Test – Naughty Bear : Panic in Paradise

Bien qu’arborant un concept surprenant, avec l’idée de massacrer des ours en peluche par dizaine, Naughty Bear n’a pas vraiment réussi à nous convaincre lors de sa sortie en 2010. Pourtant, l’éditeur 505 Games décide de lui donner une seconde chance, avec cette fois une déclinaison dématérialisée et qui devrait avoir corrigé les défauts de son prédécesseur : Naughty Bear : Panic in Paradise. Du moins c’est la promesse sur le papier, mais on sait pertinemment que la réalité est souvent très différente.

Mais pourquoi est-il si méchant ?

On ne peut pas vraiment parler de scénario dans Naughty Bear : Panic in Paradise, celui-ci faisant surtout office de prétexte à défourailler des gentils nounours. Nos boules de poils rembourrées n’ont que peu de compassion pour notre ami Naughty et profite de chaque occasion pour lui faire comprendre. Au point que ce dernier commence vraiment à broyer du noir. Et quand tout le monde part en vacance sur une ile paradisiaque, c’est l’occasion toute trouvée pour se lancer dans une folie meurtrière. Le manque d’imagination ne lui fait pas défaut et tout ce qui pourra lui tomber dans la main servira à sa démence, pour estropier et tuer ses homologues en peluche.

Naughty Bear premier du nom était basé sur une série de mission dans lesquelles étaient implantées certaines restrictions, comme ne pas se servir de ses points ou encore se faire repérer. Dans Panic in Paradise, le fondement du gameplay n’a pas grandement changé, mais chaque niveau se transforme à présent comme une mission d’assassinat où il faut tuer une cible bien précise et dans des conditions bien distinctes. Comme par exemple se débarrasser du botaniste avec l’aide de sa dernière création : une plante mangeuse d’ours. On regrettera pourtant que les instructions ne soient pas toujours très claires, au point de ne pas toujours savoir ce qu’on attend de nous. Terminer l’objectif principal est la condition pour débloquer les tableaux suivants, mais il est bien entendu possible de semer la pagaille sur son passage et c’est même recommandé.

Naughty Bear : Panic in Paradise screenshot

Une vraie boucherie

Notre tueur chevronné sait que son environnement est sa meilleure arme pour effrayer ses congénères. Pendant que tout monde vaque à leurs occupations, il est bon de se cacher dans les hautes herbes pour être à l’abri des regards et saisir la bonne opportunité qui se présenterait à nous. Les possibilités sont multiples, comme se servir d’une pioche ou un bâton qui traine dans le coin pour attaquer quelqu’un. Voir en sabotant un appareil du décor comme les barbecues, les téléphones ou les toilettes pour s’en prendre ensuite au malheureux qui essaierait vainement de le réparer. Tous les moyens sont bons pour semer la panique et il est même possible de jouer avec les nerfs de nos petits oursons, en poussant des rugissements pour les terrifier. L’idée étant de les pousser à bout, pour voir tout le monde pris de panique et commencé à courir dans tous les sens.

L’intérêt étant de faire le plus de points possible et chaque découverte de cadavre, assassinat ou ours blessé qui tente lamentablement de s’enfuir, sera une raison de plus pour les autres de s’adonner encore un peu plus vers la folie, puis au suicide. Leur comportement face à leur meurtrier peut différer selon l’individu et il faut donc s’attendre à rencontrer une certaine résistance. Le mieux étant alors de se faire discret, en endossant l’accoutrement d’un ours qu’on aura préalablement trucidé. Cela aura pour effet de débloquer les accessoires et vêtements qui pourront être utilisés pour personnaliser Naughty avant chaque niveau. Certaines combinaisons peuvent ainsi servir à tromper les habitants de l’ile, afin de parfois profiter des différentes factions (Flic, loubard, ninja, alien, etc) en les retournant les uns contre les autres. Une nouveauté intéressante, mais les conditions sont rarement réunies pour en tirer un quelconque avantage, et finalement on laissera promptement cette option de coté.

  

Pas si fourbe que ça

Le contexte de Naughty Bear se prête à merveille au second degré, avec un humour qui s’approprie même les animations de mise à mort. Empoigner la tête d’un ours pour le noyer dans les toilettes ou le faire cuire sur un feu de camp, cela prête facilement à sourire. C’est en tout cas les impressions qui nous gagnent durant les premières heures, mais qui s’estompent assez vite quand on entre un peu plus dans les méandres du jeu. Ce qui au début s’annonce comme un grand défouloir montre vite ses limites et laisse petit à petit place à un grand vide. Le tout peine à se renouveler et ce qui nous paraissait amusant finit immanquablement par nous lasser. Bien entendu, la redondance des objectifs à accomplir et la forte réutilisation des mêmes niveaux qu’on nous fait parcourir en boucle, n’aident pas à tarir ce sentiment.

Ce qui aurait pu paraitre comme un contenu un peu plus peaufiné, ce montre comme un cache misère quand on prend en compte toute la répétitivité du gameplay. Il y avait pourtant matière à faire, comme l’évolution du personnage avec une prise d’expérience qui ne sert pas à grand-chose, hormis à monter quelques caractéristiques. Y mettre quelques compétences à débloquer aurait pu captiver notre attention un peu plus longtemps sur le long terme. Les plus acharnés chercheront certainement à collectionner et maitriser toutes les armes ou encore réussir les meilleurs scores dans les niveaux, mais il est fort à parier que cela ne réussira pas à satisfaire la grande majorité des joueurs. Ce qui aurait pu paraitre comme un jeu sympathique, se révèle tout juste honnête et nous laisse sur notre faim assez rapidement.

 

En conclusion

Entrer dans la peau d’un tueur en série et trucider des dizaines d’ours en peluche pouvait paraitre alléchant, mais si Naughty Bear : Panic in Paradise partait sur de bonnes intentions il faut admettre que l’enveloppe ne fait pas tout. L’humour noir et son contenu font rapidement place à une lassitude déconcertante, au point qu’on en vient à se demander ce qui a pu nous séduire durant les premières heures de jeu. Il aurait pourtant suffit de pas grand-chose pour capter notre intérêt jusqu’au bout, mais en l’état on ne peut qu’être déçu du résultat. Ce qui aurait pu donner un bon petit jeu finit par s’enliser dans une routine d’allers-retours et de répétitivité qui gâche complètement l’expérience. Dommage.

 

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