Test – Dead Rising 4 : on ne change rien à la formule

Il semblerait que Capcom n’a pas vraiment appris de ses erreurs avec Dead Rising 3, puisque l’éditeur a décidé de sortir un quatrième volet sur Xbox One. Franck West est donc de retour, pour une nouvelle escapade à Williamette et cette fois en compagnie de sa petite assistante.  De quoi se lancer dans un massacre de zombies comme au bon vieux temps ? C’est loin d’être certain.

Un zombie comme un autre

Dès le démarrage du jeu, il faut résolument penser que l’histoire de Dead Rising 4 n’a rien de très originale, au point qu’elle passe rapidement au second plan. Autant dire qu’il s’agit encore une fois d’une énième conspiration avec la tentative de créer encore une fois un virus qui pourrait décimer la population. On nous balance au centre de ce scénario avec l’assistante rebelle de Franck qui veut à tout prie décrocher son reportage, en entrainant au passage son mentor dans l’affaire. Il faut dire que le retour de Franck West souligne surtout un jeu qui va avant tout se baser sur un humour gras et potache. C’est en tout cas ce qu’on attendait et c’est ce que Capcom nous livre avec Dead Rising 4. Rien de plus et rien de moins.

La mise en scène du scénario est famélique avec seulement quelques cinématiques disséminées le long de notre périple, et il ne faut clairement pas s’attendre à d’énormes rebondissements. Au mieux on se laissera porter par l’humour de Franck et ses répliques totalement à la ramasse, mais qui arrive régulièrement à nous arracher un sourire. L’aventure débute à nouveau dans un centre commercial et on se retrouve entouré d’une horde de zombies qui n’attend que nous pour se faire trucider et cela, avec des armes de plus en plus délurées. Il faut donc le prendre pour ce qu’il est : un jeu qui ne se prend pas au sérieux et dans lequel il faut se plonger en éteignant notre cerveau.

On fait un sourire !

On tape et on discute après

Peut-être pour qu’on se souvienne que Franck West est aussi et avant tout un journaliste, le jeu incorpore quelques mécaniques mettant en avant l’appareil photo de notre protagoniste. Il sera possible par exemple de prendre en photo certains moments forts, comme quand on balance par inadvertance des zombies sur des gardes et que cela dégénère en bain de sang. Mais l’appareil servira surtout durant des phases de pseudo enquêtes, durant lesquelles il faudra jouer entre les fonctions d’analyseur de spectre ou nocturne pour déceler des indices dans une pièce, ce qui permettra de faire avancer la trame narrative un peu plus loin. Autant dire que ces passages n’apportent pas grand-chose et qu’elles deviennent assez vite redondantes. On comprend la motivation des développeurs à vouloir amené un peu de diversité dans leur jeu, mais c’est vraiment pas là-dessus qu’on attendant le jeu.

Car autant se l’avouer, si on joue à un Dead Rising c’est pour se lancer dans la mêlé et défourailler des zombies par paquet de dix. Et là encore une fois, c’est ce qu’on peut faire en utilisant la cinquantaine d’armes et d’engin qui a été mis à notre disposition. Que ce soit contre les boss ou les zombies spéciaux on s’en donne à cœur joie et les combinaisons d’armes sont toujours aussi jouissives et délirantes. L’artisanat est cette fois réduit à son plus simple, puisqu’il suffira de porter les objets sur soi et ensuite de les combiner à la volée, juste avant de les utiliser sur nos adversaires. Un système sobre et très efficace, surtout que notre chemin regorge d’armes et d’objets en tout genre, ce qui permet de vraiment varier les plaisirs. Dead Rising 4 se présente vraiment comme un gros défouloir et l’action est permanente, au point de parfois en faire une overdose.

