Test – The Wonderful 101

Ce qui se montre comme une des rares exclusivités de la Wii U, s’accompagne d’une sortie relativement modeste. Il faut dire que The Wonderful 101 n’est pas forcément une production qui parlera à tout le monde. Le jeu de PlatiniumGames est vraiment ce qu’on peut qualifier comme étant un ovni vidéoludique, mais une telle originalité peut souvent être à double tranchant.

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Wondertastique

En retournant en arrière de quelques années, il est difficile de croire qu’un jeu de cette trempe aurait réussi à traverser les frontières japonaises. Car il faut reconnaitre que l’humour très visuel et bariolé de The Wonderful 101 ne sera résolument pas au goût de tous les joueurs. Le scénario simpliste à grand coup d’invasion extraterrestre n’est qu’une énième excuse pour faire apparaitre des héros venus sauver le monde. Une parodie facile des sentaï, mais il faut reconnaitre que cela fonctionne toujours aussi bien. Le hardware de la Wii U n’est pas tiré jusque dans ses retranchements, même très loin de là, mais cela n’empêche pas à l’ensemble d’avoir une réalisation soignée et agréable à l’œil. En démontre des super-héros totalement à coté de la plaque et des transformations tout aussi délurées. En plus d’être complètement déroutant, l’identité visuelle de Wonderful 101 ne se prend pas une seule seconde au sérieux. Et s’accorde même à merveille avec l’humour déjanté qui nous accompagne durant tout le jeu.

Pour contrer la menace on incarnera un héros bien entendu, mais aussi le leader des Wonderful 100, sous les traits de Wonder Red. Bien qu’on ne dirige un seul personnage, cela n’empêchera pas d’être suivi par toute une troupe de super-héros. Les Wonders seront d’une grande utilité, puisque c’est grâce à ses fidèles petits soldats qu’on pourra maîtriser une capacité très importante : l’unimorphisation. Comme tout bon beat’em all qui se respecte, le gameplay se résume surtout à frapper sur tous les ennemis qui arriveront à nous. Et c’est justement à ça que se détermine l’unimorphisation, avec la possibilité de tracer sur l’écran tactile ou avec le stick droit, différentes formes qui feront fusionner nos alliés en une arme utilisable durant les combats. On pourra ainsi former un poing, une épée ou encore un pistolet laser, voire d’autres ustensiles de destruction qui se débloqueront au fur à mesure de l’aventure. Des outils bien pratiques et qui auront chacun leur utilité durant certaines situations. Qu’il va falloir apprendre aussi à maîtriser selon le type d’ennemi rencontré en face de nous.

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Formation de groupe

Une petite dimension tactique qu’on ne reniera pas, surtout devant la pauvreté des combos qui sont à notre disposition. Il est même possible de sauver quelques habitants et de les enrôler avec nous le temps d’un niveau, agrandissant ainsi notre groupe et donc notre puissance de frappe. Si les premières formes à dessiner sont plutôt facile à exécuter, cela devient déjà moins évident par la suite quand il s’agit de faire un S ou un Z au milieu d’un affrontement. Bien entendu l’action ralenti légèrement pour nous en donner le temps, mais on doit souvent s’y reprendre à plusieurs fois. Parfois à cause d’un coup de la part de nos adversaires qui fera sauter notre groupe, devant ainsi courir après nos membres désorienté et au sol autour de nous, afin de reformer nos rangs. Mais la plupart de nos échecs viendront d’une caméra mal placée, souvent centrée bien trop près sur nous. Ce qui nous empêche de voir complètement la forme qu’on est en train de tracé. Un défaut récurent et contraignant, puisque tout le gameplay est basé sur cette petite mécanique. Cela aura vite fait d’user notre patience jusqu’à la corde, surtout que The Wonderful 101 aime bien faire dans l’abondance, avec des explosions et effets de lumière dans tous le sens. Ce qui facilite encore moins la compréhension de l’action qui est en cours et qui finira par devenir plus qu’agaçant sur la longueur.

