Test – Seasons After All : dans la beauté des saisons

Avec Seasons After All, c’est un projet de longue haleine qui arrive enfin à sa conclusion. Après plusieurs années de gestation, Swing Swing Submarine a enfin pu saisir sa chance et sortir le jeu qu’ils avaient vraiment envie de faire. Il faut dire qu’après Blocks That Matter et Tetrobot & Co, on attendait avec impatience que le studio nous livre son nouveau jeu. Un petit renard et des paysages saisonniers, il n’en fallait pas plus pour nous donner envie.

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La traversé des saisons

Bien qu’étant avant tout un jeu de plates-formes, qu’on pourrait même gentiment qualifier de metroidvania, Seasons After All est également un jeu artistique. C’est évidemment un de ses principaux atouts et on passe donc notre temps à vagabonder à travers de merveilleux paysages. Et encore, ce ne serait par rendre justice au travail accompli sur la direction artistique du jeu, notamment avec des décors qui changent en fonction des saisons qu’on aura choisit. Car oui, le pouvoir principal de notre renard, qui doit partir à la chasse des Gardiens, c’est de pouvoir changer de saison à tout moment, selon notre volonté. Cela s’opère avec une grande aisance et aura un impact direct sur l’aspect des environnements, avec de la neige en hiver ou encore de la pluie en automne.

Évidemment ce pouvoir n’est pas inné et le nombre de saisons à notre disposition sera distiller au fil de notre progression, afin de nous faire comprendre petit à petit les interactions qu’il sera possible d’effectuer. En état il sera possible de faire éclore des bourgeons pour créer des plates-formes, voire en hiver de gelé des cours d’eau pour pouvoir marcher et sauter dessus. L’exploration va ainsi se faire progressivement, à partir d’une zone centrale, à laquelle va s’attacher plusieurs zones qu’on va pouvoir découvrir au fil du temps et de l’acquisition de nos pouvoirs. L’avancé se fait avec beaucoup de facilité, avec quelques courtes énigmes qui ponctuent notre chemin mais qui nous mettront rarement en difficulté. Il sera souvent question de jongler avec les saisons, pour découvrir une nouvelle interaction ou pour faire réagir un élément du décor.

Cette lente progression, histoire de nous faire profiter des somptueux décors, est accompagnée par une voix-off qui constituera une grande part de l’aspect narratif de Seasons After All. Un excellent doublage français en la personne d’Adeline Chetail et dont la voix apporte une élégante touche de poésie à l’ensemble. On se croirait presque dans un conte de fée, où tout à été réuni pour nous fournir un tableau idyllique et où tout fonctionne à merveille. C’est en tout cas ce que nous laisse paraître nos premières impressions, en se laissant bercer par la légèreté du jeu et son ambiance résolument lyrique. Un sentiment qui nous gagnera durant les premières heures, mais qui malheureusement laissera vite place à un autre son de cloche.

C'est beau.

C’est beau.

Un peu de répétition

Comme on vous le disait, l’aventure va s’articuler autour d’un sanctuaire central auquel se greffe plusieurs chemins. Notre première quête va être d’arpenter chacun d’eux pour aller chercher les quatre Gardiens, et donc nos pouvoirs des saisons. Une belle petite ballade qui va nous permettre de voir pour la première fois chaque zone et en contempler les environnements. Sauf que, et c’est là que les ennuis commencent, car va nous demander à plusieurs reprises de repasser par ces chemins afin de remplir de nouveaux objectifs. Évidemment, de nouveaux embranchements vont s’ouvrir, ce qui va nous permettre d’explorer des lieux jusqu’alors inaccessibles. Mais pour y arriver, il va être nécessaire de se farcir de longs allers-retours. Des passages qui ont clairement été mis là pour nous en mettre plein les yeux, avant de superbes paysages. Mais après notre quatrième randonné dans ces interminables passages, notre émerveillement laisse place à une pointe d’agacement.

Surtout que d’autres problèmes viennent régulièrement titiller nos nerfs et qui contribuent à rendre notre expérience un peu plus désagréable. Et pourtant, ce n’est pas faute d’aimer le tableau d’ensemble que nous propose Seasons After All, mais après avoir tourné en rond pour la dixième fois car on n’avait pas aperçu la plate-forme caché au milieu du décor, cela en devient frustrant. Alors qu’au contraire, certaines feuilles ou arbres qu’on pensait être une plate-forme, se révèle parfois comme étant simplement un élément du décor avec lequel on ne peut pas interagir. Il n’est pas rare d’enclencher une saison pour faire pousser un élément qui va débloquer une petite bestiole, sauf qu’on ne s’en rend pas compte et qu’on continue notre route. Pour rester buter sur une énigme alors qu’il fallait y amener l’insecte pour faire pousser un nouvel élément. C’est un petit détail, mais qui se rajoute à des défauts qui viennent vraiment pousser notre plaisir vers le bas.

Ce qui se montrait d’abord comme une belle promenade se transforme assez vite en un périple redondant, en nous faisant repasser sempiternellement sur les mêmes chemins. Sur la fin les objectifs laissent rapidement place à une bête et méchante collecte d’objets qui ont été disséminé dans des endroits déjà visités. Et c’est d’autant plus dommage que ce manque de variété, mais surtout ces incessants allers-retours, finissent par estropier la principale qualité du jeu, qui est sa beauté visuel. Forcément, à devoir tout le temps repasser par les mêmes décors on finit par s’en lasser. Notamment à cause du trop grand nombre de chemin qui lient les différentes zones, qui tirent en longueur et qui sont seulement là pour qu’on puisse profiter des arrière-plans.

 

En conclusion

Tout en étant une belle surprise, Seasons After All démarre sur un adorable conte qui nous tient par la main, appuyé par un excellent doublage et une réalisation à couper le souffle. Mais cette beauté se fane au fil du et temps et laisse place à une légère déception. On aurait pu mettre de coté les contrôles approximatifs du renard, mais c’est déjà plus dérageant quand on entre dans la boucle de répétitivité qui s’installe petit à petit durant notre progression. À force de faire des allers-retours et de tout le temps repasser par les mêmes zones, on a vite l’impression d’avoir devant nous une durée de vie qui a été artificiellement rallongée. Seasons After All n’en reste pas moins une belle expérience, mais encore faut-il savoir faire abstraction de ses défauts et se laisser balader par l’aventure qu’on nous propose.

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