Test – Titanfall

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Le genre du FPS n’a guère évolué ces dernières décennies, même si une poignée de privilégiés ont tout de même réussi cet exploit. Il faut dire que devant le succès honteux de certaines grosses licences, qui répètent indéfiniment le même cycle de développement, les éditeurs n’ont pas vraiment besoin de proposer du renouvellement dans leurs productions. Un schéma que Respawn Entertainment ne semble pas vouloir reproduire, du moins pas pour l’instant, avec le très attendu Titanfall. Une belle exclusivité pour les consoles de Microsoft, et accessoirement sur PC, qui pourrait se trouver une place durable dans l’horizon vidéoludique.

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Lâche le Titan en toi

La guerre a toujours été un prétexte dans le jeu vidéo, pour créer un univers opposant deux factions, qui pour une raison ou une autre sont engouffrer dans un conflit permanent. Titanfall ne déroge pas vraiment à cette règle, mais il faut dire qu’on ne l’attendait pas vraiment sur ce point. À partir du moment où il est question d’un jeu entièrement multijoueur, avec l’obligation d’avoir une connexion en ligne (et accessoirement un abonnement Xbox Live), il ne faut pas s’attendre à un scénario qui va nous retourner le cerveau. D’un coté l’IMC qui veut exploiter les ressources de la frontière, tandis que de l’autre coté se présente la Milice, qui bien entendu ne voit pas leur idée d’un bon œil. Une excuse toute trouvée dont résulte un mode campagne, qui n’en porte que le nom, pour aboutir sur un FPS assurément classique mais qui possède ses particularités. Ne serait ce que les Titans, pour ne pas les nommer tout de suite.

Pour mettre de coté l’évidence, il faudra énumérer la réalisation technique de Titanfall. Qu’on le triture dans tous les sens ou non, le petit bébé d’EA est loin d’être une claque visuelle. Rien de dramatique tout de même, puisque dans l’ensemble les différents environnements sont satisfaisants. La direction artistique est certes générique, mais dispose d’une bonne cohérence et il serait difficile de chipoter là-dessus. Pour le peu qu’on est déjà touché à un jeu mêlant un peu de science-fiction dans l’équation, on reste dans quelque chose de très propre. On aurait juste aimé un peu plus de vie, comme des décors partiellement destructibles, mais il faut dire que le moteur Frosbite ne le permet pas vraiment. Il faut noter la présence de créatures en dehors des limites accessibles par le joueur, mais les interactions avec elles étant très limitées, on en fait vite l’impasse au point de rapidement les ignorer.

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Mes pruneaux dans ta gueule

En ce qui attrait aux méthodes de s’en mettre plein la poire entre joueurs, Titanfall ne s’embarrasse pas d’une grande diversité. Seulement cinq modes sont mis à notre disposition et pas vraiment des plus originaux. On mettra vite de coté l’Attrition, qui se désigne comme un simple Team Deathmatch, ainsi que La chasse aux pilotes, qui s’en trouve être une variante où il est question de faire des points en tuant les pilotes. A coté on trouve également la Capture de drapeau et La Domination des points clés. Deux modes qui n’ont plus vraiment besoin d’être présentés, à moins de ne jamais avoir mis les pieds dans un FPS multijoueur. Pour terminer, on peut pointer du doigt Le Dernier Titan, dans lequel deux équipes s’affrontent dans une joute de Titans où le dernier débout remporte la manche. Des modes qui dans la théorie forcent les utilisateurs à se serrer les coudes, en jouant en équipe, mais c’est une notion qui est tout aussi vite oublié lorsqu’on se trouve dans le feu de l’action. Les pilotes ayant vite tendance à partir dans tous les sens, ce qui risque de fortement déplaire aux joueurs chevronnés qui n’y trouveront pas une expérience de jeu très satisfaisante.

De manière traditionnelle, Titanfall reprend le principe de la carotte en nous proposant de prendre de l’expérience au travers de nos actions, héroïques ou non d’ailleurs. Celle-ci prennent principalement la forme de défis qu’on peut réaliser tout au long de notre chevauché vers le but ultime. De petites perfusions d’expérience qui permettent rapidement de progresser vers le niveau cinquante, avant de régénérer notre personnage, pour recommencer au début avec quelques petites bonus supplémentaires. Dont un gain d’expérience de dix pour cent par génération, ces derniers étant au nombre de dix. Une idée bienvenue, surtout quand on admet qu’il suffit d’une vingtaine d’heures pour franchir les cinquante premiers paliers. Ponctuellement cette prise de niveaux débloquera des armes et des perks, servant à l’amélioration de notre arsenal, qui dans l’ensemble ne propose rien de très innovant. Mitraillette, carabine et fusil à pompe, rien ne sort vraiment du lot et on aura vite fait d’en faire le tour.

Heureusement, on débloque vite la personnalisation de notre équipement. On délaisse donc vite les trois classes de base, pour se concentrer sur une configuration plus adéquate. Les six emplacements permettront donc de choisir l’armement qu’on souhaite avoir, en fonction du mode ou type de carte qu’on aborde. Un grand classique, mais qu’on ne reniera pas. Un système qui s’applique aux Titans, qui de la même façon débloquent plusieurs capacités et armes qu’on pourra leur attribuer. Là encore on déplore un manque de contenu, par l’obtention de seulement trois châssis de Titan : l’Atlas, le Stryder et l’Ogre. Le premier étant respectivement le plus équilibré, le deuxième étant rapide mais donc plus fragile et le dernier le blindé du groupe. La révolution n’est donc pas à attendre de ce coté et nul doute qu’il faudra attendre de futurs DLC pour avoir un plus gros choix.

