Test – State of Decay

Bien qu’annoncé et dans les tuyaux depuis un bon bout de temps, il y a parfois des jeux dont-on oubli complètement l’existence. Faute à une mise en abime du projet ou d’un manque flagrant de communication de la part des développeurs et de l’éditeur. C’est un peu ce qui est arrivé avec State of Decay, qui du jour au lendemain se trouve une date de sortie sur le Xbox Live Arcade. Cela n’est jamais forcément bon signe, mais il faut reconnaitre qu’un monde ouvert rempli d’infectés, cela donne forcément envie d’en savoir un peu plus.

State of Decay

La pêche aux zombies

Rien de mieux qu’une bonne petite partie de pêche entre amis pour terminer la fin de semaine, mais quand le retour à la vraie vie se caractérise par une apocalypse de zombies, c’est déjà moins drôle. C’est ce qui arrive malheureusement à notre petit groupe de randonneurs, qui tant bien que mal tente de retrouver des survivants. Une aide bienfaitrice qui tourne rapidement court, puisqu’ils vont eux aussi finir en casse-croute pour les créatures en mal de viande fraiche. Un début catastrophe qui met tout de suite dans l’ambiance et qui nous fait vite comprendre que State of Decay vise dans la survie à l’état pur. La recherche d’un abri est donc primordial et rien de mieux que de monter sur un perchoir pour scruter les environs, dans l’espoir de trouver quelque chose à l’horizon.

Un tutoriel bien conçu et qui met tout de suite le joueur dans la situation, sans pour autant trop le guider par la main. Même si on aurait aimé un peu plus d’explication, notamment sur l’utilisation des menus qui n’est pas forcément toujours intuitive. Le joueur est donc lancé dans ce monde totalement ouvert, dans lequel il va vite falloir trouver ses marques. Heureusement, on nous fait vite comprendre que l’affrontement n’est pas toujours la solution adéquate et qu’il faudra parfois faire preuve de subtilité, en évitant les bestioles affamées. Il faut donc faire le moins de bruit possible, et courir ou utiliser un véhicule est donc à éviter au possible, puisque c’est souvent ce qui attirera l’attention sur vous. Une condition importante puisque les armes sont une ressource importante, dans la mesure où ces dernières ont une forte tendance à s’abimer très rapidement. On repassera pour le réalisme, mais c’est une bonne manière de vous faire arpenter les environnements à la recherche de ressources utilisables.

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La survie du plus fort

Mais avant d’en passer par là, il faut encore comprendre que la mort est omniprésente dans State of Decay, et surtout définitive. Une notion à prendre en compte très vite, en plus de la condition de notre personnage, qui peut facilement être amené à se blesser, voir à tout simplement se fatiguer. Heureusement on comprend vite que notre héros principal n’en est pas vraiment un, puisqu’on peut changer à tout moment de protagoniste. Chaque individu possédant ses propres facultés, il peut même être très intéressant de permuter selon les situations qu’on va devoir affronter. Car lorsque le monde est en train de s’effondrer, il est toujours mieux de se serrer les coudes et d’essayer de survivre en groupe. C’est ce qu’on comprend très vite et qu’on va utiliser à notre avantage.

La survie dans State of Decay se matérialise en effet par la gestion de votre groupe et de son campement. Un bon petit goût de Walking Dead qu’on ne reniera pas et qui fait plaisir à voir. Car on apprend vite, dans la douleur, que les véritables ennemis ne sont pas vraiment les infectés mais plutôt les vivants en tant que tel. La nourriture, les munitions, des matériaux de construction, autant de denrées rares qui  vont s’épuiser et il va donc falloir penser à toujours jeter un œil dessus. Des stocks qu’il faut continuellement renflouer, sous peine de vite se retrouver avec des conflits au sein du groupe. Des choix seront donc à faire, pour savoir si vous voulez aider un de vos amis en trouvant sa famille disparue, sous peine de se retrouver avec des nouvelles bouches à nourrir. Ou bien si vous préférez garder votre campement le plus petit possible, afin d’avoir moins de chose à gérer.

Une mise au point de chaque instant qui vous demandera de prendre des décisions. Accueillir un nouveau groupe demandera par exemple d’agrandir votre espace de repos, voir d’améliorer votre zone médicale en cas de maladie. En revanche, toutes ces installations auront un prix en termes de matériaux, ce qui vous demandera continuellement de fouiller les environs pour dénicher des ressources. Il faudra donc s’organiser, en inspectant minutieusement les maisons et boutiques abandonnées, tout en créant des avant-postes qui vous faciliteront grandement la vie. Un travail quotidien qui vous demandera même parfois de délocaliser votre campement, puisque les ressources ne sont pas infinies et qu’il faudra tout le temps aller plus loin pour trouver de nouvelles villes et lieux à explorer. Tout en faisant attention à la faune hostile, puisque l’activité humaine aura la fâcheuse manie d’attirer l’attention des zombies qui iront jusqu’à se réunir en horde.