Outre les combats qui sont naturellement au centre du jeu, The Wonderful 101 tente tout de même de se renouveler un peu au travers de plusieurs phases de jeu annexe. Certains mini-jeux voire même des énigmes mettront à contribution le gameplay asymétrique du GamePad, notamment pendant des passages de rail shooter, mais il y aura surtout aussi un peu d’exploration. Rien d’extravagant, puisque cela sera souvent le moyen de trouver des petits bonus ou des habitants en détresse, mais cela suffit pourtant à casser la monotonie qui aurait pu facilement s’installer. Car même si l’action est frénétique et prenante, les escarmouches ont parfois une forte tendance à tirer en longueur. Au point d’en devenir très vite répétitif. Le bestiaire restreint en est un peu la cause, mais c’est surtout la prépondérance des QTE à exécuté durant les cinématiques qui en devient presque lassant. Heureusement les duels contre les boss sont là pour rattraper le tir et donne place à des joutes endiablées. Leur taille est parfois si impressionnante, qu’il faut littéralement se déplacer sur eux pour pouvoir toucher leurs points sensibles. De quoi se rendre compte encore une fois que The Wonderful 101 ne fait pas dans la demi-mesure.

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Faite le plein de Wonder

Malgré la faible disponibilité de techniques, il reste toujours possible de passer par le Wonderful Mart pour y dépenser un peu d’argent. Cette boutique sert à acheter de nouvelles compétences, pour l’attaque ou la défense, comme un bouclier en forme de flan ou des modules qui serviront à avoir des bonus permanents. Des objets pour recouvrir de la santé et de l’énergie seront également de la partie. De quoi bien remplir l’inventaire, qui peut d’ailleurs sans surprise être géré directement sur le GamePad. Ces pouvoirs permettront d’améliorer un peu votre quotidien, dans un jeu qui selon le niveau de difficulté, peu rapidement mettre nos nerfs à rude épreuve. L’évolution de notre super-héros demandera donc du temps, notamment en refaisant les missions pour engranger plus d’argent ou en explorant avec minutie les décors. Ce qui peut paraître de toute manière très intéressant, dans la mesure où il sera possible de trouver des Wonders qui nous rejoindront de manière permanente. Des héros qui gagneront en expérience et qui accessoirement feront augmenter notre jauge de vie ou d’énergie. L’exploration de l’environnement est donc une bonne manière de mettre la main sur de bons bonus. Même s’il faut pour cela se taper la redondance des décors, qui malgré la variété des thèmes, finit immanquablement par manquer de diversité.

Ce qu’il faudra assurément retenir de The Wonderful 101 c’est la générosité des développeurs dans la réalisation de son univers. Le rythme de la progression est soutenu et il ne se passe pas un seul instant sans qu’une situation rocambolesque vienne casser la monotonie qui aurait pu s’installer. Durant la douzaine d’heures que va durer l’aventure, il faut s’attendre à un enchainement de second degrés et d’action. Mais c’est peut-être aussi justement ce qui peut vite se retourner contre le jeu lui-même, avec un humour qui ne fera pas forcément sourire tous les utilisateurs. La surenchère est souvent de mise, au point de parfois en devenir très lourd. On préconise donc largement de jouer à The Wonderful 101 sur de courtes sessions, afin de ne pas en faire une overdose. Les plus courageux pourront toujours tenter de terminer entièrement le jeu, au travers des défis cachés dans les niveaux ou en trouvant et achetant tous les bonus de la boutique. De quoi passer quelques heures supplémentaires, sur un jeu qui n’est certes pas parfait, mais qui mérite qu’on s’y attarde. Pour terminer on finira sur le multi-joueurs, qui a au moins le mérite d’exister avec le mode Opération Wonderful. Qui constitue en une succession de petites missions jouable jusqu’à cinq joueurs et qui demanderont simplement d’abattre des vagues successifs d’extraterrestres. De quoi rallonger un peu la durée de vie du titre et de jouer avec des amis, mais on ne passera pas beaucoup de temps dessus.

 

En conclusion

Pour parler franchement, The Wonderful 101 a un peu les fesses entre deux chaises. Son approche du beat’em all est très classique et n’invente pas grand-chose, hormis un système d’armement bien pensé mais qui souffre en clarté à cause d’une caméra bien trop proche de l’action. En contrepartie, le jeu bénéficie d’un travail visuel, certes très spécial, mais qui donne une identité propre au jeu de PlatiniumGames. On se retrouve donc coincé entre les deux, avec une ambiance très particulière et qu’on peut facilement apprécier à petite dose, mais on finit au bout du compte à pester contre les petits problèmes de gameplay qui entache notre expérience. The Wonderful 101 est résolument un bon jeu, mais qui se destine à un public très spécifique ou à ceux qui n’ont pas peur d’essayer un jeu qui sort des sentiers battus.

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