Test – The Flame and the Flood : un peu d’eau de survie

La survie est un aspect qui alimente beaucoup l’imaginaire des développeurs en ce moment et c’est justement l’idée de base derrière The Flame in the Flood, un énième jeu sorti tout droit d’un financement participatif. Les désillusions venant des productions Kickstarter ont été nombreuses ces dernières années, c’est pourquoi il est toujours préférable de retenir notre enthousiasme, surtout quand on nous vend un jeu en énumérant tous les grands noms qui ont contribué à sa création.

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Un long fleuve pas vraiment tranquille

L’atout indéniable de The Flame in the Flood, en tout cas sur le papier, c’est d’avoir tenté de prendre la mode des jeux de survie à contre courant en voulant proposer un concept qui sorte un peu de l’ordinaire. L’idée est qu’on va avoir une gestion de son inventaire et donc de ses ressources comme cela peut l’être dans d’autre jeu du genre, mais il va avant tout être question de se diriger vers un endroit en particulier afin d’y trouver un éventuel signe de vie. La carotte sera de suivre le long d’une rivière tortueuse à bord d’un radeau de fortune, tandis qu’on essaye de découvrir d’où peut provenir un signal radio rempli de promesses. On va donc constamment être en déplacement et les haltes sur le bord du rivage vont nous amené à devoir faire des choix qui auront souvent des conséquences sur le reste de notre périple.

Notre embarcation va donc devoir se laisser trainer sur l’eau en attendant de pouvoir accoster quelque part, mais il sera tout de même nécessaire de l’aider un peu. Tout en pouvant légèrement influencer sur le trajet de notre radeau, il faudra aussi donner quelques coups de rames pour choisir une direction, car le courant de la rivière aura souvent tendance à bifurquer en plusieurs embranchements. Cet effort sera évidemment limité par notre jauge d’endurance qui se trouve être très limitée, même si elle remonte finalement assez rapidement, mais cela suffira pour limiter les chemins qu’on peut emprunter. Les lieux sur lesquels on pourra débarquer sont signalés en avance et il faudra donc choisir celui qui nous convient le mieux en fonction de nos besoins.

Ces endroits sont désignés par des icônes qui peuvent nous orienter sur les types de ressources qu’on va y trouver. Si l’on y voit une tente, il y a par exemple de forte chance d’y trouver un feu ou au moins du branchage pour en allumer un. Il ne sera donc pas possible d’aller partout et il faudra faire attention à ça. S’arrêter à une station pour réparer ou modifier notre radeau pourrait nous faire passer à coté d’une forêt où l’on pourrait attraper un lapin et donc, un peu de viande. Tout en prenant le risque de rencontrer une bête sauvage et de prendre un mauvais coup par la même occasion. Ce qui équivaudrait à souffrir d’une blessure qui pourra s’infecter et qu’il faudra s’empresser de soigner. Chaque décision à souvent une conséquence, bonne ou mauvaise, et il falloir apprendre sur le tas.

Il faut avoir la fibre aventurière

Il faut avoir la fibre aventurière

La survie est dans le craft

D’un point de vue gestion des ressources, il faut admettre que The Flame in the Flood ne fait pas dans l’originalité, puisque dès qu’on met les pieds dans un nouvel endroit il faudra surtout scruter les décors à la recherche d’éléments à ramasser ou de caisses à fouiller, qui peuvent parfois prendre la forme d’une carcasse de voiture ou de vieux bâtiments. Il sera constamment nécessaire de subvenir à nos besoins, sous la forme d’une jauge de nourriture, d’hydratation, de sommeil ainsi que de température. Les raisons de mourir peuvent être très variées et nombreuses, au point qu’il faut vite apprendre à combiner les bonnes ressources pour palier à certains problèmes. Au début cela parait un peu déconcertant, surtout qu’il faut se farcir un menu d’artisanat pas très ergonomique et qui ne met pas l’action du jeu en pause, même si les bestioles auront l’étonnante tendance à nous laisser tranquille si on s’assoit près d’un feu de camp.

Malgré tout après quelques parties infructueuses on comprend vite les bases et le jeu devient alors beaucoup plus facile, voire trop. La gestion de la place de l’inventaire est primordiale, même s’il sera toujours possible de stocker certains objets dans celui de notre chien ou de notre barque. Notre fidèle ami canin aura même l’avantage, en cas de mort de notre part, d’amener le contenu de son sac dans notre prochaine partie afin que notre nouvelle réincarnation puisse en profiter.  Au début on va donc passer notre temps à ramasser une quantité affolante de ressources, juste au cas où, mais au fil du temps on saura ce qui est vraiment utile ou non sur le long terme. Au point qu’on découvre vite qu’il suffit de trouver quelques bocaux pour avoir constamment de l’autre fraîche grâce au filtre de purification fabriqué à partir du charbon, tout en accumulant certains types de nourritures, pour finalement être tranquille pendant un moment.

Bien entendu, on accumulera ses connaissances après plusieurs heures d’acharnement dans le jeu, en apprenant par nos erreurs. Mais à partir de là, la survie se transforme presque en une routine qu’on aurait appris sur le bout des doigts. On cherchera d’abord les ressources adéquates, on améliore notre embarcation quasiment au point de ne plus avoir besoin de s’arrêter quelque part et du coup à partir de là, c’est une ligne droite vers la fin du jeu. Certes, il peut arriver d’avoir un accident en court de route, notamment car la rivière passe son temps à rejeter des débris sur nous ou encore quand lorsqu’on rencontre un loup ou un ours sur la terre ferme. Mais ces situations sont facilement évitables et surtout anticipable après quelques heures passé en compagnie du jeu, qu’on finit par ne plus vraiment les prendre en considération comme étant une contrainte à notre survie.

Un peu comme les autres

Il ne faudra donc pas s’étonner à ce que The Flame in the Flood devient très répétitif au bout de quelques parties. Naturellement, cela prend en compte le temps nécessaire pour appréhender les mécaniques du jeu et les assimiler convenablement. Mais à partir de là, la difficulté est tellement amoindrie et cela même en se tournant vers le niveau de difficulté un peu plus élevé, qu’on perd une grande partie de l’intérêt du jeu. L’autre souci majeur et qui fait partie intégrante du problème, c’est qu’on finit par tourner assez rapidement en rond à partir du moment qu’on connait les ressources primordial à obtenir pour notre survie. Et ce n’est pas la chouette direction artistique du jeu ou encore son ambiance sonore endiablée qui arriveront à nous garder en haleine durant plusieurs dizaines d’heures. Le sentiment d’être devant un jeu qui n’est pas allé jusqu’au bout de ses idées en les développant convenablement, est très tenace et c’est vraiment désagréable. Surtout que les bases fonctionnent assez bien et qu’il aurait suffit de pas grand-chose pour aboutir à un résultat plus que convenable.

 

En conclusion

Il est évident que The Flame in the Flood n’est pas un mauvais jeu et qu’il conviendra à la plupart des joueurs, mais cela ne l’empêche pas d’avoir un souci d’équilibrage dans ses mécaniques de survie et dans la gestion des ressources. Il suffira d’avoir un peu d’expérience dans ce type de productions pour rapidement trouver les actions à entreprendre pour réussir une partie presque parfaite. Le plaisir de départ qu’on ressent en lançant le jeu et en découvrant sa direction artistique s’estompe après quelques heures pour laisser place à une légère déception.

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