Test – UnEpic

Dans les temps ancestraux du jeu vidéo, cela ne date pas d’hier, il existait des jeux qui s’inspiraient fortement des règles du jeu de rôle papier. Surtout durant les prémisses de notre média favori, quand le pixel était encore le roi de la fête et qu’il fallait faire travailler notre imagination. Même si le genre à largement disparu depuis, il y a de temps en temps un irréductible qui émerge de la masse et qui tente une approche un peu différente. C’est justement ce que semble nous réserver UnEpic, qui sort d’un peu nulle part sur l’eShop de la console de salon de Nintendo.

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L’antre du mal

Quoi de mieux que de démarrer une aventure épique, avec un château lugubre et dominé par d’étranges créatures. C’est dans ce monde de magie que va s’engouffrer malgré lui notre héros de fortune. Daniel n’a pourtant rien demandé, mais pendant une partie de jeux de rôle, une petite envie d’aller aux toilettes va lui être quelque peu fatale. Plongé malgré lui dans ce qu’il pense être une hallucination, il va essayer tant bien que mal de s’en sortir vivant. Car dans UnEpic ce n’est pas les manières de mourir qui manquent et c’est ce que notre ami va vite découvrir. Son malheur ne s’arrêtera pas là, puisqu’il va également se retrouvé possédé par un esprit, qui veut le contrôler pour l’amener à sa perte. C’est en tout cas l’espoir que convoitise l’ombre en prenant possession du corps de Daniel. Malheureusement pour lui, il va se retrouver bloqué dans son enveloppe charnelle et l’unique moyen d’en sortir, c’est la mort de son hôte. Cette petite ritournelle scénaristique sera l’occasion d’animer un peu notre périple, avec quelques situations ou dialogues bien cocasses. Même si l’on regrette que les textes aient un peu perdus de leur saveur par rapport à la version PC, à cause d’une petite censure qui a fait son oeuvre en passant sur Wii U.

La première chose frappante dans UnEpic, c’est sans conteste sa difficulté impitoyable. Du moins si vous décider d’engager une partie en mode normal. Car en facile, avec une barre de vie qui se régénère toute seule, les choses sont bien différentes. Il faut donc s’armer d’un peu de courage et se lancer dans une randonné qui sera semée d’embûches. Une leçon qu’on apprend d’ailleurs dès le tutoriel. Les méandres du château ne seront pas de tout repos et chaque couloir sera truffé de pièges et de gobelins qui n’auront qu’une seule envie, celle de vous embrocher au bout d’une pique. Heureusement, la vie nous est un peu facilitée avec des points de contrôle placés régulièrement sur notre chemin. Même si parfois, il sera fréquent de perdre un pan entier de notre progression, ce qui est toujours un peu fâcheux. Le but sera vite de mettre la main sur des clés qui déboucheront sur des nouvelles sections de l’édifice. Mais avant cela, il faudra renforcer notre personnages et notre équipement, pour affronter des boss de plus en plus belliqueux et retords. Tout le monde ne veut avantageusement pas notre mort, car on rencontrera aussi des esprits prisonniers, qui nous apporteront leur aide. Notamment le premier d’entre eux, qui deviendra notre point de sauvegarde et de soins. Pouvant même assez rapidement se téléporter vers lui à tout moment, ce qui est plutôt pas mal en cas de coup dur.

