Test – Kinect Sports Rivals

Bien qu’elle ait commencé à s’installer dans nos foyers depuis quelques mois, la nouvelle génération de consoles doit encore faire ses preuves. C’est le cas notamment pour un périphérique qui nous fait miroiter de belles promesses, le fameux Kinect de la Xbox One, mais qui n’a pour l’instant rien eu de très concret à nous présenter. C’est donc tout naturellement qu’on attendait le premier ambassadeur de cette technologie. Après s’être fait un peu attendre, Kinect Sports Rivals vient donc à nous pour qu’on puisse savourer les joies de faire du sport au milieu de son salon.

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Du sport au bout des orteils

Il est bien loin le temps où RARE développait pour la firme du plombier. Suite à son rachat en 2002, le studio s’est vite démarqué de ses anciennes licences, pour se concentrer sur celles de Microsoft. Notamment en se spécialisant sur l’utilisation de Kinect, au travers de la série de jeux Kinect Sports. Et c’est justement ce dont-il s’agit ici, avec sa nouvelle itération sur Xbox One. Comme souvent, il n’est pas évident d’aborder un jeu tel que Kinect Sports Rivals, car ce dernier est à cheval entre la compilation de sport et le party-game. Bien qu’il faille un peu relativiser la chose, dans la mesure où le titre est uniquement jouable à deux joueurs en écran splitté. Ce manque est palier par la tentative d’offrir des fonctionnalités en ligne, par le Kinect Sports Rivals HUB, une application secondaire qui permet de partager des photos avec nos amis, notre champion ou encore de participer à des défis. Pas de quoi fouetter un chat, mais qui apporte tout de même une dimension sociale au jeu, avec l’opportunité de comparer nos meilleurs scores dans les classements du monde entier.

Avant de vous prendre pour un grand athlète, encore faut-il créer un alter ego qui vous accompagnera tout au long de votre périple. Pour se faire on utilise directement la reconnaissance faciale de Kinect, pour scanner notre apparence physique. Après une petite séance de contortionnements, le périphérique tente de nous façonner un visage ressemblant, du moins si l’on ne s’égare pas trop sur les détails. Heureusement il reste encore possible de le modifier par après, si le résultat ne nous convient pas. C’est à partir de là qu’on entre dans le vif du sujet, avec l’apparition d’un coach qui nous fait vite comprendre dans quoi on met les pieds. Et on ne parle pas de son discours sur le sérieux du sport, mais plutôt de son doublage français complètement à la ramasse. En n’oubliant pas de mentionner une synchronisation labiale totalement absente. Les acteurs manquent tellement de conviction, que cela en devient presque drôle sur la longueur. Une bonne mise en bouche si l‘on oserait dire, même si finalement cela n’impactera que l’ambiance du jeu

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Par la force de la voix

Après tout, qui s’intéresse aux cinématiques d’un jeu de sport, quand ceux-ci tentent vainement de soutenir un semblant de trame scénaristique. Une vague histoire de clans qui se crêpent le chignon pour savoir lequel est le plus performant et qui tentent de nous convaincre de rejoindre leurs rangs. Au final cela n’avance guère à grand-chose, car en mettant tout ça vite de coté, il s’agit bêtement de s’adonner à une succession d’épreuves réparties dans six disciplines. Une tentative d’enrobage dont-on se serait bien passé. Surtout quand on est déjà accablé par une navigation dans les menus qui nous fait vite frôler la crise de nerfs. Pourtant ce n’est pas le manque de précision du nouveau Kinect qui est à remettre en cause, qui au demeurant est très bonne, mais la trop grande réactivité de l’interface. La simple envie de vouloir faire défiler le menu de manière horizontale devient une vraie plaie. Celui-ci est trop rapide et il arrive souvent qu’on rate d’une ou deux cases l’endroit qu’on souhaitait sélectionner. Le bilan à en tirer, c’est qu’on finit vite par revenir à l’utilisation d’une bonne vieille manette, voire de la reconnaissance vocale qui fonctionne admirablement bien.

