Test – Party Hard : quand un assassin vous fait votre fête

Il n’est pas rare qu’un petit studio participe à une game jam et qu’ensuite leur concept soit porté un peu plus, afin d’en sortir un jeu à part entière et qui se retrouve ensuite commercialisé. Mais bon voilà, même si c’est le chemin qu’a pu suivre Party Hard, cela n’en fait pas forcément un bon jeu pour autant. Même si la vision d’incarner un assassin durant sa vengeance contre des voisins trop bruyant pourrait laissée paraître le contraire. C’est en tout cas l’idée.

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L’ombre dans la nuit

Le cheminement de Party Hard est sensiblement toujours le même, puisqu’on dirige un personnage dans un niveau en 2D, avec une vue de dessus. Le but va être d’éliminer tous les participants d’une fête et cela sans se faire attraper. Description relativement simple pour un jeu qui l’est tout autant. Car même si l’on essaye de nous vendre Party Hard comme étant une production qui intègre des notions d’infiltration, dans les faits c’est loin d’être véritablement le cas. Notre assassin devra en effet faire preuve de discrétion pour éliminer ses cibles et il pourra même de temps à autre revêtir un déguisement pour se faire oublier, mais cela s’arrête là. Même s’il faudra éviter de se faire repérer, sous peine d’avoir des policiers à nos trousses, on se rend vite à l’évidence que les choses ne se déroulement que rarement en finesse.

On s’imagine déjà en train de jouer avec la vie des protagonistes, en se cachant et en faisant notre petite besogne en silence, tout en éliminant tout le monde l’un après l’autre. En réalité, il sera possible de tuer une personne isolée avec un coup de poignard, mais avec parfois une cinquantaine de convives, c’est pas du tout envisageable. La solution est donc rapidement d’utiliser les interactions avec le décor pour créer des pièges et qui nous débarrasseront de plusieurs individus en même temps. Mais c’est là que les problèmes commencent, car même si cela peut paraître amusant d’empoisonner le baril de bière ou d’enclencher une voiture pour qu’elle fonce dans un groupe en train de danser, on comprend vite que le nombre d’interactions qui nous est proposé est très limité.

C’est un sentiment qui s’installe à partir de quelques niveaux seulement, sachant qu’on met plusieurs minutes à venir à bout d’un seul d’entre eux. Et quand on sait qu’il suffit d’un rien pour raté un tableau, autant dire que la frustration s’invite assez rapidement. La boucle de gameplay est pratiquement tout le temps la même, on enclenche tous les pièges et on évite de se faire remarquer par les flics et pompiers qui arpentent la zone, tandis qu’on tue au compte-goutte le plus de monde possible sans se faire repérer. Même si l’on est pourchasser par un policier, il reste la possibilité de s’enfuir afin qu’il nous lâche au bout de quelques instants. Mais notre chemin de fuite sera alors condamner et les forces de l’ordre seront plus tenaces la prochaine fois.

La "scène de crime" est souvent bien trop ouverte

La “scène de crime” est souvent bien trop ouverte

Où est le fun dans tout ça ?

L’idée de base qui entoure Party Hard est intéressante, surtout que le jeu tente de proposer des contextes différents, avec des niveaux sur un bateau ou dans une ferme par exemple, mais cela suit pratiquement toujours le même schéma. Notamment qu’il y a souvent une scène centrale autour de laquelle s’affaire plusieurs personnes et après en avoir tué la majorité, il faut attendre pendant un bon moment avant qu’un d’eux décide de se séparer du groupe pour pouvoir l’éliminer sans attirer l’attention des autres. Mais autant dire qu’on perd vite patience et que la plupart du temps on essayera un coup de poker, en fonçant dans le tas et en espérant tuer tout le monde avant que quelqu’un puisse se rendre à un téléphone pour appeler de l’aide.

Le jeu propose tout de même un peu de renouvellement, avec des niveaux semi-procédural. À comprendre par-là que le design global d’un stage ne bouge pas, mais il arrive de tomber sur des pièces qui se voient être modifier ou changer de place en fonction de notre partie. Une chambre avec un fusil sur un mur peut devenir une pièce d’entreposage avec de l’essence qui peut être enflammé. Une idée intéressante pour proposer un semblant de rejouabilité à Party Hard, mais qui se révèle vite sans intérêt tellement l’action finie immanquablement par tourner en rond. Les pièges finissent par tout le temps être les mêmes et il arrive fréquemment qu’on les active sans grande conviction, car on sait pertinemment qu’ils ne serviront à rien. Sur la grande majorité de notre objectif, avec plusieurs dizaines de personnages à tuer à chaque fois, on sera obligé d’aller les tuer individuellement.

 

En conclusion

C’est sur un constat mitigé qu’on ressort de Party Hard. Même si le principe est original et qu’on peut trouver le moyen de s’amuser avec, en tout cas au début, il faut bien avouer qu’il suffit de quelques niveaux pour entrer dans une profonde répétitivité. Le jeu n’arrive pas à se renouveler et ce n’est pas les timides tentatives pour y arriver qui vont y changer quelque chose. On essaye de s’accrocher tant bien que mal en se disant que peut-être le jeu n’a pas dévoiler tout son potentiel, mais au bout du compte on doit se rendre à l’évidence qu’on y fait tout le temps la même chose et que c’est loin d’être très amusant.

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