Test – Qora : Un pèlerinage en Pixels

Qora est le fruit d’un projet Kickstarter, sous le nom de Spirit qui avait atteint la somme de $10 692 pour 765 backers. A l’origine de ce projet, nous avons Holden Boyles qui a travaillé sur l’histoire, toute la palette graphique avec les Artworks et la musique. Et Ciprian Stanciu qui est le programmeur sur les différentes plate-formes du jeu. Beaucoup de choses ont été promise, qui pour certaines ont du être faites, mais qu’en est-il du jeu lui même?

qora-head

Spirit of Qora

Nous sommes dans la peau d’un grabataire qui a construit sa maison dans un village paumé pour passer ses dernières années à vivre dans le calme et la tranquillité. Sauf que le village en question est très attaché à ses ancêtres qui l’ont bâti il y a 300 ans. D’ailleurs, on peut y retrouver certains vestiges comme des statues (sorte de Bouddha).

Très vite notre personnage va faire connaissance avec les autochtones de la région en papotant ci et là, recevant quelques cadeaux de bienvenue et autre pour enfin arriver à une énorme statue qui lui parlera et va lui conférer le pouvoir de voir les esprits qui errent dans un monde parallèle (un peu comme John Constantine mais en moins charismatique). C’est en suivant un esprit que notre vieil ami va partir à la quête du mystère de ce village.

Plus Spectateur que joueur

A partir du moment où l’on va prendre la décision de suivre l’esprit, le jeu n’en sera plus un, mais un voyage.

En effet, Qora est plus une expérience visuelle qu’un jeu. En pixel art, on dirige un amas de 10 pixels tout au plus, comme les autres gens du village d’ailleurs, pour mettre en avant le background qui est beau sans pour autant être exceptionnel. Le pixel art est utilisé à outrance allant jusqu’à la typographie des textes ce qui parfois, rends les dialogues difficilement compréhensibles. Curve Studios nous avait déjà fait mieux, mais bon y’a une bonne maîtrise de la lumière et les couleurs sont bien choisis, il reste néanmoins le manque de détails car quitte à miser sur le rêve autant le faire à fond et j’avoue que ça manque…

Ici, pas de scrolling, mais une succession de tableaux qui s’organise de façon ascendant, avec différents univers comme un désert, des grottes, des temples antiques…
Et c’est en spammant la flèche droite que l’on parcourt ces tableaux car, oui le gameplay est pauvre, très pauvre. On utilise seulement les flèches de direction pour nous diriger et la barre espace pour les différentes action que l’on va devoir faire pour progresser comme sauter, couper l’herbes et casser des cailloux, activer notre pouvoir. Dans 80% du jeu, on se dirige à droite, c’est tellement linéaire que l’on pourrait tapisser une chambre en mettant les tableaux bout à bout.

Trois heures de voyage à appuyer sur la flèche de droite, avec la lenteur du personnage, on a le temps de voir en détails le paysage, mais pour bien insister dessus, on arrête parfois votre pépé pour faire défiler un groupe d’oiseaux… Alors oui c’est cool une fois ou deux, mais quand c’est presque à chaque tableaux, ça devient pénible.

Il y a quand même des choses intéressantes, car mis à part la linéarité du jeu, on peut suivre plusieurs histoires en parallèle à la quête principale et ce, de plusieurs façons.
D’une part, en discutant avec les gens du village, on se rend compte très vite de leurs motivations, de ce qu’ils pensent…etc. Et notre papy sera souvent témoin de situations assez cocasses.
Ensuite, c’est à l’aide de notre pouvoir de switcher entre les 2 mondes que notre grand-père va découvrir des scènes passées dont on peut imaginer la suite chronologique tout au long de notre voyage dans les tableaux. Ce sera une des maigres richesses du jeu.

L’imaginaire est vraiment le moteur de Qora, car suivant les périples et les épreuves que va rencontrer notre personnage, notre imagination peut les interpréter de manière différente suivant l’esprit et la sensibilité de chacun.La musique, chiptune, planante avec de grandes nappes, berce totalement notre esprit et renforce le rêve. Elle devient changeante suivant les situations, nous donnant l’impression d’être devant un film muet tellement la musique est présente, et c’est loin d’être désagréable…

Conclusion

Qora est tellement unique que l’on ne peut pas le qualifier de bon ou mauvais jeu. Sur un plan philosophique, le fait que l’on incarne un quadragénaire en fin de vie, montre qu’à cet âge, on a le temps d’apprécier les choses qui nous entoure sans se soucier du lendemain.

Le périple nous rappelle quand même que la vie est un voyage avec de multiples épreuves, plus ou moins rudes, mais la persévérance et le courage sont les moteurs d’une motivation qui nous guidera vers notre but quel qu’il soit. Qora illustre parfaitement les différences spirituelles par ses multiples fins suivant nos actions faites précédemment.

En bref, si vous aimez les jeux atypiques et spirituels ayant un message à faire passer, ce jeu est pour vous. Si c’est la recherche d’un gameplay élaboré et de l’action pour le gamer hardcore que vous êtes, passez votre chemin…

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