Test – Mark of the Ninja

Depuis son annonce en ce début d’année et une mise en avant durant l’E3 2012, Mark of the Ninja s’est fait plutôt discret, mais a tout de même réussi à attiser notre curiosité. Il faut dire que le mélange entre un jeu de plate-formes et d’infiltration n’a rien de très banal, surtout quand on sait que ce sont les développeurs de la série de Shank qui sont derrière le titre. Quand Klei Entertainment nous propose de sortir notre Katana et le pyjama noir, on ne va pas s’en priver.

La furtivité du plus fort

Quand l’honneur de notre clan est sur la sellette à cause d’une organisation de mercenaire, quoi de mieux que de désigner un champion pour assurer la réussite de notre vengeance ? C’est en tout cas ce qui arrive à notre Ninja, qui va devoir passer par une phase de souffrance, pour s’affubler d’un tatouage mystique qui va lui convier une grande puissance. Le prix à payer est toutefois très lourd, car une fois sa mission réussi, celui-ci devra renoncer et mettre fin à sa vie car autrement il risque de céder à la folie. Un doute plane donc sur le bien fondé de nos agissements, mais cela ne devra pas nous empêcher de mettre tous nos outils à profit pour arriver à nos fins. Bien entendu, notre personnage possède tout l’attirail du parfait petit ninja : un grappin, des couteaux de lancé, des fumigènes ou encore un Katana. Ce n’est là qu’une fraction de l’équipement qui se débloquera durant notre périple. Car si Mark of the Ninja se présente comme un jeu de plate-formes, c’est avant tout l’aspect infiltration qui est mise en avant. La discrétion restera notre meilleure arme et il vaut mieux ne pas négliger ce paramètre, sous peine de vite se retrouver agonisant dans un coin et criblé de balles.

C’est là que Mark of the Ninja dévoile toute son ingéniosité, car pour survivre face aux gardes hostiles, il va falloir éviter de s’exposer et se cacher dans la pénombre. La patte graphique pourrait au prime abord paraitre un peu austère, avec ses tons de noir et de gris, mais c’est justement pour mettre en valeur ce jeu avec la lumière. Les zones éclairées sont ainsi misent en évidence et facilement identifiable. On peut donc avec aisance utiliser les cachettes pour se mouvoir derrière les gardes, qui ne se gênent pas d’être équipé avec des lampes de poche. Cela rajoute au plaisir de passer dans leur dos pour les exécuter furtivement, surtout qu’on ne manquera pas d’utiliser leur cadavre pour terroriser les autres gardiens aux alentours. Même si on a toujours l’alternative de cacher les corps dans un trou ou dans un une benne à ordures pour ne pas prendre le risque d’être découvert. La fourberie n’a pas de prix et on prend l’avantage comme on peut. Le bruit est également un facteur déterminant et il vaut mieux éviter d’en produire si on veut pouvoir se faufiler discrètement. Heureusement, une aide est implantée pour aider le joueur dans cette tâche. Chaque son émet un écho sous forme d’effet visuel en forme de cercle, ce qui permet de déterminer si un garde est capable de nous entendre ou non. On peut d’ailleurs utiliser cela à notre avantage, afin de produire une diversion en détruisant une lampe ou en effrayant un corbeau, cela afin de distraire les gardes qui ne manqueront pas de venir voir ce qui se trame à cet endroit. Il est ainsi plus facile de les contourner en utilisant les bouches d’aération, sans avoir besoin de les combattre.

Bien appréhender son environnement est d’ailleurs une nécessité, car si on peut compter sur notre arsenal pour avancer, nos compétences joueront également un grand rôle. L’escalade des murs est un atout non négligeable et permettra de passer par des passages en hauteur ou de scruter le chemin à partir d’une corniche. En effet, notre ninja aura beau avoir des pouvoirs surnaturelles, pour autant cela ne lui octroie pas une vision à travers les parois. Il est seulement capable de voir ce qui se trouve devant lui et il faut donc ruser pour connaitre les chemins de ronde des gardes. Mais cela ne suffit pas toujours et l’utilisation judicieuse d’un pétard ou d’un fumigène comme distraction est souvent ce qui détermine la mince frontière entre votre vie et votre mort. Qu’on se rassure, car le « Die & Retry » fait partie intégrante du jeu et les check points assez fréquent pour ne pas se sentir trop frustré. Si les adversaires n’évoluent que très peu, la structure des niveaux et les pièges offrent assez de diversité pour qu’on n’ait pas tout le temps l’impression d’affronter les mêmes situations. Le gameplay s’affine au fil de l’aventure, grâce à de nouveaux gadgets qui viennent agrémenter notre équipement, ce qui ouvre encore plus de possibilités et de stratégies pour gérer les circonstances imprévues qu’on sera amené à rencontrer. En revanche, un tel peaufinement n’a pas totalement été accordé à l’intelligence artificielle qui souffre parfois de quelques lacunes, ainsi que certains placements de caméra parfois à notre désavantage durant les alertes. Il peut par exemple arriver qu’un garde nous découvre et reste planter devant nous sans réagir, jusqu’au moment où l’on décide de bouger. Des imperfections qui ne sont pas pénalisantes et qui ne se produisent que rarement, mais qu’il est dommage d’apercevoir dans un jeu où l’on sent que chaque détail à été calibré avec un soin tout particulier.

