Test – Chariot : de la plate-forme en coopération

coupdecoeur-petitDès son annonce durant l’E3, Chariot n’a pas vraiment réussi à faire parler de lui auprès du grand public. Il faut dire que la plate-forme est un genre qui pullule depuis plusieurs années, et rare sont les jeux qui arrivent vraiment à se démarquer par leur originalité. Un fait qui ne semble pas effrayer Frima Studio, puisque leur titre tente clairement de chambouler nos habitudes, notamment en ce qui concerne la coopération.

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Mon bon roi, un poil gripsou

On reproche souvent aux créateurs de nous balancer à la tête des histoires extravagantes et dont le contexte narratif n’apporte pas grand-chose. Une réprimande qu’il ne conviendra pas d’exprimer envers Chariot, car le jeu ne s’embarrasse pas d’un scénario sans queue ni tête. Enfin presque, car il s’agit quand même de diriger une princesse et son fiancé, alors qu’ils veulent trouver une sépulture digne du défunt roi. Il faut dire que le fantôme de ce dernier y met un peu son grain de sel, car en plus de ne pas être satisfait de l’emplacement choisi, il veut qu’on l’enterre avec d’immense richesse. C’est donc l’occasion pour envoyer tout ce beau monde dans les catacombes, à la recherche d’une tombe royale et en ramassant tout l’or qu’ils trouveront sur leur passage. Concrètement, il va falloir pousser un chariot mortuaire tout le long de notre périple, mais surtout le tirer avec l’aide d’une corde afin de le faire passer à travers de nombreux obstacles. Une contrainte qui semble accablante durant les premières minutes, mais dont l’utilisation nous laisse vite miroiter d’incroyables possibilités. Chariot se situe dans cette catégorie de jeux qui dès le départ, nous donne l’impression que derrière ses mécaniques assez basiques, se cache une grande richesse de gameplay lorsqu’on se prend la peine de l’exploiter.

Car si au début il suffit de tirer le Chariot au dessus de quelques crevasses ou de le monter sur des plates-formes, l’architecture des niveaux se montre vite d’une grande ingéniosité. Il faut parfois redoubler d’effort pour progresser dans les dédales des catacombes. En apprenant rapidement comment bien manier la corde, pour savoir la tirer au bon moment ou au contraire laisser un peu de leste pour aller attraper des bonus dans un trou. Les actions de notre personnage sont certes basiques, mais totalement complémentaire. En plus de pouvoir accrocher à tout moment une corde et la tirer, on peut aussi se mettre en position d’ancrage pour ne pas se retrouver tiré par le poids du Chariot. Une action qui devient vite primordiale, en plus de devoir apprendre à se servir de la physique particulière du Chariot pour se créer un tremplin temporaire, afin de pouvoir sauter dessus et atteindre une plate-forme en hauteur ou qui se trouve un peu trop loin. À cela se rajoute assez rapidement des améliorations pour le Chariot, ainsi que des gadgets qu’on peut acheter à la boutique du coin après avoir trouvé les plans dans les niveaux. C’est d’ailleurs là-dedans que vous allez dilapider votre or, même si l’utilité de certains accessoires n’est pas toujours du plus évident.

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Pour l’or du plus fort

Car si en solo ces gadgets ne présentent pas tout de suite un intérêt, sauf pour se faciliter la recherche de trésors, c’est surtout en coopération qu’ils auront une forte importance. Il faut dire que le jeu de Frima est conçu pour dévoiler tout son potentiel lorsqu’on y joue à deux et c’est même là qu’on s’amuse le plus. Mais qu’on se rassure tout de suite, c’est loin d’être une obligation et tout le jeu est faisable en solo. La coop ne fera que faciliter un tantinet les choses, en plus d’offrir des trésors inaccessibles en solitaire. Comme le principal danger qu’on va rencontrer est celui de ne pas s’éloigner trop loin du Chariot, être à deux ne fait jamais de mal.

Hormis quelques bestioles qui peuvent nous délester de notre or, nos morts seront surtout occasionnées par les éléments du décor. Tomber dans un trou ou toucher la lave nous forcera à revenir à notre dernier point de contrôle. Pour notre bonne fortune, ils sont fort heureusement placés assez judicieusement sur notre chemin. Pour s’y rendre, on pourra même laisser enfoncer le bouton de réapparition afin de recommencer à notre dernière sauvegarde. Ce qui nous permet de prendre des risques et ainsi partir à l’exploration des catacombes, afin d’en fouiller tous les recoins. C’est même d’ailleurs plus que recommandé, car la carte des mines qui se dessine au fil de notre progression, révèle des embranchements cachés qui permettent de débloquer de nouvelles entrées dans les niveaux. Donnant ainsi l’opportunité de débuter dans des endroits jusqu’alors hors de notre porté.