Pour s’attarder un peu sur les six disciplines disponibles dans Kinect Sports Rivals, car il faut bien le faire après tout, on ne va pas spécialement vous décrire le fonctionnement de chacune d’entre elles. Pour la bonne et simple raison qu’elles sont toutes très accessibles et facile à prendre en mains. Pour le foot il suffit par exemple de donner des coups de pieds ou de bouger des mains pour jouer au gardien de but, comme dans le bowling où il suffit de mimer le lancer de votre boule vers l’avant. Même votre grand-mère pourra y être initiée et elle comprendra sans grand difficulté comment y jouer. Sur ce plan là, il faut reconnaître à RARE un grand savoir faire, car la reconnaissance des mouvements est pratiquement irréprochable. On note quelques lacunes durant des conditions peu favorable, comme des personnes qui passent devant l’écran ou le fait de porter des vêtements trop sombres. Il y a également de petits égarements durant certains jeux, notamment le Tennis ou le jeu de tir, avec des imprécisions ou une latence parfois frustrantes, mais dans l’ensemble cela fonctionne assez bien et il y a finalement peu de choses à reprocher au jeu sur ce point là.

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Du bonheur avec du vide

Car le point sur lequel notre critique sera bien plus acerbe et moins conciliante c’est notamment sur son manque flagrant de contenu. Parce que six épreuves sportives c’est bien beau, mais quand leur intérêt est plus que fluctuante cela blesse un peu. Celles qui sortent assurément du lot c’est le scooter des mers et le tennis, qui offrent de très bonnes sensations et possèdent une bonne marge de progression. Mais dans la catégorie du déjà bien moins passionnant, c’est l’escalade qui prend une bonne place, suivi de près par le bowling. Deux disciplines qui restent intéressantes à leur manière mais qui proposent finalement des interactions beaucoup trop limitées. C’est le cas notamment du tir sur cible qui demande bêtement de pointer votre doigt dans la bonne direction sur votre écran. Et qui à l’exemple du foot propose une jouabilité vraiment trop simple, voire décevante. Globalement, en essayant au moins une fois chaque sport, vous avez déjà vu tout ce que Kinect Sports aura à vous offrir. En dehors d’une difficulté qui progresse avec votre prise d’expérience, les environnements ne changeront pas. Le tracé de la course peut parfois changer, comme dans le scooter des mers ou l’escalade, mais le tout se déroule toujours dans le même lieu.

Ce qui est relativement dommage, car malgré ça, le jeu n’est pas des plus désagréable à l’œil. Rien de sublime mais assez plaisant pour qu’on puisse y passer un bon moment. En fonction de notre avancé de nouveaux défis se débloquent au fur à mesure, mais cela équivaut à presque tout le temps faire la même chose, avec simplement des adversaires un peu plus doué. Il reste toujours la possibilité de développer notre athlète, en achetant des tenues ou de nouvelles pièces d’équipement. Comme des raquettes, des pistolets et autres scooter, nous octroyant ainsi de nouveaux bonus. Mais même sur ce point là, Kinect Sports Rivals peine à nous convaincre. Pas besoin d’une boule de cristal pour présumer que le contenu sera étoffé sur la longueur à grand coups de DLC. Mais dans les faits, on juge un jeu dans son état final et non pas sur ce qu’il pourrait être dans plusieurs mois. En restant dans ce contexte, on se retrouve donc avec un produit divertissant le temps de quelques parties, mais qui montre assez rapidement ses limites. Ce qui est plutôt désolant, car en laissant de coté le semblant de campagne totalement inutile et les faiblesses de certaines disciplines, Kinect Sports Rivals aurait largement eu de quoi se montrer à la hauteur.

 

En conclusion

Une lueur d’espoir aurait pu transparaître à l’horizon pour Kinect Sports Rivals, avec une utilisation de Kinect qui à la surprise générale ne souffre pas de grands défauts. Certaines épreuves sont même très amusantes, comme le Tennis, mais ce qu’on reproche surtout au jeu c’est de ne pas proposer un contenu assez ample. Car il est bien beau de penser qu’il s’agit d’une compilation de jeux qu’on sortira de temps en temps pour s’amuser, mais quand rien ne nous donne vraiment envie d’y retourner, c’est qu’il y a un problème quelque part. Tout juste honnête, la production de RARE est typiquement le type de jeu qu’on achètera un peu plus tard dans les bacs de promotion, pour remplir sa ludothèque d’un titre sympathique, mais qu’on évitera fortement de se procurer au prix fort.

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