Test – Sunset Overdrive : l’explosion énergisante

Relativement connu pour sa série Ratchet & Clank et dans une autre mesure, pour celle de Résistance, Insomniac Games nous revient avec une exclusivité sur Xbox One. Ce serait présomptueux de dire que Sunset Overdrive n’est pas attendu, car il faut bien reconnaître que les nouvelles licences commencent un peu à ce faire attendre. Et bien que le pitch de départ ne semble pas du plus original, c’est tout de même avec grande attention qu’on jette un coup d’œil à se jeu dont l’univers coloré s’annonce comme étant plutôt intéressant.

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Profite de ta ville

Comme bien souvent, on ne s’accommode pas d’une longue mise en scène pour mettre en place quelques éléments scénaristiques. Dans Sunset Overdrive, tout va très vite et après une courte cinématique où l’on comprend que la fin du monde est proche, à cause d’une boisson énergisante qui transforme les habitants en mutants visqueux. Voilà qu’on se retrouve directement propulsé dans l’action, sous un faux air de tutoriel pour nous expliquer les balbutiements d’un gameplay qui semble être sous adrénaline. Car oui, on comprend tout de suite que le démarrage de cette Apocoolypse n’est que prétexte à une histoire sans queue ni tête, pour nous mettre dans une ambiance complètement décalée et où le maître mot est la déconne perpétuelle. Un humour parfois un peu potache, mais qui apporte sans conteste une véritable identité à Sunset Overdrive. Que ce soit les personnages secondaires ou les factions dans la ville, voire jusqu’à la personnalisation de notre personnage, tout est fait pour qu’on ne prenne pas le jeu au sérieux.

Car s’il n’y aurait qu’une seule chose à retenir c’est sans aucun doute l’atmosphère complètement délurée dans laquelle on baigne en permanence. Dans Sunset City en elle-même ou durant les dialogues avec les personnages, l’humour est omniprésent et on n’a pas envie d’en rater une seule miette. Il faut dire que la ville est très colorée et l’œil averti aura même l’occasion d’y dénicher pas mal de références issues de la culture populaire. On se surprend même à trouver le jeu plutôt joli, avec une architecture vraiment bien pensée et qui se renouvelle constamment selon la zone qu’on est amené à arpenter. Le fait d’être dans un monde ouvert engendre tout de même des maladresses, notamment sur le clipping de certaines textures ou objets, mais rien de dramatiques dans l’ensemble. On a réellement l’impression qu’Insomniac Games à maitrisé la réalisation de son jeu de bout en bout. Même si un reproche pourra être émis envers la bande sonore qui ne ravira pas toutes les oreilles. Éclater des overdosés pendant qu’une bonne musique rock vient soutenir nos phases d’action, cela fait toujours son petit effet. Mais on aurait tout de même aimé avoir un peu plus de variété dans les thèmes musicaux qui nous sont proposés.

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Toujours en mouvement

Ce qui fait l’attrait de Sunset Overdrive c’est également les déplacements de notre personnage au travers de la ville, ainsi que durant les affrontements contre les overdosés et autres habitants. Sunset City est clairement construite de manière à ce que presque chaque élément du décor puisse servir à notre avancé. Ce n’est bien entendu par très normal de pouvoir rebondir sur des véhicules, mais on va s’abstenir de juger ce manque de réalisme, car il faut bien admettre que cette utilisation urbaine de notre environnement est très plaisante. Il est ainsi possible de glisser sur les rebords des bâtiments, des cordes, des fils électriques, voire de courir le long des murs. Tout est vraiment fait pour qu’on soit continuellement en mouvement ou en train de sauter dans les airs, en utilisant les plates-formes destiné à cet usage. Le reproche qu’on pourra néanmoins émettre à ce genre de gameplay, c’est qu’il n’évolue pas assez au fil du temps. Quasiment toutes nos aptitudes se débloquent dès le départ et le sentiment d’avoir un personnage qui évolue au fil du jeu, est donc totalement absent. Et ce n’est pas l’arrivée un peu plus tard du dash aérien ou de la glissade sur l’eau qui y changeront quelque chose.

Malgré ses acrobaties légèrement répétitives, notre progression dans Sunset Overdrive ne manque pas vraiment de rythme. L’histoire bien que très farfelue, propose des missions qui s’enchainent de manière assez agréable, notamment grâce l’humour dont-on vous faisait déjà l’éloge un peu plus haut dans cette critique. Chaque nouvelle rencontre est l’occasion d’une belle tranche de rigolade et on s’amuse même à traverser le quatrième mur assez régulièrement, en s’adressant directement au joueur. Mais si le contexte est assez riche, comme la faction des boy-scouts japonais ou celle des rôlistes grandeur nature, c’est déjà un peu moins le cas en ce qui concerne les objectifs à remplir. On suit régulièrement le même schéma, qui consiste à rencontrer un nouveau pnj puis de l’aider en se rendant à un point sur la carte pour lui ramener quelque chose, tout en prenant soin de tout exploser sur notre passage. Heureusement, durant les huit à dix d’heures que va durer l’aventure principale, l’enrobage délirant et certaines situations sortant un peu de l’ordinaire seront là pour casser ce sentiment de monotonie.