State of Decay State of Decay

Pas toujours reluisant

L’exploration est donc le maitre mot et ce sera une de vos activités principales, même si celle-ci montre vite ses limites. Bien que la carte est d’apparence très vaste, on se rend vite à l’évidence que la surface n’est pas si grande que ça et il suffira d’une dizaine de minutes en voiture pour la traverser d’un bout à l’autre. Une impression diminuée par le fait qu’on explore souvent une petite zone à la fois, car il faut souvent revenir au campement dès qu’on aura les poches pleines. L’espace dans notre inventaire est très limité et même si on peut l’augmenter légèrement par la suite, il faudra fréquemment laisser des choses derrière nous pour y revenir plus tard. Une tâche monotone mais indispensable si vous souhaitez gagner assez d’influence sur votre communauté, pour ensuite avoir la possibilité de lancer des constructions ou faire des recherches plus avancées. C’est un peu la dessus que State of Decay montre vite ses limites, puisque même si la gestion est relativement bien pensée dans l’ensemble, en revanche le manque d’interactions se fait ressentir et on a vite l’impression de faire continuellement la même chose.

Un sentiment de déjà-vu qu’on pourra malheureusement aussi retranscrire sur la grande redondance des environnements. Car qu’on se le dise ouvertement, State of Decay est d’une laideur absolue et accuse plusieurs années de retard sur le plan technique. Tous les arbres, les maisons ou les lieux se ressemblent et les textures sont d’une pauvreté à toute épreuve. Les graphismes n’ont aucune originalité et sont génériques au possible. Cela va jusqu’à empiété avec l’intelligence artificielle des zombies, qui au demeurant n’est déjà pas bien folichonne, puisqu’ils ont un penchant à rester bloqué dans des palissades ou dans le mur des habitations. Un constat qui s’applique aussi à nos compatriotes, car ils leur arrivent de prendre des chemins complètement incongrues lorsqu’ils doivent nous suivre. La liste de bugs pourrait être très longue et on manquerait de place pour tous vous les énumérer. Mais même si la plupart ne sont pas handicapants et que les développeurs nous promettent un correctif, il est malheureux de voir un jeu sortir dans cet état.

En dehors des ralentissements et des animations foireuses, State of Decay arrive quand même à se rattraper avec une gestion accrue mais aussi avec un contenu assez ample. Qu’on ne s’y trompe pas, le scénario du jeu en lui-même est simplement un prétexte pour vous adonner à la chasse aux zombies, tout en essayant d’y survivre tant bien que mal. Mais à coté il y aura une multitude de petites quêtes et missions annexes que vous pourrez remplir pour façonner votre aventure. Libre à vous de toutes les faire ou non, sous peine d’avoir un impact négatif sur votre environnement qui changera en conséquence. Votre partie ira même jusqu’à évoluer en votre absence, puisque même lorsque votre console sera éteinte, le temps continuera d’avancer lentement mais sûrement. Vous obligeant à devoir relancer votre jeu assez fréquemment, sous peine d’avoir des conséquences désastreuses. Une idée qui ne plaira pas forcément à tout le monde et qui aura même le don d’agacer sur la longueur.

 

 

En conclusion

State of Decay est ce qu’on pourrait appeler un pot-pourri dans lequel on aurait jeté des idées et autant de bonne volonté, mais avec un résultat en demi-teinte. Techniquement à la ramasse, la production d’Undead Labs arrive tout juste à s’en sortir grâce à un aspect survie très développé et qu’on avait rarement vu jusqu’à présent. La gestion très poussée et truffée d’éléments à prendre en compte, pourra réussir à charmer les joueurs en recherche d’une expérience de jeu inédite. On aurait en revanche apprécié un mode coopératif, qui aurait largement eu sa place dans le jeu. En contrepartie, on se coltine un nombre incroyable de bugs et de ralentissements qui ternissent allègrement son enrobage. Avec un peu plus de peaufinage et malgré un principe intéressant, State of Decay aurait pu devenir une référence du genre. Mais en l’état il s’agit tout bonnement d’un jeu très moyen et qu’on oubliera assez vite.

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