Test – Donkey Kong Country : Tropical Freeze

La Wii a assurément été une console très critiqué, pour de multiples raisons, mais il faut admettre qu’elle aura réussi à faire revenir notre grand singe poilu sur le devant de la scène. Le savoir faire de Retro Studio sur Donkey Kong Country Returns, aura contribué à rendre cette épisode inoubliable. Il n’est donc pas étonnant que Nintendo veuille récidiver, en s’offrant une suite sur Wii U. En tentant au passage de remplir sa ludothèque, qui se montre peu fournie pour l’instant.

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Un petit coup de froid

Héritage direct de la longue lignée des kidnappings de princesse, la trame de Donkey Kong Tropical Freeze ne fait pas vraiment dans l’originalité. Si leur stock de bananes n’a cette fois pas été volé, nos singes ont tout de même été expulsé de leur île par un groupe de Vikings pingouins. Qui n’ont pas hésité à amener avec eux les froids du grand nord, allant jusqu’à recouvrir ces terres tropicales avec de la neige. De quoi nous faire faire une ballade à travers les îles voisines, jusqu’à retrouver le chemin vers notre demeure natale. C’est d’ailleurs le moment pour évoquer tout le travail artistique effectué par Retro Studio. Car si la Wii nous avait déjà gratifié d’un très bel opus, ce passage sur la nouvelle console de salon de Nintendo nous donne une belle claque graphique. La haute définition n’y ait bien entendu par étrangère, mais c’est surtout la minutie dans l’élaboration des décors qui retiendra notre attention. Bien plus riche visuellement que son prédécesseur, Tropical Freeze est une orgie de petites idées qui sont disséminées tout le long des niveaux. Chaque monde traversé possède sa propre identité, avec des environnements qui s’illuminent sous un nombre hallucinant de détails.

Comment ne pas succomber devant la découverte d’un nouveau monde. Car même si l’on peut regretter que ces derniers soient seulement au nombre de six, leur thème diffère tellement, qu’on oubliera presque ce léger manque de contenu. D’une plaine remplie de moulins à vent en passant par une usine de fruits, on traverse des paysages somptueux. Qu’on ne manque pas de nous faire contempler avec des scènes durant lesquelles la caméra saute dans tous les sens. Les arrières-plan ne sont pas de simples panoramas, mais servent également au dynamisme de l’action, avec des éléments du décor qui interagissent fréquemment avec notre progression. Des colonnes qui tombent sur Donkey, un monstrueux poulpe qui nous poursuit, voire une forêt entièrement en flammes. Les situations s’enchaînent avec frénésie et on en prend vraiment plein les yeux. Et cela dans tous les sens du terme. Les joueurs ayant parcouru le premier volet sauront reconnaître des éléments déjà abordés dans Returns. Si les passages aquatiques font leur grand retour, on ressent quand même un effet de déjà-vu en ce qui concerne les niveaux dans la pénombre, voire dans la complète obscurité. Cela n’empêche pas que leur présence s’est bien plus accentuée, pour offrir des moments de folies, notamment durant les passages sous-marins où seul des poissons viennent éclairer notre chemin.

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Des compagnons à poils

Cette conception presque irréprochable ne serait rien si elle ne serait pas entièrement exploité durant notre périple. Si Donkey est toujours aussi lourd dans son maniement, surtout pendant les sauts millimétrés. Il peut toujours compter sur son acolyte Diddy, qui monté sur son dos lui fera bénéficier de son jet-pack. Toujours utile quand il est question de faire preuve de précision, ce qui ne manquera pas de nous arriver durant l’aventure. À coté de ça, deux autres personnages font leur entrée, même s’ils ne sont pas vraiment inconnus au bataillon. C’est Dixie qui fait son retour, en pouvant faire tournoyer sa chevelure pour planer dans les hauteurs. Mais le vrai nouveau de la bande, si on peut dire, est incarné par la présence du vieux Cranky. Celui-ci peut utiliser sa canne, à la manière d’une certain milliardaire à guêtre dans Duck Tales, pour bondir sur les ennemis et les obstacles tels que les ronces ou les piques. Il sera possible selon les endroits, notamment avant les boss, de choisir celui qu’on veut comme compagnon. Chacun ayant ses initiales qui défilent sur les tonneaux spéciaux, qu’il suffit ainsi de fracasser au bon moment pour avoir le personnage désiré. Leur apport est donc plus que complémentaire et change radicalement la façon de jouer. Surtout qu’en plus, en récoltant une centaine de bannes, il est possible ensuite d’activer leur capacité. Les ennemis pourront de cette manière être  transformés en pièces jaunes avec Cranky, en vie avec Diddy ou en cœur supplémentaires avec Dixie. Les vies pleuvant à foison à cause du nombre astronomique de bananes qu’on peut ramasser, on vous laisse aisément comprendre que c’est surtout vers Dixie et ses cœurs qu’on va se tourner la plupart du temps.