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Multi tâches et exploration

Notre survie dépendra assez vite de la manière dont-on fera évoluer notre personnage. Car comme dans tout jeu de rôle qui se respecte un peu, il est nécessaire de prendre de l’expérience et de monter certaines compétences. Dans UnEpic elles sont représentées par des capacités qui déterminent notre niveau de maîtrise dans une arme ou un type de sort, voire quelques caractéristiques comme l’armure ou la constitution. Ce chiffre déterminant le niveau des armes qu’on pourra porter, ainsi que leur efficacité sur le terrain. L’épée, la masse, l’arc ou la hache seront autant d’objets qui rempliront régulièrement notre inventaire, en passant par des boutiques ou en ouvrant des coffres. Pour gérer efficacement notre besace, il devient donc vite primordial de passer par le menu des raccourcies et d’y assigner des objets. Ce qui se fait très intuitivement par le tactile du GamePad, même lorsqu’on utilise celui-ci comme écran principal pour jouer. Il faudra donc vite faire des choix cruciaux, en particulier sur la direction que devra prendre notre héros. Car éparpiller ses points entre les armes et les sorts peut paraître une bonne idée, pour profiter de la faiblesse des ennemis. Et se retrouver avec une foule raccourcis, à ne plus savoir qu’en faire. Mais c’est aussi prendre le risque d’avoir un personnage moyen et qui finalement n’aura qu’une piètre maîtrise dans certaines catégories. Savoir lancer une boule de feu c’est bien beau, mais une gerbe de flamme c’est monstrueusement plus efficace. Il faut donc vite choisir la voie de notre avatar, sous peine de se retrouvé bloqué face à la difficulté qui monte de façon croissante.

Dans la même veine qu’un Castlevania mais sans les vampires, UnEpic joue aussi sur le fait que le joueur devra passer un bon nombre d’heures à arpenter les couloirs d’un gigantesque château. Du jardin aux égouts, les lieux sont toujours aussi propices à des rencontres inhospitalières, avec des créatures qui ne nous veulent pas toujours du bien. Notre petite bougie à la main, il va falloir penser à éclairer notre chemin en allumant régulièrement les torches et les chandelles. À noter que la vue est très éloignée de notre personnage, ce qui est un peu déconcertant au début. Judicieusement en jouant sur le GamePad, il est possible de zoomer un peu pour avoir une meilleur perspective sur l’action, ce qui est toujours plus agréable pour jouer. On aurait aimé que cette option soit aussi disponible sur l’écran principal, une absence difficile à comprendre. L’exploration est donc au centre d’UnEpic, ce qu’on ne manquera pas de vite découvrir avec les quêtes ponctuelles, qui nous demandent assez souvent de rassembler des objets disséminés un peu partout. Leur accomplissement pourra être récompensé avec de l’argent ou de l’équipement, mais aussi des familiers qui se montrent parfois très utiles.

Il sera donc libre à chacun d’explorer dans tous les sens la forteresse maudite, ce qui peut même se montrer avantageux pour équiper notre personnage. De nombreux secrets nous attendent, souvent cachés derrière de faux murs qu’on pourra abattre. Pouvant ainsi récolter parfois de puissants artefacts, qui seront une aubaine pour notre aventure. Pour se mouvoir un peu plus facilement, on pourra passer par un réseau de portails qu’il faut préalablement débloquer, permettant d’atteindre plus rapidement les recoins du bastion. Les mécaniques qu’on rencontre dans UnEpic n’ont rien de très inventif et sont très classiques, mais cela n’empêche pas à l’ensemble d’être très attrayant. Ce qu’on pourra peut-être un peu moins affirmer de l’aspect visuel du jeu, qui montre vite ses limites et hormis deux ou trois endroits, on a vite l’impression de tout le temps traverser les mêmes couloirs. Un petit défaut qu’on peut résolument mettre de coté, pour apprécier un titre qui peut nous happer durant une bonne vingtaine d’heures, le temps de trépasser plusieurs dizaines de fois et de pester tous les noms d’oiseau de la terre à son égard.

 

En conclusion

Il faut bien se rendre à l’évidence qu’UnEpic ne se destine pas à tout le monde. Ce mélange de jeu de rôle et de plate-forme, interpellera surtout les joueurs qui ont pu s’adonner à l’aire 8 et 16 bits. Punitif mais pas trop, il faudra parfois s’armer de patience durant certains passages, mais la réussite sera tout aussi gratifiante. Après un passage remarqué sur PC, cette version Wii U intègre de manière classique mais intelligente les fonctionnalités du GamePad, offrant des outils pour mieux apprécier l’aventure. Un jeu long et pas trop cher, avec une bonne rejouabilité, c’est finalement les points positifs qu’il faudra retenir d’UnEpic. Ce qui est déjà pas mal.

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