Test – Song of the Deep : on tombe à l’eau en profondeur

Voir Insomniac Games se lancer dans le développement d’un jeu qui se trouve être qualifié comme étant indépendant, c’est toujours drôle. Surtout que derrière Song of the Deep, on retrouve un éditeur du nom de Gamestop. Oui oui, le géant américain spécialisé dans la vente de jeu vidéo, c’est bien d’eux qu’on parle. Mais en dehors de ça, ce qui nous intéresse vraiment c’est de savoir si ce le jeu mérite vraiment le coup d’œil, afin qu’on puisse se plonger dans l’exploration des profondeurs.

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La petite larme

Comme il faut une petite histoire larmoyante pour que notre cœur de pierre soit légèrement ému, dans Song of the Deep on va nous narrer l’histoire de Merryn, une petite fille qui vient de perdre son père. Celui-ci est un marin qui a disparu en mer et comme la demoiselle a été bercé par de jolis récits, à grand coup de monstres marins et de sirènes voluptueuses, elle se met en tête de partir à l’aventure pour retrouver son paternel. C’est ainsi qu’elle va construire un sous-marin avec trois bouts de ficelles, tandis qu’elle va découvrir que les histoires de son père étaient loin d’être seulement des mythes.

La première chose qui vient nous frapper, c’est incontestablement son ambiance à la limite du féérique. La direction artistique de Song of the Deep est enivrante et laisse paraître un monde rempli de vieilles civilisations et de trésors oubliés. C’est en tout cas la première impression qui va nous tomber dessus au début de notre aventure, mais elle va vite s’estomper pour laisser place à la monotonie. C’est agréable de contempler et de traverser des paysages aquatiques et bercé par une douce mélodie, mais il manque rapidement quelque chose. Le rendu paraît trop convenu et nous donne l’impression qu’on a juste posé des éléments ci et là, pour donner une atmosphère poétique au jeu.

C’est quelque chose qui va également se refléter dans la narration, avec une voix-off qui nous enverra des envolés lyriques de temps à autre, pour nous escorter durant notre aventure. Il y a bien des passages adorables ou qui flirtent avec notre corde sensible, mais à moins d’être totalement aveugle, il sera difficile de ne pas voir les ficelles narrative tellement elles sont évidentes. Et c’est justement ce qui contribue au fait qu’on aura bien du mal à accrocher à l’ambiance du jeu, surtout que même le reste est loin de proposer quelque chose d’originale ou de très surprenant.

C'est joli, mais loin d'être foufou

C’est joli, mais loin d’être foufou

Un peu comme toujours

Notre engin va dès le début pouvoir interagir avec le décor ou les ennemis, avec l’aide d’une pince. Cet outil de fortune va servir la plupart du temps dans de simples énigmes, mais il va rapidement pouvoir être accompagné par d’autres éléments comme d’une hélice pour pouvoir contrer les courants marins qui sont trop forts pour être emprunter ou encore, un projecteur qui nous permettra de repousser certaines créatures un peu trop en envie de nous faire un câlin. Mais avant d’équipier convenablement notre submersible, encore faudra t’il se donner la peine de ramasser les nombreux trésors qui sont jonchent notre route voire, qui sont cachés dans des endroits inaccessibles et où il sera nécessaire de trouver un moyen pour les atteindre.

L’exploration est donc au centre du jeu et c’est d’autant plus appréciable que le level design est clairement orienté à ce qu’on se perde dans cette activité. Rien de spectaculaire, puisqu’on reste encore une fois dans des dédales de couloirs et zones qui ne vont que se débloquer quand on aura trouvé le bon outil. Un procédé classique dans les Metroidvania. Mais même s’il s’agit des habituels passages d’arènes à vider pour avoir le droit d’avancer ou encore des portails qui s’ouvrent sous certaines conditions, comme ramener le caillou magique sur une statue.

Il reste que notre progression est cohérente et ne s’enfonce pas dans la répétitivité à outrance, même si on aurait espéré un peu plus de folie sur les énigmes qu’on est amené à rencontrer. Quelques-unes sortent un peu de l’ordinaire, notamment sur la fin du jeu et elles sont vraiment agréables à résoudre, mais pour le reste il va falloir se satisfaire avec un sentiment déjà-vu très prononcé.

 

En conclusion

En se laissant bercer par Song of the Deep, il y a vraiment moyen de passer un bon petit moment. De quoi nous satisfaire durant une petite poignée d’heures, mais si l’on regarde un peu trop dans les détails, il est facile de se laisser submerger par une pointe de déception. Le jeu d’Insomniac Games est loin d’être une mauvaise pioche, mais on sent clairement que c’est un jeu où le cahier des charges était calqué sur les poncifs du genre et qu’il ne fallait absolument pas s’en dévier. Le résultat, c’est un jeu tout juste honnête et qui n’arrivera pas à nous sortir de nos petites habitudes, au point qu’on aura l’impression d’y avoir déjà joué et cela bien avant de l’avoir vraiment commencé.

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