Test – Monkey Pirates

Bien qu’ayant fait émerger quelques pépites en son temps, le Wiiware était surtout réputé pour être une plate-forme de téléchargement aux conditions d’édition très restrictives. Heureusement, Nintendo apprend de ses erreurs et commence enfin à proposer un service digne de ce nom. Bien loin des tourments dont semble affubler les ventes de la Wii U, l’eShop de cette dernière est bel et bien sur le point de devenir un lieu de rendez-vous paradisiaque pour les développeurs indépendants. Que ce soit de simples portages ou des exclusivités temporaires, il est toujours intéressant de découvrir ce que nous réserves ces jeux. Et cela tombe bien, c’est justement pour ça qu’on s’intéresse aujourd’hui à Monkey Pirates.

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Hissez Ho !

La première chose à savoir en abordant Monkey Pirates, c’est qu’il vaut mieux ne pas y chercher un jeu pour remplir vos soirées en solitaire, car vous risqueriez d’être amèrement déçu. Dès le menu de démarrage on comprend assez vite que le titre d’Henchmen Studio est assurément conçu pour le multijoueur. Et dans le cas peu probable où vous en douteriez encore, il vous suffira de faire un tour dans la case des défis pour tomber sur les quatre uniques épreuves proposées, pour en être complètement convaincu. Demandant principalement d’accomplir des actions de bases dans un temps donné (dérapage, tir de précision, etc), ces défis serviront principalement de complément au tutoriel. Mais aussi fourni soit-il, avec plus de onze pages à lire et un mode pour vous apprendre les bases étape par étape, il y a fort à parier que la majorité des joueurs préféreront se lancer directement dans le mode principal du jeu.

Car malgré tous les beaux conseils du monde, il n’est jamais mieux que d’apprendre à la dur et par soi-même. Bon en faite, c’est surtout que Monkey Pirates n’est foncièrement pas très difficile à prendre en main et c’est sûrement sa plus grande qualité. Les développeurs ont privilégié une vue de dessus, afin d’avoir toute l’arène de combat sous les yeux. La base du jeu et qu’il faut vite apprendre à maîtriser, au point de devenir un atout de taille, c’est de comprendre que notre petit bateau se dirige à la force du vent. Pour se faire, il faudra simplement s’orienter avec la boussole représentée par un cercle autour de notre navire et qui nous indique la direction du vent. Le vert étant les bourrasques les plus fortes, tandis que si l’on se tourne vers le rouge on sera irrémédiablement à l’arrêt. Cela pourrait paraître d’emblé un poil complique et pourtant, il faut avouer qu’on s’habitue très vite à cette mécanique.

A cela se rajoute la possibilité de tirer, ainsi que de pouvoir jeter l’ancre à tout moment pour effectuer un dérapage contrôlé. Des actions basiques qui deviendront vite primordiales durant les joutes maritimes. Car comme énumérer auparavant, le nerf central de Monkey Pirates est de se mesurer à d’autres adversaires. Dans le meilleur des mondes il vous sera possible d’inviter jusqu’à quatre joueurs, mais il vous sera aussi possible de les remplacer par une IA de fortune. Un palliatif qu’on vous conseil fortement d’éviter, déjà car vous risquez de passer à coté de tout l’intérêt du jeu, mais aussi car l’intelligence artificielle comporte de grosses lacunes qui deviennent vite rébarbatif. Surtout qu’en l’absence d’un mode en ligne, c’est toujours plus amusant d’avoir vos amis autour de vous et de jouer dans la même pièce.

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Branle-bas de combat !

Le versus est donc l’endroit où vous allez passer le plus clair de votre temps. Vous aurez en premier lien à sélectionner votre capitaine parmi un choix de quatre personnages, chacun ayant un avantage qui lui est propre (maniabilité, vitesse, porté des canons ou vitesse de tir). Ensuite il faudra faire le choix d’une feinte, une sorte de capacité passive qui nous accompagnera durant toute la partie. On pourra ainsi être immunisé à certains projectiles, lâcher une mine à notre mort ou encore voler les bonus d’un adversaire si on le percute. Une dizaine de compétences qui peuvent parfois se montrer déterminante pour le déroulement d’un combat et qu’on choisira assez judicieusement. En plus de ça, il sera possible durant les parties de ramasser des bonus symboliser par des caisses sur le terrain. Un procédé assez classique mais qui fonctionne toujours aussi bien. Chaque joueur pourra ainsi stocker un bonus offensif rouge et un autre défensif symbolisé par la couleur verte. En plus de pouvoir tirer plus dd boulet ou d’avoir une accélération passagère, il y également des bonus bleus qui impacteront directement tous les autres joueurs. Encore une fois, rien d’extraordinaire à noté de ce coté là, avec l’opportunité d’inverser les commandes ou de ralentir vos concurrents.

En définitive, même si Monkey Pirates se montre comme une belle démonstration de ce que la Wii U peut offrir en terme de multijoueur, on aurait tout de même aimé en avoir un peu plus. Notamment sur l’intégration du GamePad qui n’est rien de plus qu’un simple gimmick. Le plus choquant étant surtout de ne pas pouvoir l’utiliser de manière nomade sans l’écran de télévision. Certes, il est tout de même possible de s’en servir pour inviter un cinquième joueur durant nos parties, qui devra remplir certains objectifs. Il pourra ainsi interférer dans le déroulement d’une partie en favorisant certains joueurs avec des bonus, au détriment des autres. Une plaisante fonctionnalité mais qui montre vite ses limites et dans lequel on sent que les développeurs sont potentiellement passé à coté de quelque chose. On imagine allègrement ce que cela aurait pu donner si le cinquième larron aurait eu un peu plus de pouvoir sur les autres.

Fondamentalement, Monkey Pirates n’a pas pour prétention de se lancer dans l’originalité à outrance. En témoigne les différents modes que propose le versus, comme le désormais classique et incontournable deathmatch, la capture de drapeau ou encore la chasse aux bananes. Pas de quoi crier au scandale non plus, puisque cela fonctionne admirablement bien. Les plus pointilleux pourront cependant reproché au jeu d’être parfois un peu trop brouillon, notamment durant les affrontements mettant en scène quatre joueurs. Cela part souvent dans tous les sens et il n’est pas toujours évident de s’y retrouver, notamment quand notre bateau apparait de manière aléatoire après une mort. Un joyeux capharnaüm dans lequel on apprend vite à se débrouiller, au point d’y prendre plaisir. On découvre ainsi des subtilités qu’on ne soupçonnait même pas et qui permettent d’élaborer des stratégies d’attaques assez variées.

 

En conclusion

Monkey Pirates fait indéniablement partie de cette catégorie de jeux dont l’unique ambition est de proposer un divertissement à la hauteur. Et malgré son contenu solo résolument très maigre et ses quelques égarements de conception, notamment sur l’intégration des fonctionnalités du GamePad, on peut dire que le cahier des charges est allègrement rempli. C’est typiquement le genre de jeu qu’on réserve à une petite soirée entre amis, celui qu’on sort de temps à autre pour se fendre la poire en bonne compagnie. La recette est très classique et ne révolutionnera pas le monde vidéoludique, mais ce n’est pas non plus ce qu’on attend d’une telle production. On s’amuse en y jouant et on passe un bon moment, c’est tout ce qui compte.

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