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Dans le feu de l’action

La première crainte qu’on pouvait avoir durant l’annonce de Titanfall, mais qui s’est vite évanouie durant la bêta, c’est d’avoir un déséquilibre en incarnant un pilote face aux géants de métal. Dans les faits il en est rien, puisque même si les Titans sont des brutes surarmées, les personnages à pieds n’ont rien à leur envier en termes de mobilité. Le double saut des pilotes et leur capacité à courir sur les murs, prenant au passage un gain de vitesse, leur octroie une maniabilité toute particulière. C’est justement sur ce point que Titanfall arrive à proposer un gros renouvellement au genre, avec des phases action effrénées et très dynamiques. Une jouabilité qui est mise en valeur, aussi bien à la verticale qu’à l’horizontale, avec des cartes qui profitent entièrement de ces capacités de voltiges. Les pilotes peuvent donc facilement jouer au chat et à la souris avec les colosses, même s’il faudra toujours garder en tête que notre survie ne tient qu’à un fil.

Les moyens de contrer les Titans est donc asses vaste, surtout que les cartes sont vraiment bien pensées et regorgent de recoins et bâtiments où il est possible de se mettre à couvert. Même si les endroits peuvent être accessibles aux Titans, par de multiples ouvertures ou fenêtres. Il faudra donc rapidement apprendre à tirer avantage de l’architecture des maps et comprendre leurs atouts et inconvénients. Il est toujours possible de sortir notre arme anti-titans et de jouer au tir au pigeon, sautant telle une joyeuse puce de toit en toit, en évitant les missiles adverses. Mais l’autre solution est encore d’atterrir sur la tête du Titan, pour lui tirer dans ses circuits internes. Espérant ainsi avoir assez de temps pour le mettre hors d’état, avant de se faire griller par le pilote qui risque de sortir pour vous mettre une balle dans le crâne. Un moyen comme un autre de s’en débarrasser, même si l’on ait jamais à l’abri qu’un coéquipier vienne vous déloger avant. L’affront ultime, étant de faire larguer votre propre Titan dessus ou à proximité, histoire d’asséner un coup directe et souvent fatale.

En étant armé jusqu’aux dents avec des armes dévastateurs, les Titans ne sont pourtant pas de simple boite de conserve. On y retrouve classiquement des missiles, autoguidées ou non, des canons 40 mm ou à impulsion. Le choix n’est encore une fois pas bien grand, mais suffisant pour ne pas trop s’ennuyer. Ce qui serait très étonnant, vu l’étonnante aisance et jouissance qu’on ressent au maniement de ces machines. Surtout qu’il est facile de passer de la vue du pilote à celle du Titan, et inversement, par la pression d’un bouton pour embarquer dans la bête. Bien que cloué au sol, les Titans peuvent effectuer des dashs pour se mouvoir plus rapidement. Toujours utile quand on est sous la feu nourri d’un adversaire ou que l’on fuit avec un drapeau sur les épaules. Mais aussi efficace soit-il, l’appel des mastodontes de fer est soumis à un compte à rebours qu’il faudra faire diminuer en éliminant la vermine, en tout cas si l’on ne veut pas attendre pendant trois minutes.

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Du fun au détriment du reste

L’accessibilité du gameplay de Titanfall se fait au détriment d’un jeu qui n’ambitionne pas du tout de proposer un gros challenge. Il faut le voir comme un FPS popcorn, où le seul intérêt est de s’amuser. Les joueurs chevronnés auront vite fait de l’essorer dans tous les sens, avec une facilité de progression déconcertante. En témoigne les soldats contrôlés par l’IA qui pullulent sur les cartes et qui servent de chair à canon pour les débutants, qui auraient envie de se faire un peu d’expérience facile. Pourtant si cette perspective à été tant décriée, cela dès les prémisses de la bête, il faut reconnaître que cela amène beaucoup d’animation durant les affrontements. Les trouffions ne jouent absolument pas un rôle décisif durant les parties et le gain d’expérience est assez négligeable quand on s’en débarrasse. Ils constituent juste une bonne amorce pour débuter sa prise d’expérience ou pour réduire le temps d’attente d’un Titan. Et dans des parties de seulement six contre six, on ne va pas se plaindre d’un peu d’animation sur la quinzaine de cartes disponibles dans le jeu.

Ce qu’on retiendra finalement de Titanfall, c’est une production solide et honnête, mais qui risque de ne pas convenir aux joueurs un peu plus exigeants. Notamment chez ceux qui y chercheraient un jeu axé sur la compétition. Car si l’on s’arrête un instant sur le matchmaking, on se rend inlassablement à l’évidence que celui-ci se présente dans son plus simple appareil. Pour l’instant aucuns paramètres de filtrage ne sont proposés, hormis l’option bête et méchante de choisir son mode de jeu. Il n’est donc pas rare de se retrouver dans des parties complètement déséquilibré, avec des joueurs manquants ou des adversaires qui ont déjà plusieurs générations au compteur, tandis que votre équipe est entièrement constituée de débutants. Si l’on rajoute à cela que l’esprit d’entraide est rarement présent, on vous laisse imaginer l’hécatombe que cela peut vite devenir.

 

En conclusion

Difficile de mettre un clap de fin sur un tel jeu, en émettant un jugement qui pourrait se montrer contradictoire en fonction de la manière dont-on veut aborder Titanfall. Résolument développé pour être accessible à un large public, le titre de Respawn Entertainment se destine sans vergogne à une audience qui cherche le fun avant tout. Son contenu laissant un peu à désiré et sa faible durée de vie sur le long terme, risque en contrepartie de faire fuir à toutes jambes les joueurs expérimentés qui y chercheraient un défi à leur hauteur. Cela n’empêche pas de nous proposer un gameplay dynamique et qui change un peu nos habitudes, avec le mérite d’être aussi amusant qu’efficace.

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