Test – Hammerwatch : un dungeon crawler un peu trop rétro

La nostalgie semble être un excellent moteur de création pour les développeurs indépendants. Cela engendre parfois quelques bizarreries, mais bien souvent c’est aussi ce qui nous permet de replonger dans des genres un peu oublié, voire mise de coté avec le temps. Hammerwatch est clairement un de ces jeux puisque c’est ni plus ni moins qu’un Dungeon Crawler dont-il est question ici.

Tout dans la simplicité graphique

Si vous aimez les jeux en pixels, pas besoin de vous dire que vous allez être servis. Hammerwatch est un dungeon-crawler qui revendique allègrement ses origines venant tout droit des années 80. Pour autant ce serait médisant de notre part d’affirmer que tout est visuellement très simpliste. Cela reste du pixel mais il faut tout de même dire que le jeu de CrackShell est assez plaisant à l’œil. Il est évident que cela ne plaira pas à tout le monde, surtout à ceux qui ont la dent dure contre le pixel-art et souvent à raison, mais le partie pris visuel qui s’étale devant nous fait largement son œuvre pour le peu qu’on se laisse attraper par le concept du jeu.

Pas besoin de vous tracasser si vous ne comprenez rien à l’histoire d’Hammerwatch puisqu’il n’y en a tout simplement pas. On démarre avec le choix du niveau de difficulté, ainsi que celle de notre classe parmi sept de disponibles. Rien de perturbant dans la mesure où le choix est d’un classicisme absolu, avec un paladin, magicien ou autre archer. C’est surtout leurs aptitudes qui seront déterminante et qui détermineront ce que vous avez envie de jouer. Sachant que certaines classes seront forcément plus appropriées aux débutants. Mais dans les faits cela n’a pas une grande incidence car il suffira d’une ou deux parties pour vraiment voir que les classes de distance ou de soins ont un énorme avantage sur la durée.

Le gameplay est un peu trop classique

On avance et c’est un peu près tout

Ensuite dès les premières 5 minutes suivante vous allez comprendre ce qu’on attend de vous, et qui sera votre quotidien jusqu’à la fin de la campagne. Il faudra arpenter les étages du donjon, en explorant les couloirs qui s’ouvrent devant vous, à la recherche d’une clé ou d’un bouton poussoir sur un mur qui permettra de débloquer le chemin dans un autre couloir. Notre parcours sera cependant parfois parsemé de quelques embuches, comme des pics (quelle incroyable invention ces choses là!), mais aussi des dalles de couleurs sur lesquelles il faudra marcher dessus dans le bon ordre.

Bien qu’arborant un gameplay très arcade, Hammerwatch n’est pas un jeu très amusant il faut bien l’avouer. La répétitivité de l’action n’est en soi pas un gros problème car c’est un peu le genre du dungeon-crawler qui veut ça. Il est possible à quelques moments de faire évoluer notre personnage en achetant des améliorations dans les boutiques cachés un peu partout, mais même là cela ne rend pas notre progression plus dynamique pour autant. Il est toujours question d’avancer en faisant exploser tous les monstres qui s’approchent trop près de nous et c’est à peu de chose près la seule action qu’on fera. Les bestioles sont heureusement nombreuse et relativement varié, avec parfois des boss assez costaud, mais cela ne nous empêche pas d’être rapidement pris par un gros sentiment de lassitude.

Dommage que le donjon soit tout le temps le même

Toujours la même chose

L’exploration du donjon est donc le principal attrait d’Hammerwatch, mais malgré ces deux campagnes et son mode de survie, il devient presque pénible de vouloir s’y lancer plus que quelques parties. La faute première en revient à un donjon qui ne change jamais. Ne compter par sur une génération procédurale du donjon, il faudra toujours vous coltiner le même agencement de couloirs, de portes et de piège. Et cela peut importer la classe avec laquelle vous allez commencer. Toutes vos parties vont se ressembler et cela deviendra d’autant plus agaçant que la carte pour se repérer dans ce dédale est très mal agencée. Celle-ci s’ouvre en transparence en plein écran et masque complètement notre vision de notre personnage ou des alentours.

Le seul intérêt d’Hammerwatch aurait pu être sa version PC qui intègre un éditeur de niveau, mais qui est malheureusement absent des versions consoles. Au mieux on peut se satisfaire d’un multijoueur en local jusqu’à quatre, mais encore faut-il avec des amis qui ont la même envie que vous, celle de se plonger dans un jeu qui manque cruellement d’intérêt. Et pourtant les différentes classes qui nous sont proposés ont vraiment des compétences qui se marient à merveille entre elles. Les soigneurs prennent une place prépondérante, tandis que les archers ou les mages peuvent faire le ménage à distance pendant que le paladin s’amuse dans la mêlée. Mais c’est là juste l’impression de départ, car on se rend alors encore une fois à l’évidence que l’ensemble manque de diversité. Avec seulement une attaque de base et un pouvoir spécial, on en fait vite le tour. Et même en faisant l’effort d’acheter quelques capacités supplémentaires si l’on tombe par miracle sur une boutique, cela n’y change pas grand-chose au final.

 

En conclusion

Partant d’une bonne idée Hammerwatch n’arrive pas vraiment à concrétiser son envie de proposer un dungeon crawler dynamique. Les premières minutes sont sympathiques mais notre enthousiasme s’effilochent tout aussi vite des qu’on comprend que notre seule tâche sera d’appuyer sur deux boutons et de courir après des clés de couleurs, dans le seul but d’ouvrir la prochaine porte. Le manque d’intérêt peut partiellement être résolu en se jetant à plusieurs dans l’aventure, mais même dans ce cas précis le manque d’équilibre des classes et la répétitivité de l’action vient rapidement nous rattraper, histoire de nous rappeler que l’ensemble manque vraiment de dynamisme et d’intérêt sur le long terme.

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