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Grinder et tirer, tout en même temps

Sans grande surprise la marque d’Insomniac Games se retrouve dans Sunset Overdrive, notamment sur le plan du choix des armes qui est complètement barré. Et même si l’on sent une forte inspiration provenant d’un certain Dead Rising, la comparaison s’arrête sur leur aspect et non sur leur obtention. Puisqu’il n’est pas question ici de fabriquer ses propres armes, mais simplement de les acheter auprès du marchand en utilisant la monnaie locale, sous forme de canettes. Les dollars eux, serviront pour acheter de nouveaux costumes ou vêtements pour personnaliser notre avatar. Les armes se débloquent d’eux même au fil de notre avancé, ce qui facilite bien les choses. Il est ainsi possible de mettre la main sur une belle diversité d’équipement, comme un bazooka lançant des nounours explosif, un pistolet tirant des feux d’artifice, un fusil déployant des drones prenant la forme d’un hélicoptère téléguidé, et ainsi de suite. Une bonne vingtaine d’armes s’ajoutent au compteur et il faudra apprendre à les utiliser dans les bonnes conditions, puisque chacune d’elle sera plus efficace contre certains types d’ennemis.

En utilisant une arme assez souvent, celle-ci gagnera en expérience et donc en efficacité, mais il sera également possible d’y attribuer un Rush. Il s’agit en faite d’une capacité qu’on peut faire fabriquer en récoltant des ingrédients disséminés un peu partout dans la ville. Il sera donc possible d’ajouter un effet de feu ou de gel au tir d’une arme, ou encore que l’ennemi meurt dans une explosion de flammes. Les choix sont nombreux et permettent de véritablement personnaliser son arsenal. Le même principe est plus ou moins repris pour ce qui concerne notre personnage, en pouvant lui octroyer des capacités avec l’aide des Rush. (Boule de feu aux attaques de corps à corps, éclats de verre sur l’attaque en piquée, etc). Ces dernières s’activeront avec l’aide de la jauge de style, qui se remplira en fonction des actions qu’on effectuera. Il est donc fortement conseillé en combat d’utiliser les rebonds et le grinde pour la remplir plus rapidement, surtout qu’on est très vulnérable aux attaques adverses quand on reste au sol. Notamment aussi car nos acrobaties nous feront également gagner des badges, qu’on pourra dépenser en achetant des overdrives. Une forme de capacités passives qui augmenteront par exemple notre taux de munitions ou nos dégâts face à type d’ennemi en particulier. Tout est donc mis en œuvre pour favoriser les actions du joueur, selon son style de gameplay.

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Toujours un peu plus à l’horizon

Comme tout jeu à monde ouvert qui se respecte, Sunset Overdrive tombe lui aussi dans les dérives des petites babioles à ramasser. Et autant dire qu’il y a en a un bon paquet, car entre les chaussures puantes, les rouleaux de papier toilette et les enseignes à néons, il faudra écumer la ville dans tous les sens afin de tout collecter. S’il faut une dizaine d’heures pour terminer le jeu en ligne droite,on en rajoute une poignée de plus afin d’accomplir toutes les quêtes et défis annexes. Pour ce qui concerne les missions secondaires, comme pour le reste il y a du bon et du moins bon. La plupart serviront surtout à mettre la main sur des vêtements ou des pièges, qui serviront durant les phases de défense pour fabriquer des overdrives. Un constat qu’on lancera pareillement vers les défis, qui vont du nettoyage de zone, en passant par des parcours d’acrobaties à travers des anneaux ou encore des spectacles de massacre d’overdosés. Rien de bien folichon au programme, mais qui aura au moins l’intérêt d’apporter un peu de renouvellement et de rallonger légèrement la durée de vie, même si comme bien souvent le procédé peut sembler un peu artificiel.

Sans que cela soit vraiment surprenant de jours, Sunset Overdrive se targue d’un mode multijoueur activable à tout moment sur des bornes positionnées dans la ville. Il sera possible d’y choisir le quartier où doit se dérouler l’action, puis on lance la recherche jusqu’à trouver huit autres joueurs. Il est d’ailleurs possible de continuer à se promener dans la ville, au grès de notre envie, en attendant que la recherche s’effectue. Le multijoueur n’est malheureusement pas le coté le plus attrayant du jeu, puisque cela consiste en une succession de petites missions, pour finalement aboutir sur une defense de cuve d’overcharge. La réussite des objectifs dans les missions, déterminera le nombre d’overdosés qui apparaîtront durant la défense, ce qui forcément aura aussi un impact sur notre score de points et donc les récompenses qui en découleront. Le souci de ce mode est que les missions rencontrées sont les mêmes que celles qu’on retrouve dans les défis du jeu. La plupart demanderont donc de dessouder des overdosés, de protéger une zone, de transporter des objets ou encore de ramasser des chiffres pour marquer des points. Rien de bien transcendant et il suffira d’une petite soirée pour complètement en faire le tour.

 

En conclusion

Sunset Overdrive est une amuse surprise, c’est le moins qu’on puisse dire. À défaut de vraiment faire dans l’originalité, Insomniac Games s’est contenté de reprendre des idées à droite et à gauche, pour les mixer dans un résultat aussi déjanté que jouissif. Cela fonctionne admirablement bien, même si l’on pourra regretter une certaine redondance au fil des heures. Sunset est typiquement le genre de jeu dans lequel on se lance pour de courtes séances. Juste assez longtemps pour profiter de son humour décadent et de son gameplay à la fois nerveux et dynamique. Reste à voir si cela suffira sur la longueur pour se faire une place sur la nouvelle génération de machine, mais pour l’instant on s’amuse et on en redemande à chaque fois un peu plus.

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