Test – Ubinota: Le Puzzle dans le ciel

Disponible sur Steam depuis Mars dernier, Ubinota est un puzzle-game pensé par le studio français Rotateam. Ces derniers ont pu se faire remarquer sur la plateforme “Steam Greenlight”. Ce titre rappellerait presque un Miyasaki, mais il en est tout autre…

Ubinota-head

Histoire, ma belle histoire

Lucien est apprenti peintre et vit dans le ciel. Mais le village dans les nuages a quelque problème de physique qui fait tomber régulièrement des édifices. Mais un magicien démontre à Lucien qu’il a le pouvoir d’aider les villageois à garder le village connecté, grâce à une peinture magique qui permettrait d’empêcher les blocs sur lesquels sont posées les maisons de tomber. Pour un jeu qui a l’ambition de vous faire remuer vos méninges, son histoire est loin d’être rationnelle. Alors je veux bien que l’on tisse un background pour ce type de jeu, mais il faut au moins garder un minimum de bon sens, peu importe le public auquel le jeu est adressé. C’est comme si on racontait que l’univers court à sa perte et que vous seul pouvez le sauver en remplissant des grilles de chiffres pour illustrer un Sudoku, ça n’a aucun sens. Bref dès le début du jeu, j’ai été déçu par cette histoire qui part trop dans le rocambolesque et la fantaisie.

Enfin soit, on se retrouve donc avec notre Lucien qui, à l’aide de sa peinture magique, va adhérer ou faire voler plusieurs cubes pour maintenir le village en apesanteur. A notre disposition, nous avons un arsenal de pinceaux de couleurs différentes, avec leurs propres effets, mais pour une utilisation limitée. Et pour bien faire, certains villageois agaçants ont tendance à nous compliquer la tâche avec des cubes déjà colorés. Bien souvent, nous avons juste assez de peinture pour réaliser convenablement notre mission en comptant sur nos différentes couleurs qui s’entrecroisent et sur ces cubes colorés de nos habitants. On se retrouve alors parfois avec de véritables oeuvres abstraites tout droit sorti d’un musée d’art moderne. Les casse-têtes sont parfois entrecoupés par quelques passages avec des dialogues entre des villageois et Lucien, qui est insupportable de par son caractère, passant son temps à râler et ayant faim en permanence. Même si c’est drôle au début, cela devient vite lassant que pour finir on maltraite notre souris en martelant le clic gauche afin de passer rapidement ces séquences redondantes.

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G Force Fail

Vous l’avez compris, le but d’ Ubinota est de peindre les cubes blancs pour maintenir les maisons suspendues et une fois notre tâche accomplie, on valide en appuyant sur un bouton rouge. Cette action a pour effet de faire tomber les cubes non peints et c’est à cet instant précis que l’on découvre avec horreur la grosse faille du jeu! En effet, la physique du jeu est aléatoire, même en coloriant les mêmes blocs à chaque fois, le résultat est variable, les blocs laissant tomber les maisons ou non. Chose complètement dingue et frustrante pour un jeu qui est basé essentiellement sur la gravité, mais surement pas celle d’Isaac Newton. On peut se retrouver bloqué plusieurs heures sur un niveau alors qu’on avait la solution dès le début.

Personnellement, j’ai plusieurs fois renoncé à continuer Ubinota, perdant mon temps sur ces inepties gravitationnelles. Mais bon, parfois la physique d’Ubinota peut être avec vous et nous aider à terminer une séquence sur un don de la chance. Dans son ensemble, les casse-têtes d’Ubinota sont bien pensés. On commence doucement avec une map en 2D, afin de découvrir petit à petit les diverses mécaniques du jeu et le contrôle de la caméra pour finir avec des maps 3D et une multitude de couleurs avec des fonctions différentes. Malheureusement ce problème de physique imprécise augmente considérablement la difficulté et la durée de vie du jeu. Pour un joueur aguerri des puzzle-games, il lui faudra pas moins de 7 à 8 heures de jeu pour en venir à bout, sans compter les niveaux bonus, secondaires, mais plus difficiles (dont il faudra rajouter trois bonnes heures au moins), ce sera une autre histoire pour les moins habitués du genre.

Graphiquement, le jeu n’ est pas un exemple technique des plus abouties, néanmoins il a son charme avec des petits personnages tout mignons en “cell-shading”dans un environnement très coloré et un rendu “cotonneux” dans les niveaux apporte ce petit côté “Kawai” à l’univers d’ Ubinota. Ce rendu enfantin est renforcé par les musiques qui sont peu nombreuses, mais suffisamment longues pour éviter d’avoir des sonorités trop répétitives et donnent une ambiance de zénitude et de détente, parfait quand l’on connaît l’incohérence physique du jeu.

En Conclusion

Ubinota est un petit jeu indépendant qui équivaut à son petit prix et saura se faire apprécier auprès des fans du genre. Son petit côté mignon et zen le rend accessible à tous. Malheureusement, la physique calamiteuse et aléatoire gâche complètement le gameplay et l’intérêt de ce titre.

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