Test – Teenage Mutant Ninja Turtles : Des mutants à Manhattan

Quand Teenage Mutant Ninja Turtles : Des Mutants à Manhattan apparaît pour la première fois, avec en plus PlatinumGames au développement, il y avait forcément de quoi être enthousiaste. Mais c’était avant de devoir affronter le perfectible The Legend of Korra et quelques  semaines après s’être infligé Star Fox Zero. La qualité des productions venant du studio est donc assez variable et ce n’est peut-être pas aujourd’hui que les chevaliers d’écailles auront enfin une bonne adaptation en jeu vidéo.

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Cowa..aie aie aie…

Ce qu’on peut attendre d’un jeu arborant les couleurs des Tortues Ninjas, c’est un condensé d’action tout en ayant une dose de finesse quand on souhaite pousser le gameplay dans ces derniers retranchements. Une attente légitime pour ceux qui ont déjà pu goûter à un jeu estampillé par la marque de PlatinumGames. Et c’est là que tous les problèmes commencent, car Des Mutants à Manhattan est loin d’être un bon cru venant du studio. On part naturellement sur un procédé de combos basé sur des attaques légères et lourdes, tout en ayant un système d’esquive qui permet de contrer les ennemis. Rien de très surprenant de ce coté là, puisque cela coïncide avec tous les Beat’em All de ces dernières années.

Là où cela devient un peu plus problématique, c’est dans l’exécution, car même s’il est possible de passer rapidement d’une tortue à l’autre et donc de varier les animations de combat en fonction de l’arme sélectionner, l’action finit immanquablement pas tout le temps se ressembler. Le nombre de combos est très limité et l’esquive et les contres étant restreint dans leur nombre d’utilisation à cause d’une jauge d’endurance, on finit par ne plus s’en servir et on se surprend à simplement sauter sur les ennemis pour enchainer le matraquage de boutons sur eux, en espérant venir à bout de leur interminable barre de vie. L’efficacité de l’IA étant proche du néant absolu, autant que cela suffit la plupart du temps, mais c’est seulement quand on énumère celle des ennemis.

Car même s’il est possible de jouer en ligne avec des amis, pour du local il va falloir se farcir des compagnons dirigé automatiquement par la console et cela apporte son nouveaux lots de soucis majeurs. Outre le fait que les tortues passent leur temps à se bloquer dans les murs ou à aller attaquer un adversaire à l’autre bout de la zone, il sera possible de leur attribuer un ordre (Suivez-moi, attaquer, etc) mais qu’elles s’empresseront d’ignorer la plupart du temps. Heureusement la difficulté du jeu est très permissive, et il est à tout moment possible de réanimer une tortue quand sa jauge de vie tombe par mégarde à zéro. Même au niveau de difficulté le plus haut, il est très difficile de perdre une partie et l’obtention d’un score de A ou S en fin de niveau se fait les doigts dans le nez.

Les combats sont très brouillons

Les combats sont très brouillons

Ça sent pas bon la tortue

Le jeu incorpore un système classique de compétences qu’on va pouvoir améliorer en ramassant des points de compétences qu’on glanera au fil des ennemis abattus. C’est l’utilisation de ces capacités qui auraient pu sauver TMNT du naufrage, mais même là cela ne suffit par, notamment à cause d’un trop gros temps de rechargement. En plus du manque de lisibilité de l’action, avec le joueur qui se retrouve souvent au milieu d’un tourbillon d’effets allant dans tous les sens, car l’IA passe son temps à activé les compétences des tortues au petit bonheur la chance. En jouant avec d’autres joueurs en ligne, il y a moyen de coordonner nos action afin de combiner les différentes attaques spéciales, mais encore faut-il trouver du monde qui aura envie de se lancer dans l’achat d’un tel jeu. La seule solution reste encore de bien gérer le passage d’une tortue à l’autre, en espérant que les compétences qu’on convoite n’est pas déjà été lancée dans le vent.

On sent vraiment que le développement de TMNT a dû subir un manque de moyen mais aussi et surtout de temps. En témoigne l’insertion d’un scénario sans intérêt et qui va simplement nous lancer dans une dizaine de niveaux qui reprend plus ou moins toujours le même cheminement. Il va à chaque fois être nécessaire de se farcir des missions dont l’objectif est attribué de manière aléatoire, afin de remplir une jauge pour pouvoir débloquer l’apparition du boss. L’idée étant de nous faire rejouer plusieurs fois les niveaux, afin de gagner de l’expérience pour nos tortues. C’est en tout cas l’intention des développeurs, mais l’impression de tout le temps faire la même chose est tellement persistante, qu’après avoir passé le jeu en ligne droite, ce qui ne nous prendra même pas trois heures, il nous parait évident qu’on ne touchera plus jamais au jeu.

La ville est sans âme

La ville est sans âme

Un saut de tortue vers la fin

Chaque fin de niveau se ponctue par un boss, mais ces derniers sont aussi inintéressants que tout le reste. Bien qu’on y retrouve des méchants emblématiques de l’univers des Tortues Ninjas, l’affrontement contre eux est sans intérêt dans la mesure où l’on ne fait que taper sur un sac de points de vie. Ils suivent leur pattern sans bronché face à nos coups et le manque de subtilité dans le combat, fait qu’on croise juste les doigts en espérant juste en venir à bout le plus rapidement possible. Et c’est un constat qu’on collera également aux objectifs du jeu, puisqu’après la dixième mission de désamorçage de bombes ou de livraison de lingot, on commence à atteindre un haut niveau de saturation et le point de non retour est vite atteint.

Bien qu’au départ on peut avoir l’impression que TMNT va se jouer dans un monde semi-ouvert, on déchante assez vite quand on s’aperçoit que les niveaux ouvert sont assez petits, tandis que les autres seront juste une succession de couloirs avec une réutilisation abusive des textures et des environnements. Les passages en ville aurait pu offrir une certaine jouissance, avec la possibilité de se déplacer en grimpant sur les murs et à grinder sur les bâtiments, voire en utilisant notre planeur. Mais la pauvreté des décors et le fait qu’on a le sentiment d’être dans une ville factice, avec des bâtiments carrés posés les uns à coté des autres, cela nous enlève le peu de plaisir qu’on aurait pu y ressentir. À cela se rajoute une grande lassitude au fil de notre avancé dans le jeu, ce qui finit par complètement tuer notre envie d’y retourner.

 

En conclusion

Bien loin des standards de qualité auquel nous avait habitué PlatinumGames, Teenage Mutant Ninja Turtles : Des Mutants à Manhattan est typiquement le genre de jeu qui a été commandé par l’éditeur et pour lequel le studio a seulement eu le temps de faire la minimum syndical. Probablement pour coïncider avec la sortie imminente d’un nouveau film basé sur la licence TMNT, mais en contrepartie les joueurs doivent se contenter avec un jeu qui a été raboter à tous les niveaux et qui manque cruellement d’intérêt. On aurait pu pardonner les écarts graphiques du jeu, mais c’est beaucoup moins pardonnable pour le reste. Puisqu’en plus d’un manque de profondeur, même les bases de son gameplay ne fonctionnent pas toujours. Au final, c’est un jeu dont-on oubliera malheureusement très vite l’existence.

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