Test – Swords & Soldiers 3D

Le Wiiware n’a jamais vraiment été dans les bonnes grâces des développeurs, notamment à cause des restrictions de développement imposées par le constructeur. Cela n’a pas empêché à des studios de tenter leur chance, même s’il faut reconnaitre que la qualité était souvent très inégale. Des titres ont pourtant réussi à sortir leur épingle du jeu, face à une concurrence pratiquement inexistante, ce qui leur à permis d’être facilement mis en avant. C’est le cas d’un certain Swords & Soldiers, un RTS plutôt simple à aborder et qui ne se prenait pas du tout au sérieux. Après un passage sur PC et sur le PSN, c’est au tour de la 3DS d’affronter un portage du jeu.

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Ô Joie…!

Avec Swords & Soldiers 3D, difficile d’y voir autre chose qu’un simple portage de ce qui avait déjà été réalisé sur d’autres plates-formes. On pourrait même presque parler de sous-version, car dès l’écran titre on se rend compte que le jeu a été amputé d’une grande partie de son intérêt : le multijoueurs. Une hérésie pour un jeu dont le principal atout résidait justement dans son mode d’escarmouche, qui nous permettait d’affronter un joueur en chair et en os. Un élément toujours disponible, mais qui se limite à combattre un adversaire contrôlé par l’intelligence artificielle. Un constat apeurant qui ne donne que peu d’espoir à ce portage de Swords & Soldiers sur Nintendo 3DS, mais il faut se rendre à l’évidence qu’on n’ait pas au bout de nos surprises. Car on se retrouve rapidement confronté à des soucis bien plus importants.

Le contenu de Swords & Soldiers est pratiquement semblable à ce qu’on avait pu connaitre sur Wii. Il s’agit en effet de prendre part à une campagne, parmi un choix de trois factions, qui sera constitué d’une succession d’environ dix niveaux. L’action se déroule sur un scrolling horizontal, avec votre camp d’un coté du terrain, tandis que votre ennemi sera en tout logique de l’autre coté. Les objectifs à remplir pourront sensiblement varier, mais il vous sera toujours demandé de développer et de lancer vos troupes à l’encontre de ceux de votre adversaire. Chaque faction possédant ses propres caractéristiques en matière de ressources à générer ou de soldats à envoyer au casse pipe. La difficulté résidant dans le fait qu’une fois envoyé sur le champ de bataille, vous n’avez plus aucun contrôle sur vos régiments. Ces derniers se contentant d’avancer en ligne droite et de taper sur ce qu’ils vont rencontrer comme résistance.

Un concept qui n’a rien de très novateur, mais qui est habillement enrobé par une direction artistique et un humour qui n’ont rien de déplaisant. Tous les atouts pour ce qui aurait pu définir un jeu honnête. C’est en tout cas ce qu’on était en droit de se dire, si seulement ce portage sur 3DS n’avait pas été un ratage complet. Alors que la portable de Nintendo est tout de même capable de faire tourner correctement des jeux bien plus ambitieux, Swords & Soldiers 3D arrive à nous étonner en ayant un taux de ralentissements qu’on n’avait pas eu à subir depuis bien longtemps. Au début, ce qui peut paraitre comme un problème mineur, se révèle rapidement comme un handicap qui va jusqu’à plomber nos parties. Notre avancé dans le jeu demandera à afficher de plus en plus de personnages à l’écran, ce qui mettra très vite la console dans ses derniers retranchements. Autant vous dire qu’activer la fonctionnalité 3D de la console, n’arrangera en rien ce phénomène.

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Ô désespoir !

Un problème qui en engendre un autre, car ces ralentissements sont contraignants au point que le jeu ne prend pas en compte certaines de nos commandes. Ce défaut se rajoutant à une interface très mal pensée et désagréable dans son utilisation. Le principal de l’action se fait sur l’écran du haut, ce qui relaye l’écran tactile au lancement des troupes et à l’activation des sorts, en tapotant sur des petites icones. Rien de bien sorcier, si seulement le maniement des habiletés ne se faisait pas avec le stylet. Après l’activation d’un sort, il va falloir scruter l’écran du haut en jonglant avec le circle pad  pour faire défiler le terrain, afin de trouver le personnage sur lequel vous voulez appliquer votre effet (soins, foudre, sacrifice, etc.). En revenant ensuite sur l’écran tactile, pour voir où se trouve votre curseur, dans l’espoir de le diriger assez rapidement à l’endroit voulu sur l’autre écran. Ce qui est en l’occurrence une vraie torture, avec le facteur du lag qui vient se rajouter à l’équation. Swords & Soldiers 3D pouvant déjà se targuer d’avoir une difficulté assez corsé, c’est un comble de se dire que celui-ci se voit augmenté par l’impossibilité de parfois exécuter de simples actions de base.

L’achat des compétences n’est pas en reste non plus, car même si on finit par les connaitre sur le long terme, obtenir leur description est une catastrophe en termes d’ergonomie. Pour avoir l’info-bulle d’une compétence, il faut sélectionner l’icône et rester dessus pour que l’information apparaisse. Sauf que cela aura aussi tendance à acheter ou activer le sort, ce qu’on ne voulait pas forcément au départ, perdant au passage des ressources ou un temps précieux pour faire marche arrière. Une aberration de conception, pour un jeu qui au départ était amusant à jouer, car justement il était très facile à prendre en main.

 

En conclusion

Cette critique aurait pu s’arrêter plus amplement sur le contenu de Swords & Soldiers 3D, au travers des particularités de chaque faction, voir sur le contenu des modes défis, mais cela aurait été trop d’honneur pour un portage d’une rare médiocrité. En l’état, il aurait encore été possible de faire l’impasse sur les nombreux défauts de l’interface, mais le jeu est tellement à la ramasse sur le plan technique qu’il serait bien difficile de passer à coté. On ne saura que trop vous conseiller d’acheter le jeu sur Playstation 3 ou sur Wii, en oubliant complètement l’existence de cette version sur 3DS.

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