Test – The Girl and the Robot : de la coopération en solitaire

coupdecoeur-petitUn jeu construit autour d’une histoire qui fait vaguement référence aux contes de fées n’a rien de très original. Mais l’idée d’y inclure une petite fille et un chevalier robot qu’on va devoir contrôle tour à tour pour progresser à travers un château rempli d’énigmes, c’est déjà plus prometteur. C’est là-dessus justement que se repose The Girl and the Robot, un jeu issu d’une campagne Kickstarter et qui fut développé pendant plus de quatre ans par Flying Carpets Games.

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Main dans la main

The Girl and the Robot démarre très simplement, avec une jeune fille enfermée dans sa prison dorée et qui se retrouve aidé par un mystérieux vieil homme. En fuite, elle va rapidement tomber sur un médaillon qui va lui permettre de réveiller et prendre le contrôle d’un chevalier robotique, qui va la rejoindre et être son bras armé durant sa fuite du château. C’est ainsi qu’on comprend que tout le jeu va être basé sur la complémentarité des deux personnages. Chacun d’eux possède sa propre panoplie de mouvements qui pourront être mis à contribution durant la résolution des énigmes. La demoiselle peut sauter et se faufiler dans les passages étroits, tandis que le robot pourra combattre les ennemis et pousser des objets volumineux.

Rien de bien farfelu à maîtriser et c’est probablement une des forces de The Girl and the Robot. Passer  d’un personnage à l’autre se fait dans une grande aisance, en appuyant seulement sur un bouton. Si l’apport de la fille est principalement d’ordre utilitaire et passif, le chevalier sera constamment au cœur de l’action. Muni d’un arc et de flèche qui serviront pour attaquer ou qui seront ponctuellement solliciter dans des puzzles, ce sera surtout son bouclier et son épée qui trouveront leur utilité contre les robots adverses. Le but étant de protéger la fillette qui ne doit pas se faire attraper, sous peine de perdre directement la partie.

La coopération des deux personnages est primordiale

La coopération des deux personnages est primordiale

Tape dans le tas, rien de plus

Bien que n’ayant pas une place prépondérante dans le jeu, les combats ponctuent régulièrement notre avancé et servent principalement à rehausser les temps morts entre deux énigmes. Même si quelques passages sont également basés sur une répétition de joutes entre robots. Il n’y a foncièrement rien à redire sur notre rythme de croisière qui alterne bien entre les phases d’action et de réflexion, mais les premiers affrontements sont tout de même loin d’être très agréables. Cela s’amenuise par la suite, dès qu’on commence à appréhender la rigidité des animations de notre chevalier doré, mais cela n’en reste pas moins une des parties les moins agréables du jeu.

On bloque avec notre bouclier puis on attend une ouverture pour frapper, et de temps à autre on pourra tirer avec notre arc pour entamer un garde qui arrive sur nous. Notre chevalier dispose de peu d’outils pour attaquer ou se défendre, ce qui rend les combats très binaire et on finit par s’en lasser. Cela devient juste un moment obligatoire et qu’on traverse sans grand plaisir, à la limite de devenir frustrant. Notamment quand on doit affronter plusieurs ennemis à la fois et que la caméra se place de manière abrupte derrière nous à cause d’un mur, masquant ainsi notre visibilité et nous empêchant de savoir si l’on est en mesure de riposter.  Heureusement ces égarements techniques sont rares et on comprend vite comment les éviter, mais cela n’en reste pas moins désagréable.

Les combats ne sont pas des plus agréables

Les combats ne sont pas des plus agréables

Un château de solitude

Sans que cela en soit très surprenant, la construction de The Girl and the Robot est très linéaire et les lieux ouverts seront quasiment inexistants. La plupart du temps il s’agira de trouver le bon chemin à emprunter, avec le bon protagoniste, pour essayer de débloquer le second passage qui était jusqu’à présent fermé. Mais qu’on ne s’y trompe pas, le joueur est loin d’être pris par la main et il devra tout de même se creuser un peu les méninges pour essayer de résoudre les énigmes qui vont tomber sur sa route. Même si les sempiternels leviers font encore une fois leur retour, les puzzles vont quand même demander pas mal de réflexion et parfois de doigté. Les indications sont très rares et il faudra parfois faire preuve de patience avant de trouver la solution.

Il est exceptionnel de vraiment rester coincé très longtemps, mais les énigmes font tout de même preuve dans l’ensemble d’une belle intelligence. Mais il faut dire qu’il suffira la plupart du temps de scruter un peu les environs pour saisir ce qu’on attend de nous ou alors, pour comprendre le mécanisme qui nous barre le chemin. Bien que l’ambiance de conte de fée dont se revendique Flying Carpets soit belle et bien présente, il faut bien avouer que c’est l’arbre qui cache la forêt. Techniquement c’est loin d’être bluffant et on ressent clairement que la réalisation à manqué de moyen. En témoigne les environnements un poil générique et qui tentent à peine de se renouveler vers la moitié du jeu, pour ensuite repartir vers une architecture de château au bloc jaunâtre.

Les énigmes sont rarement difficiles mais demandent d'allumer notre cerveau

Les énigmes sont rarement difficiles mais demandent d’allumer notre cerveau

Des défauts pas si contraignants

En grattant un peu la surface, il serait possible de reprocher des petites choses ci et là à The Girl and the Robot, mais il faut avant tout se concentrer sur l’aventure qu’on nous propose. S’il suffit de cinq à six heures pour voir la fin de ce premier acte, cela reste tout de même une amorce à l’ouverture d’une belle fable. Le jeu a clairement été restreint par son faible budget, mais les développeurs ont tout de même réussi à nous pondre une histoire, certes très simple, mais dans laquelle on se plonge avec bonheur. Celle-ci est renforcé par des cinématiques muettes et une progression lente, qui nous dévoile petit à petit certains aspects de se monde plongé dans le silence. Même s’il y a quelques ratés par moment, notre avancé est loin d’être une corvée et l’envie d’y revenir ne faiblit à aucun moment.

 

En conclusion

Même s’il vaut mieux savoir faire abstraction de son aspect visuel trop simpliste, The Girl and the Robot n’en reste pas moins une bonne surprise. On aurait apprécié qu’un peu plus d’effort soit fait sur les phases de combat, qui auraient mérité un peu plus de subtilité. Bien que parfois complexe, les énigmes sont rarement un gros frein à notre avancé et ils sont juste là pour nous offrir un peu de résistance, ce qui est fortement agréable. On se laisse flatter par sa douce narration et au final, on en ressort avec une expérience enrichissante et bien rythmée.

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