 

Les voies du Ninja

La vie d’un Ninja est souvent semée d’embûches en tout genre et dans Mark of the Ninja on ne déroge pas à cette règle. Les pièges sont légion et il faudra parfois s’armer de patiente pour en venir à bout. Que cela soit des piques, des fléchettes empoisonnées ou un attirail plus moderne avec les sentinelles et les lasers, mieux vaut éviter tout ce joli monde si on veut rester en un seul morceau. En l’occurrence la construction des niveaux est faite de manière à ce qu’il y ait presque toujours plusieurs chemins alternatifs pour arriver à notre but. On pourra parfois reprocher à la douzaine de niveaux de ne pas toujours avoir une structure très logique, mais c’est aussi l’occasion de partir en exploration pour trouver tous les secrets qui nous attendent sagement. Les tableaux recellent de recoins et de salles qu’il faut minutieusement fouiller si on souhaite dénicher tous les parchemins secrets et les défis qui y sont liés, ainsi que les artefacts qui se révèlent être une précieuse source de points. Car chacune de nos actions ou mise à mort nous fait gagner un certain nombre de points qui se cumulent en fin de niveau. Trois paliers sont à atteindre, pour nous permettre de gagner des médailles d’honneur qui pourront être investie dans des compétences ou de l’équipement. L’autre manière d’en gagner sera notamment de remplir des objectifs secondaires, qui d’ailleurs ne manquent pas d’être parfois un peu farfelue. Comme celui où il faut se faire renifler par tous les chiens d’un niveau par exemple. Une belle manière de rallonger la durée de vie, tout en incitant le joueur à revenir sur ses pas, dans l’optique où il aurait oublié quelque chose derrière lui.

Le virage de style pris par Klei Entertainment à de quoi surprendre, spécialement après une série comme Shank où l’action et l’hémoglobine coulaient à flot. Et pourtant Mark of the Ninja est un mixte improbable qui fonctionne à merveille. L’aspect plate-formes arrive à se renouveler avec brio, tandis que l’infiltration, le nerf principal du gameplay, est pratiquement maitrisé de bout en bout. On pourra regretter quelques défauts, comme un scénario qui nous laisse sur notre fin et une monotonie dans les décors, mais l’ambiance graphique rattrape entièrement la donne, avec un arrière plan et des effets de lumière à couper le souffle. Son contenu conséquent à de quoi nous tenir en haleine pendant environ sept à huit heures, sans compter le new game + qui ouvre ses portes après un premier passage dans l’aventure, avec un challenge et une difficulté bien plus corsé à cause de l’absence des aides visuelles.

 

Conclusion

Avec Mark of the Ninja, Klei Entertainment a réussi à nous surprendre et à s’imposer dans un genre dans lequel on ne les attendait pas du tout. La magie de l’infiltration en 2D fonctionne à merveille, notamment grâce à un gameplay enrichi par des idées vraiment bien trouvées. La gestion du bruit et de la lumière impose au joueur de revoir constamment sa manière de jouer en fonction des évènements, tout en lui proposant de s’adapter à sa guise avec l’aide des capacités de notre héros. Sans être exempt de défauts mineurs, Mark of the Ninja arrive à nous séduire et à nous plonger dans son univers le temps d’une dizaine d’heures. Nos 1200 points n’ont jamais été aussi bien investis et on en redemande.

 

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  1. […] jouabilité. Et si vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours jeter un coup d’œil à notre critique du jeu. L’accueil fut d’une telle ampleur, que Klei Entertainment ne pouvait pas en rester là et […]

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