Test – Gryphon Knight Epic : un shmup qui se la joue médiéval

Vendu durant sa campagne Kickstarter comme un Shmup qui veut sortir un peu des sentiers battus, Gryphon Knight Epic est enfin disponible sur Steam. Autant dire qu’avec un nom pareil, le jeu annonce tout de suite la couleur. Époque médiéval et chevalier en armure étincelante, ce n’est pas forcément là-dessus qu’il faudra attendre un poil d’originalité mais cela n’empêche pas d’avoir une belle surprise à l’arrivée. Encore faut-il croiser les doigts et se lancer une petite partie.

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Où est la princesse ?

Il faut croire que tout le monde à envie de faire son shmup en ce moment. C’est le cas de Cyber Rhino Studios qui nous balance Gryphon Knight Epic, après avoir réussi sa campagne Kickstarter de dix-huit mille dollars. L’on y dirige Sir Oliver, un petit chevalier monté sur un Gryphon et armé de son arbalète, qui va essayer de découvrir ce qui ne tourne pas rond dans son royaume. Une belle excuse narrative pour traverser une poignée de niveaux et aller combattre quelques boss par la même occasion. Autant le dire tout de suite, le jeu est bourré de cinématiques qu’on apprendra vite à mettre de coté pour se concentrer sur l’action. Des pointes d’humour feront tout de même sourire les rares personnes qui auront le courage de laissé passer les interminables dialogues.

La mécanique qui semble tenir à cœur aux développeurs est celle de pouvoir changer à tout moment de direction. Concrètement on est dans un shmup à défilement horizontal et le joueur à la capacité de choisir s’il veut continuer d’avancer à droite ou revenir en arrière. Une simple pression d’un bouton suffira donc à tourner notre gryphon dans l’autre sens. Ceci aurait pu être intéressant, si seulement l’exploitation de cette capacité aurait été au rendez-vous. Ce qui n’est pas vraiment le cas. À de rares occasions on va être amené de rebrousser chemin, pour par exemple tirer sur des ennemis qui sont apparus derrière nous, mais en plus d’être marginal cela apporte un souci de lisibilité. Dès qu’on change de direction pour simplement tirer sur un adversaire et que par malheur on touche de trop près le bord de l’écran, et bien le défilement repart dans l’autre sens. Ce qui devient vite agaçant, notamment quand on se trouve dans une pluie de tirs.

Les boss sont parfois assez chouette

Les boss sont parfois assez chouette

Une finalité à rude épreuve

L’autre problème étant que la difficulté de Gryphon Knight Epic est très mal dosée. Chaque niveau est divisé en deux phases et il est possible de tomber sur des boss intermédiaires qui sont largement plus difficile que ceux de fin. On comprend assez rapidement qu’il faut investir dans un bon équipement. Chaque boss final nous lâche une arme secondaire qui draine de notre mana, et il sera possible d’acheter des potions de mana, de soins, de rage, et ainsi de suite. Pour s’offrir ses petits jouets, il est bien sûr nécessaire de gagner de l’argent en tuant le plus de bestioles possible. Chaque niveau aura trois niveaux de difficulté et donc plus d’argent à la clé si l’on opte pour le dernier. Les élixirs deviennent donc assez vite primordiale, mais on aura vite fait de se concentrer sur les améliorations de nos armes.

L’idée est donc de revenir sur les stages déjà parcourus pour augmenter notre richesse pécuniaire. Cela aurait pu représenter une évolution du personnage intéressante, en incitant le joueur à farmer dans le jeu. Malheureusement, devant l’absence totale d’un système de scoring, il y a fort à parier que les rares joueurs qui auraient pu se laisser convaincre n’auront pas envie de passer autant de temps sur le jeu. Après avoir terminé tous les niveaux, l’envie de continuer à jouer à Gryphon Knight Epic est plutôt maigre car il y a rien qui nous encourage à améliorer notre performance. Ce qui est dommage, car l’armement secondaire apporte vraiment un petit plus aux phases d’action qui dans l’ensemble souffrent parfois d’un manque d’intérêt, notamment à cause de leur lenteur. Dès qu’on commence à débloquer des tirs secondaires et des familiers, le jeu prend vraiment une tournure intéressante mais qui demande un trop gros investissement de temps. La plupart des joueurs n’en profiteront pas et lâcheront l’affaire bien avant.

Les décors sont assez bien fait dans l'ensemble

Les décors sont assez bien fait dans l’ensemble

Fait comme Lara

On faisait mention plus haut dans la critique de cette capacité à changer de direction. Probablement pour l’utiliser judicieusement, l’envie a été d’incorporer au jeu une notion d’exploration. Enfin, c’est un grand mot car cela va se résumer à devoir parfois choisir durant certaines scènes, de monter ou de descendre. En scrutant un peu le paysage on peut parfois découvrir des chemins alternatifs ou secrets très évidents (derrière une chute d’eau…) qui vont également déboucher sur un coffre ou une rune magique. Celle-ci offre au chevalier une nouvelle compétence, comme se déplacer plus rapidement ou pouvoir respirer sous l’eau, ce qui ouvrira de nouveaux passages. Parfois ces secrets sont plus originaux comme le niveau où il y aura des leviers à activer, puis il faudra revenir en arrière pour passer par une trappe. C’est un ajout intéressant, mais cela ne révolutionne en rien le monde du shmup. Au pire, c’est même totalement optionnel et on peut passer à coté et terminer le jeu sans n’y prêter aucune attention.

Ce qu’on peut laisser à Gryphon Knight Epic c’est d’essayer de nouvelles choses, même si elles ne sont pas vraiment toutes réussies. L’autre aspect sympathique c’est la direction artistique qui est véritablement propre à chaque monde. Chacun des huit niveaux à son  thème, ce qui comporte des monstres uniques et des décors qui ne sont jamais réutilisés. Certes, la piraterie et autres paysage nordique c’est un peu du déjà-vu, mais cela aura au moins le mérite d’être assez bien réalisé et mis en scène. Cela montre que le studio en charge avait vraiment l’ambition de nous pondre un jeu cohérent et qu’ils ont mis tout leur cœur à l’ouvrage. On aurait pourtant apprécié qu’un peu plus d’effort soit apporté aux finitions du jeu. En l’état, c’est un résultat qui ne fait pas peine à voir mais qui n’arrivera pas à se démarquer de la concurrence, qui peut se révéler assez féroce dans cette catégorie de jeux.

 

En conclusion

Ce n’est pas un mauvais jeu, il faut bien se le dire. Mais alors qu’on attendait de Gryphon Knight Epic une certaine pointe de folie et bien il faut admettre que celle-ci n’arrive jamais. De bonnes idées sont disséminées à droite et à gauche, mais leur mise en place est parfois un peu bancale et rarement bien utilisée. La marge de progression est vraiment très lente et il faut s’armer de patience pour vraiment exploiter le jeu à sa juste mesure. Et c’est là tout le problème, car la majorité des joueurs n’auront pas cette envie et se contentera de butiner un peu le jeu, pour repartir tout aussi vite.

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