[Test] Deus Ex : Human Revolution

 

Éditeur : Square Enix
Développeur : Eidos Montréal
Multijoueur : Non

 

De temps à autre, pour de multiple raisons, un jeu vidéo arrive à rentrer dans l’histoire en marquant à vie toute une génération de joueurs. C’est le cas du mythique Deus Ex, le résultat d’un mariage atypique entre deux genres, le RPG et le FPS, pour donner un jeu qui fait aujourd’hui partie de la légende. Mais après une suite plus que mitigée, on était en droit de se demander ce que Deus Ex : Human Revolution allait nous réserver.

 

 

Un retour aux sources ?

Le projet de longue haleine d’Eidos Montréal, nous plonge dans un monde où la technologie commence à prendre le pas sur l’humanité. Les implants et prothèses engendre un marché en pleine expansion, ce qui donne des envieux, surtout quand une bonne partie de la population tente d’en faire l’acquisition. C’est dans ce contexte qu’on retrouve Sarif industries, une société spécialisée dans ce type d’augmentation. C’est à la tête de son service de sécurité, qu’on retrouve Adam Jensen, un humain tout ce qu’il y a de plus normal. Jusqu’au jour où les laboratoires se font attaquer et qu’il va en ressortir complètement mutilé, pendant que des scientifiques du complexe vont se faire massacrer pour une raison encore inconnue. Un évènement qui aura son importance, car il s’agit du début d’un complot de grande envergure qu’on va devoir retracer jusqu’à en découvrir toute son ampleur.

Mais avant tout, les conséquences de l’incident sur Adam auront de grosses répercussions sur sa vie. Car pour survivre il va devoir passer par la salle d’opération en se voyant greffer une multitude d’implants. C’est ce qui aura pour effet de changer son aspect physique, mais aussi de lui octroyer de nouvelles capacités. Des augmentations qu’on pourra améliorer selon notre gré, comme notre perception pour avoir un radar plus efficace, ou encore nos jambes pour pouvoir sauter plus haut. Voir notre charisme, ce qui va nous permettre d’analyser et persuader plus facilement les gens qu’on doit rencontrer. Que vous soyez adapte d’une approche en finesse avec la furtivité, ou un peu plus rustre en fonçant dans le tas, ce sera à vous d’adapter votre personnage. D’un camouflage optique jusqu’à la réduction des effets de recule d’une arme, une foule de choses est paramétrable.

On regrettera tout de même que si au début il va falloir choisir judicieusement nos compétences, autant vers la fin on se retrouve à ne plus savoir où mettre nos points, car on aura pratiquement tout développé. L’expérience étant distribué à tour de bras pour la moindre de vos actions, cela gâche un peu l’envie de se relancer dans l’aventure, pour découvrir l’effet des augmentations qu’on aurait laissé de coté durant notre première partie. Car il faut bien dire que certaines d’entre elles sont à la limite de l’inutile.

 

Un sentiment de liberté

La personnalisation se ressent dans tous les aspects du jeu, mettant en valeur les choix du joueur, afin de lui donner la possibilité de modeler son aventure selon ses envies. Chaque situation peut être abordée de différentes manières, ce qui nous offre une liberté assez conséquente. Par exemple, une de nos premières missions sera d’aller examiner un cadavre dans la morgue du commissariat. Cela ne sera pas une tâche de tout repos, car l’endroit est forcément bien gardé. Les plus malins d’entre vous arriveront peut-être à convaincre le policier à la réception de vous laisser entrer, alors que certains préféreront jouer la carte de la discrétion en s’infiltrant par la porte arrière du bâtiment. Pendant que d’autres se frayeront simplement un chemin en faisant parler leurs armes.

