa tendance à être plutôt répétitif. Bien entendu c’est un problème qui est inhérent à pratiquement tous les jeux de combats. Mais avec seulement une dizaine de personnages et autant d’arènes, on en fait rapidement le tour. Comme on le disait, c’est surtout un jeu qui va se destiner à deux tranches de joueurs, les occasionnels et ceux qui voudront vraiment essorer toutes les possibilités du gameplay. Et pour ces derniers, il y a moyen de pousser le vice assez loin. Dès qu’on commence à assimiler le fait que la choppe peut être contrer avec une attaque, que la garde peut être brisée avec une choppe, tandis qu’on peut facilement contrer une attaque surpuissante et esquivant, et ainsi de suite. Autant dire qu’à partir du moment qu’on maîtrise parfaitement ces petites astuces, on passe à un tout autre niveau et on apprécie encore plus la richesse technique qui s’ouvre devant nous.

On peut ainsi rapidement apprendre à exploiter les réactions de notre adversaire afin de le piéger. En combinant la choppe, l’esquive ou encore en lançant notre jauge de pouvoir qui augmente temporairement nos dégâts, il y a véritablement moyen de prendre nos compétiteurs à revers. Et c’est justement ce qui rend les affrontements dans Arms si dynamique et qui nous fait comprendre qu’il y a à la possibilité d’exploiter le gameplay du jeu et cela, afin de mettre en place diverses stratégies de combat. Et c’est quelque chose qu’on nous laisse miroiter dès le départ, notamment quand on nous explique qu’on peut choisir les armes à poser sur nos gants au début du round d’un match. Chaque arme dispose de ses capacités, comme un tir à distance, un plus large champ d’attaque, une masse plus grosse, etc. Il est ainsi possible de personnaliser notre personnage en fonction des tactiques qu’on souhaite mettre en place. Le panel de gants disponible pour un personnage pourra être agrandi au travers d’un mini-jeu pas très intéressant, mais qui reste obligatoire si l’on souhaite avoir accès aux armes des autres personnages.

Une bonne droite, cela fait toujours du bien !

Il manque un petit quelque chose

Mais qu’on ne se laisse tout de même pas leurrer, car même s’il possède des bases très solides, le jeu est loin d’être exempté de tout reproche. Et ce n’est pas le gameplay en soi qui pose problème, mais plutôt son contenu. Pour le solo il faudra se contenter d’un mode Grand Prix qui se résume à une succession de quelques combats, avec au final un boss un peu plus coriace. Malgré ses sept niveaux de difficulté, il est assez évident qu’on en fait rapidement le tour. Et c’est une critique qu’on pourra également émettre envers les épreuves de Basket, de Volley et de tir sur cible. Trois mini-jeux qui font office de bouche-trou entre deux combats et qui épuisent rapidement leur potentiel ludique. Il n’y a guère que le Basket qui sort un peu du lot. En plus de ça, on peut compter sur la présence d’un mode Survie pour égayer un peu nos sessions de jeu, avec une épreuve qui demande d’affronter une centaine de combattants avec une difficulté qui va en grandissant.

Certes il reste que certaines de ces activités peuvent être jouées de deux à quatre joueurs, mais cela ne suffit pas. On aurait vraiment aimé que le coté délirant du jeu soit poussé encore plus loin. Avec l’enrobage ultra coloré d’Arms on pouvait s’attendre à quelque chose d’extravagant et complètement farfelu. Certaines des arènes sortent un peu du lot, avec une ambiance festive ou avec des éléments qui peuvent entraver les combats, mais on a quand même l’impression qu’il manque un petit quelque chose. Des modes un peu plus déjantés, avec des bonus aléatoires et altérant grandement l’issu du combat aurait par exemple pu être implanté. Le concept du jeu aurait vraiment pu être amené jusque dans ses retranchements. Dans les faits il faut par contre se satisfaire avec ce qui nous est proposé et c’est loin d’être suffisant.

Pour rattraper un peu ce manque de diversité dans ses modes, Arms arrive tout de même à nous proposer deux modes en ligne qui viennent bien compléter l’ensemble. Le premier et qui peut se jouer jusqu’à deux, nous propose de participer en ligne à des rencontres amicales avec d’autres joueurs. On se retrouve ainsi propulser dans un groupe dans lequel on pourra aléatoirement effectuer des épreuves ou des combats. Pour les joueurs un peu plus chevronnés par contre, après avoir terminé le niveau 4 du Grand Prix, il sera possible de débloquer le classement en ligne. Il s’agit ni plus ni moins que d’affronter d’autres joueurs et de monter ou perdre en grade en fonction de nos victoires. Malheureusement ces modes en ligne sont bridés par un manque assez flagrant, qui est celui de ne pas avoir fournis des options pour paramétrer les rencontres. Il n’y a tout simplement aucun moyen de faire une recherche par amis, de créer des tournois ou encore de changer de zone géographique. On lance le mode et serra amené à combattre la première personne qui nous sera désigné aléatoirement. C’est un peu dommage, surtout pour un jeu de combat qui aurait mérité qu’on développe un peu plus son aspect compétitif.

 

En conclusion

Avec Arms on est typiquement dans le cas de figure où l’on souhaite vraiment aimer ce qu’il nous propose, avec un concept original et bien mis en place. Mais en contrepartie et malgré ses qualités, le jeu possède aussi des petits défauts sur lesquels il est bien difficile de fermer les yeux. Son gameplay est accrocheur et il y a vraiment la possibilité d’évoluer dedans, en essayant de maitriser toutes ses mécaniques. Malgré tout il y a une certaine redondance qui s’installe au bout de quelques parties. Et les rares modes et épreuves disponibles ne nous donnent pas assez de diversité pour vraiment renouveler notre expérience sur la longueur. L’éditeur a promis que des DLC gratuits allaient alimenter le jeu dans le futur, avec notamment des nouveaux personnages et arènes, mais cela risque de ne pas être suffisant pour palier au manque de contenu. Cela n’empêche pas à Arms d’être agréable à jouer et qu’on peut y prendre beaucoup de plaisir, surtout si l’on a l’esprit compétitif et qu’on apprécie le jeu en ligne.

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