Cela nous aide d’ailleurs à rebondir vers la durée de vie de Chariot, qui selon notre affinité avec les mécaniques du jeu peut facilement lorgner vers la douzaine d’heures. Une quinzaine si l’on se met en tête de récupérer tous les bonus parsemé à droite et à gauche, ainsi qu’en essayant de remporter le chrono de chaque course. Car en arrivant au bout d’un niveau on débloque par la même occasion, un mode contre la montre qui nous demandera de terminer le tableau en un temps imparti. Une tâche qui est loin d’être une promenade de santé, car il faut bien reconnaître que les derniers mondes du jeu mettent nos nerfs à rude épreuve. Frima Studio à vraiment redoubler d’effort pour nous offrir des situations qui demandent de notre part une grande dextérité, mais aussi un peu de jugeote. On regrette juste un peu que les différents éléments se répètent un peu trop souvent. On instaure presque dès le début des voies vivantes et spectrales, qui peuvent être seulement emprunté par notre personnage ou le Chariot. Par exemple, le Chariot passera à travers la voie vivante tandis que la princesse pourra marcher dessus. Ce qui donne lieu à des énigmes où il faudra constamment jonglé entre les deux voies.

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Jamais sans mon Chariot

Ce genre de puzzles croisera souvent notre chemin, ce qui peut amener le joueur à une petite lassitude lorsqu’on arrive sur la fin du jeu. Au bout de la troisième monté de lave qu’on doit éviter en prenant rapidement de la hauteur, on finit par ne plus être emparé du même effet de surprise. Mais heureusement si les développeurs ont décidé de réemployé assez souvent les mêmes éléments, cela nous aide à les intégrer plus facilement dans notre façon de jouer. À chaque nouveau monde le jeu intègre des mécaniques inédites, en plus de les combiner parfois avec les anciennes. Ce qui contribue à ce qu’on soit constamment confronté à de nouvelles situations, même si leur fonctionnement nous semble familier. La jouabilité évolue donc constamment tout en restant accessible. Et c’est justement une des choses qui rend Chariot si agréable à jouer et qui en fait incontestablement un des meilleurs jeux de plates-formes de ces dernières années.

Un sentiment qui ne s’en trouve que renforcé quand on aborde la direction artistique de Chariot. Notamment sur l’animation des personnages qui est un vrai régal pour les yeux et qui ferait pâlir d’envie n’importe quel dessin animé à gros budget. Une note d’enthousiasme qu’on pourra allègrement attribuer à l’ambiance globale du jeu, qui en plus de se gratifier d’une pointe d’humour et d’un bon doublage français, arrive à nous émerveiller jusque dans la beauté de ses décors. De prime abord, ces derniers peuvent semblé assez générique, surtout durant le premier monde des mines. Mais dès qu’on tombe dans celui de la forêt et ses plantes lumineuses qui poussent au fil de notre avancé, on se retrouve happé par l’ambiance particulière du jeu. Cela est mis en évidence par une petite musique médiévale et des effets de lumière saisissants. Autant dire que de bout en bout, tout est fait pour qu’on tombe en amour avec Chariot.

 

En conclusion

Comment voir en Chariot autre chose qu’une franche réussite. Le jeu possède bien entendu quelques petits défauts mineurs, qui dérangeront surtout les yeux aguerris. Mais à n’en pas douter que le commun des mortels y trouvera une production ingénieuse, doté d’un concept de base qui a de quoi surprendre mais dont-on découvre assez vite toutes les subtilités. Qu’on soit en coop ou en solo, Chariot possède un gameplay accrocheur et qui dès qu’on pose la manette ne nous donne qu’une seule envie. C’est de retourner y jouer.

On peut dire que Frima Studio réalise un coup de maitre, en chamboulant les bases du jeu de plate-forme et de la coopération. Chariot est une petite perle et mérite vraiment sa place dans le podium des meilleurs jeux du moment.

 

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  1. […] avez déjà pu découvrir dans nos colonnes notre avis sur Chariot, qui fut pour nous un beau coup de coeur. Ce titre est développé par un studio Québécois et […]

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