De ce coté d’ailleurs, il y a l’embarra du choix, du pistolet à électrochoc jusqu’au fusil d’assaut, tout un arsenal customisable dont vous pouvez vous servir pour en découdre avec la horde d’ennemis qui vous allez croiser. Surtout qu’eux n’hésiteront pas à vous canarder à la moindre occasion, même si cette faculté de tireur d’élite cache une intelligence artificielle pas toujours au point. Une simple porte qui s’ouvre à l’autre bout du couloir suffit pour les alerter, mais si vous assommé un autre garde dans leur dos, ils ne bougeront pas d’un millimètre. Il est ainsi très facile de berner l’IA’ et d’enchainer les morts, tout en restant simplement caché au coin d’un mur et en les attirant individuellement. Une aberration qui se ressent un peu moins lorsqu’on joue le bourrin car les ennemis n’auront pas besoin d’enclencher leurs neurones pour nous tirer dessus. Mais qui est flagrant dès qu’on essaye d’être un peu plus discret, avec des gardes qui nous oublient dès qu’on est dans un conduit d’aération, ou quand ils ne peuvent pas rentrer dans une pièce alors qu’ils nous voient à travers une vitre incassable.

Mais pour en revenir à la possibilité de choisir entres plusieurs voies, il en va de même pour la résolution de vos objectifs. Si vous devez sauver un otage retenu par un ravisseur, libre à vous de négocier sa libération, ou bien de tirer dans le tas en espérant qu’elle survive. Malgré tout, si cette liberté d’action permet de varier les plaisirs et rendre votre partie presque unique, vos choix n’ont pas une grosse répercussion sur la trame principale. Au mieux cela changera vos récompenses de quêtes ou l’apparition ponctuelle de certains personnages secondaires. Voir cela vous donnera parfois accès à des informations complémentaires, mais les changements apportés ne seront pas plus flagrant que ça.

 

Découvre ton univers

Deus Ex ne serait rien sans une grande part d’exploration, c’est ce qui est grandement mis en avant avec Human Revolution. Si l’aventure principale vous demandera une vingtaine d’heures, en vous lançant dans la recherche de quêtes secondaires et d’objets cachés un peu partout, autant dire qu’on peut facilement rallonger de dix heures la durée de vie, ce qui est déjà plus qu’honorable. Ces missions supplémentaires sont dans l’ensemble très intéressantes et bien écrites, et sont un bon complément au scénario. Et autant dire qu’il va vous falloir maitriser l’art du piratage si vous souhaitez tout découvrir, une phase un peu trop présente mais assez bien fichu pour ne pas être trop pesante.

L’investigation de notre environnement est soutenue par une architecture des niveaux qui nous encourage à explorer d’autres sentiers. Même si on pourra pester contre quelques idées de level design assez saugrenues, comme les dédales de Shanghai qui sont tout sauf intuitif. Par contre l’ambiance qui s’en dégage est un véritable bonheur, avec des détails qui fait indéniablement référence à des films comme Blade Runner, pour ne citer que lui.

Mais si on peut encenser sa pâte graphique, on ne peut pas en dire autant de sa réalisation qui accuse pas mal de retard. C’est loin d’être horrible, mais cela pique parfois un peu les yeux, notamment pendant les cinématiques avec une modélisation pas toujours très convaincante. Le doublage va également dans ce sens, avec une synchronisation labiale à coté de la plaque. Il n’est pas rare d’entendre parler nos protagonistes, alors qu’ils ont les lèvres fermées. De plus, par moment les voix ont une forte tendance à prendre un écho très désagréable, ce qui devient vite agaçant et on finit par se satisfaire des sous-titres. C’est bien dommage, car cela gâche un peu notre immersion dans le jeu.

 

En résumé

La question qu’on peut immanquablement se poser, est de savoir si ce Deus Ex est digne de porter ce nom. Même si on peut lui reprocher quelques défauts de parcours, et que les puristes pointeront du doigt une jouabilité beaucoup trop simplifié, ceci afin de pouvoir toucher un plus grand public. La réponse est que Deus Ex : Human Revolution est un jeu dans lequel on peut s’investir les yeux fermés et que son achat en vaut largement la peine. On espère de tout coeur que le succès de ce nouveau volet arrivera à ouvrir les portes à une toute nouvelle saga, on croise en tout cas fortement les doigts.

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