Test – Trine 2 : Director’s Cut

La sortie d’une console est toujours un terrain propice pour les éditeurs, surtout lorsque l’aubaine se présente de pouvoir vendre des jeux qu’on aura juste besoin de sortir des vieux cartons. Frozenbyte ne s’est pourtant pas arrêté là-dessus, en essayant d’adapter le gameplay de Trine 2 Director’s Cut aux fonctionnalités de la Wii U. Un pari risqué, mais qui peut s’avérer payant lorsqu’il s’agit de toucher une nouvelle catégorie de joueurs.

Trine 2 Director's Cut

De toute splendeur

Bien que l’originalité de Trine 2 n’est pas à chercher du côté de son scénario, comme c’est malheureusement trop souvent le cas, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un jeu qui à tous les atouts pour lui. La première chose frappante est naturellement la beauté de ses décors, avec une orgie visuelle qui met admirablement bien en valeur le sentiment de se trouver au milieu d’un conte de fée. Les magnifiques effets de lumière et de pénombres servent à la narration, contribuant à nous émerger dans son histoire, au point qu’on en oublierait presque qu’on est là pour sauver une princesse endormie. C’est ce qui attend nos trois joyeux comparses, dont leur personnalité est aussi différente que leurs aptitudes. De bons gros clichés qui participent à l’humour légèrement décalé qui nous accompagne durant l’aventure, notamment avec les commentaires de nos héros.

Qu’on soit amené à traverser de somptueuses et dangereuses montagnes enneigées ou des vieilles ruines en luttant contre d’hargneux gobelins, il faut toujours garder à l’esprit qu’une multitude de dangers nous guettent à chaque tournant. C’est pourquoi l’agilité d’une voleuse comme Zoya ne sera pas de trop pour se faufiler avec son grappin, tout en se servant de son arc durant les moments un peu plus turbulents. Mais pour le combat on pourra également se rabattre sur la force de Pontius, un guerrier pas très malin mais qui manie l’épée avec brio, en se servant également de son bouclier pour se protéger de toutes sortes d’attaques. Pour finir avec un peu plus de subtilités, il faut se tourner du côté d’Amadeus, un mage qui peut créer des caisses et se servir de sa magie pour attraper et déplacer des objets. Un trio classique et sans grandes surprises, mais qui se montrera efficace dans toutes les situations qu’on va rencontrer.

 

Toujours un peu plus

Malgré que Trine 2 Director’s Cut soit avant tout un jeu de plates-formes, on en oublierait presque qu’une grande part de réflexion est requis pour arriver à s’en sortir. La diversité des énigmes demandera toute notre ingéniosité pour être résolue. Au fil de la progression, nos personnages peuvent ramasser des orbes d’expériences et donc faire évoluer et gagner de nouvelles compétences. De quoi varier les plaisirs, mais ce sera surtout la chance de pouvoir combiner plus efficacement leurs capacités et trouver des solutions inédites auxquelles on n’avait pas pensé jusque-là. La plupart du temps on se servira des pouvoirs d’Amadeus pour passer les obstacles plus facilement, mais en se forçant à réfléchir un peu et en se servant de l’environnement, on peut réussir à faire des choses très étonnantes et même découvrir de nouvelles mécaniques. Si Trine 2 pouvait déjà se reposer sur une douzaine de niveaux tous plus superbes les uns que les autres. Cette version Director’s Cut incorpore cinq nouveaux lieux qui sont directement issus du DLC « La menace Gobelins », comme l’attaque d’une ville, un désert de sable chaud ou encore l’estomac d’un monstre.

Des nouveaux pièges font également leur apparition et il va falloir doubler d’ardeur pour en venir à bout, car il faut reconnaitre que la difficulté a été revue un peu à la hausse. Pour passer entre les chariots de mine et les boules de neige géantes, on pourra toujours se rapatrier sur les pouvoirs exclusifs à cette extension. Que cela soit le champ de gravité de Zoya, le bouclier de Pontius qui peut lui servir pour planer sur une courte distance ou la capacité de notre magicien à aimanter ses créations, le tout offre des perspectives jusqu’alors insoupçonnées et on vous laisse tout le plaisir de les découvrir par vous-même. Pour rallonger un peu la durée de vie très courte du jeu, on peut se tourner vers les coffres aux trésors cachés par-ci par-là, qui permettront de débloquer un niveau exclusif à cette version Wii U. Ce dernier n’apporte pas grand-chose et se révèle très court, mais il a au moins le mérite d’exister et d’offrir un défi supplémentaire à résoudre.

Trine 2 Director's Cut screenshot Trine 2 Director's Cut screenshot

Et encore un peu plus

Cette critique ne serait pas totalement complète, si on n’en viendrait pas à énumérer les capacités de la Wii U. Frozenbyte a effectivement fait un remarquable travail d’adaptation sur Trine 2 Director’s Cut, pour permettre aux joueurs d’utiliser aussi bien leur télévision que le GamePad. Le streaming vers l’écran de la manette ne souffre d’aucun ralentissements et son gameplay est plus qu’approprié. Le tactile pourrait paraitre comme un gimmick qui sert uniquement à utiliser des leviers, mais c’est lorsqu’on dirige Amadeus qu’il prend tout son sens. Il s’agit d’une bonne alternative à la gâchette lorsqu’on souhaite créer un objet, mais on note tout de même quelques ratés. Il arrive fréquemment par exemple de détruire une caisse en la touchant deux fois de suite, alors qu’on voulait simplement la déplacer. Un petit souci de conception qui pourtant ne gâche en rien tout le bonheur qu’on ressent en jouant à Trine 2. A la limite on s’en accommode, on peste de temps à autre, mais on l’oublie tout aussi vite.

Avec trois personnages aussi sympathiques, il faut admettre que la possibilité de jouer en multijoueur coulait de source. Parcourir l’aventure avec deux autres amis apporte un gain non négligeable en termes d’amusement, même s’il faut bien garder en tête que le jeu devient alors très facile. La coopération a en effet un retentissement un peu pervers, en réduisant encore un peu plus la durée de vie de Trine 2 Director’s Cut. Si cela ne vous effraye pas, on vous conseillera de vous y adonner surtout en local, car il est bien plus facile de coordonner nos idées. Pour autant, le jeu en ligne est tout aussi agréable, surtout que les développeurs nous promettent d’intégrer le chat vocal au jeu, par le biais du GamePad. Mais quelques problèmes techniques entachent un peu l’expérience, comme les parties interrompues dès qu’un des joueurs nous quitte. Pas de quoi sauter au plafond, mais un souci qu’il est tout de même dommage de voir dans un jeu qui se targue d’autant de qualités.

 

En conclusion

On aurait pu émettre des craintes quant au portage de Trine 2 sur Wii U, mais le boulot de Frozenbyte sur cette version Director’s Cut est pratiquement sans anicroches. Dès son ouverture, l’eShop de la Wii U se greffe d’une vraie pépite qui risque de très vite devenir incontournable, en trouvant facilement son public. Même si sa durée de vie n’est pas énorme, il n’en reste pas moins que son petit prix et son contenu arrive facilement à nous convaincre de nous lancer dans son achat. La réalisation de Trine 2 Director’s Cut est de toute beauté et justifie presque à elle seule qu’on s’y intéresse, même s’il ne faut pas oublier l’incroyable liberté de son gameplay.

Trine 2 Director's Cut screenshot Trine 2 Director's Cut screenshot

Trine 2 Director's Cut screenshot Trine 2 Director's Cut screenshot

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