Bien que Donkey Kong Country Tropical Freeze soit d’une vraie splendeur, la chance n’est pas vraiment de notre coté pour pouvoir tout admirer. Les pièges s’enchainent à une telle vitesse, qu’on se retrouve dans cette catégorie des jeux de plates-formes qui pénalise presque la moindre erreur. La monté en difficulté est très progressive et il faut attendre les deux ou trois derniers mondes pour vraiment s’arracher les cheveux. Les niveaux en fusée ou chariot sont encore présents, mais beaucoup moins punitif que ceux qu’on rencontrait sur Wii, avec la disponibilité de deux cœurs au lieu d’un seul. Notre adresse est donc constamment mise à mal, avec des passages qui demandent de s’y reprendre à plusieurs fois. Il est souvent question d’avoir le bon rythme, mais il est parfois presque nécessaire d’y perdre une vie pour comprendre ce qu’on attend de nous. Ce qui est toujours un peu frustrant à la longue. Heureusement, les points de contrôle sont dans l’ensemble plutôt bien répartis et la multitude de vies récoltables facilite un peu les choses. Mais ce sont surtout les boss qui nous font la vie dure, avec des affrontements qui tirent inexorablement en longueur, au point d’en devenir pénible. En l’absence de checkpoint durant ces combats qui durent plusieurs phases, la moindre erreur est souvent synonyme de recommencer dès le début. Une difficulté quelquefois exubérante, mais toujours juste, qui reste très valorisante pour les joueurs qui sont en recherche d’un peu de challenge.

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Un classique qui a la banane

En lisant ces quelques lignes, on comprend facilement que Donkey Kong Country Tropical Freeze ne diffère pas tellement de ce qu’on avait déjà pu apercevoir chez son ainé sur Wii. En jouant de notre mauvaise langue, on pourrait presque dire que Retro Studio n’a pas vraiment joué la carte de l’innovation, en restant sur les acquis de la série. Cela n’en fait pourtant pas un mauvais jeu, puisqu’il faut souligner le travail exemplaire et sans faille, qui a été effectué sur la réalisation. Aussi bien technique qu’artistique. Car même s’il manque un brin de folie à l’ensemble, on prend tout de même beaucoup de plaisir. Notamment si l’on se met en tête de débloquer tous les secrets, avec des passages secrets qui iront même déverrouiller des chemins vers des niveaux annexes. Mais si l’on reste sur le plan des défauts, on aurait tout de même souhaité une meilleure intégration de la manette spécifique à la Wii U. Hormis la possibilité de choisir de jouer sur l’écran tactile, sans monopoliser la télévision, les fonctionnalités du GamePad ne sont pas du tout utilisées. Un bien pour un mal, puisqu’on reste alors sur les bases d’un bon vieux gameplay sans fioritures inutiles. Pas besoin de secouer sa manette ou de souffler sur le micro, on se concentre alors seulement sur ce qui se déroule à l’écran. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose quand on sait à quel point Tropical Freeze peut être exigeant par moment.

 

En conclusion

Il serait présomptueux de dire que Donkey Kong Country Tropical Freeze n’est pas une grande réussite. Sur le fond, on critiquera surtout le manque de nouveautés, avec l’impression de ne jamais vraiment être surpris. Du moins pas de la manière dont-on pouvait supposer, puisque même si Retro Studio a repris tout ce qui a fait le succès de l’épisode précédent, on ne qu’applaudir devant la réalisation artistique qui a le mérite de nous décoiffer à plus d’une reprise. Mais la beauté ne fait pas tout et on retiendra aussi un gameplay qui ne pardonne pas l’erreur. Une difficulté montante qui ne fera pas l’unanimité, mais qui propose son lot de défis et qui reste toujours gratifiante dans l’exécution. Tropical Freeze est typiquement le genre de jeu qu’on attendait sur Wii U, bonifiant au passage encore un peu plus la ludothèque de la machine.

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