Encore une fois dans un souci de rythme, histoire qu’on ne passe pas tout notre temps à écorcher du zombie, quelques humains font de temps à autre leur apparition sous les traits des mercenaires ou des maniaques. Sur le fond, cela aurait pu donner un bon renouvellement à l’action si seulement l’IA de ces personnages n’était pas aussi stupide que celle des morts-vivants. Le seul moment intéressant c’est quand les deux factions ennemis se croisent et que cela donne des joute dantesques entre les humains et zombies, avec nous dans l’équation qui en profite pour faire un petit carnage. Mais en dehors de ça, les échanges de balles avec les humains n’a pas grand intérêt et cela en devient presque ennuyant, voire insipide.

Il faut aimer le sang !

Trop c’est parfois comme pas assez

Le précédent épisode ne pouvait pas se vanter d’être une claque graphique, mais il avait au moins le mérite de nous plonger dans une ville remplie par des milliers de zombies. Une réussite technique qu’on retrouve encore une fois dans Dead Rising, avec des créatures qui n’en finissent plus de nous barrer la route. Malgré tout, l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous. On aurait vraiment apprécié que ce quatrième volet mise un peu plus sur la démesure graphique, mais c’est loin d’être le cas. Certes, l’impression de dévastation et d’apocalypse est bien retranscrite mais à aucun moment on ne sera éblouie par la beauté du jeu. On pourrait dire que ce n’est pas ce qu’on attend d’un Dead Rising, mais un effort aurait tout de même pu être effectué pour rehausser un peu la série après le passage du troisième épisode.

Avec un monde ouvert on pourrait également s’attendre à une foule d’activité annexes, mais force de constater que c’est ici loin d’être le cas. En dehors de la trame principale qui est représenté sur la carte avec un objectif affiché en jaune, il sera tout de même possible de faire des missions secondaires. En l’absence d’une limite de temps, le joueur peut vagabonder comme bon lui semble afin de les remplir. Il faudra par contre s’attendre à des quêtes très redondantes comme le fait de délivrer une zone de la menace des zombies ou encore de sauver des civils, un grand classique de la série. Reste les quelques psychopathes qu’on pourra aller combattre, mais là encore il ne faut pas s’attendre à un miracle. Car si l’on peut dire une chose concrète sur Dead Rising 4, c’est qu’en plus d’avoir une aventure très linéaire, le jeu est fondamentalement très facile. La difficulté à été raboté à grand coup de tronçonneuse et il ne faut pas s’attendre à rencontrer un défi de taille.

En laissant de coté les sempiternels collectibles à ramasser un peu partout dans la campagne solo du jeu, il ne faut pas oublier de mentionner la présence d’un mode multi. Autant vous prévenir qu’il faut tout de suite oublier l’idée de jouer en coopération dans l’aventure principale. La seule manière de jouer en ligne avec Dead Rising 4, ce serait par le biais d’un mode dans lequel on choisit notre personnage de départ et avec l’aide de trois autres comparses il faudra survivre le plus de temps possible face aux invasions. On essaye donc de remplir les objectifs, tout en amassant de l’expérience qui nous permettra de débloquer des compétences, avoir accès à de nouvelles armes et ainsi de suite. Du grand classique et qui fonctionne, mais cela reste un mode dont-on se lasse assez vite et qui aura juste le mérite d’exister.

 

En conclusion

Il serait facile de dire que Dead Rising 4 est un jeu tout juste moyen, mais il faut reconnaître que le potentiel de s’amuser en compagnie des zombies est tout de même là. En réalité, il faut prendre cet épisode pour ce qu’il est : un grand défouloir. Il ne faut pas y jouer pour le scénario puisque celui-ci n’a aucun intérêt. Il ne faut pas non plus y chercher un moyen de jouer en coopération avec des amis, puisque ce mode à tout simplement sauter dans ce quatrième épisode et qu’on doit se contenter d’un semblant de mode survie en multi. En faite, si vous cherchez un jeu de zombie qui ne se prend pas la tête, qui est bourré de références et d’humour potache, et bien c’est vraiment le jeu qu’il vous faut. Vous  pouvez débrancher votre cerveau en allumant votre console et profiter du spectacle d’hémoglobine qui se déroule devant vous. Mais n’attendez rien d’autre de la part de ce jeu.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.